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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 21:32

image009.gifDepuis les années 1980, l'Algérie, comm tous les pays du Maghreb, connaissent de profondes transformations de leurs structures sociales. Ces transformations forment l'arrière plan des évolutions politiques de l'Algérie.

 

 Principaux indicateurs démographiques:

Population

32 930 091 habitants

Taux de croissance de la population

1,69 %

Âge médian (population totale)
 - Hommes
 - Femmes

24,9 ans
24,7 ans
25,1 ans

Structure par âge
 - 0-14 ans
 - 15-64 ans
 - 65 ans et plus


28,1 %
67,1 %
4,8 %

Part de la population urbaine

59 %

 


Une croissance démographie maitrisée


Au début du XXème siècle, la population du Maghrebétait d'environ 12 millions
 d’habitants. En 2001, elle est estimée à 70 millions. En un siècle, elle a été multipliée par près de six et, de 1950 à 2001, par plus de trois.


Evolution de la population de l'Algérie

 
En Algérie, dont le cas illustre bien la situation dans les trois pays du Maghreb, l’énorme accroissement de la population durant la seconde moitié du XXème siècle a été expliqué  par le maintien d’un niveau élevé de la natalité  et par la baisse de la mortalité au début du siècle avec des fluctuations provoquées par les guerres et les crises.

 De 1950 à 1970, le taux de natalité continue d'augmenter et atteint 50 ‰ en 1970, avec le baby boom d’après guerre.

À partir des années 1970, on assiste au début de la baisse des taux de natalité. Mais, le rythme d'accroissement de la population s'est maintenu à un niveau élevé (supérieur à 3 %) en raison de la baisse plus rapide des taux de mortalité (plus de 6 % par an), due notamment à la mise en oeuvre du programme de la « médecine gratuite ».



Le déclin de la fécondité

 Dans les années 1960 la  fécondité s'était maintenu à un haut niveau. Depuis les années 1980, la situation a totalement changé. En l’espace de 25 ans, tout le paysage démographique de cette région a été modifié. On obaserve notamment:

Indices démographiques pour l'Algérie:

 

 

Taux de natalité

Taux de mortalité

1981

41

9,4

1982

40,6

9,1

1983

40,4

8,8

1984

40,2

8,6

1985

39,5

8,4

1986

34,7

7,3

1991

30,1

6

Indicateurs démographiques, en p. 1 000 (source: O.N.S.).

- que les femmes font trois fois moins d’enfants que leur mères: 1,9 enfants par femme aujourd'hui;

- que l’espérance de vie à la naissance a augmenté d’environ 20 ans;

- que l’âge moyen au premier mariage des femmes est proche de la trentaine.

Ces évolutions traduisent à la fois les transformations du statut de la femme et les transformations des mentalités.


Accélération de l’urbanisation après la Seconde guerre mondiale


img-2-small640.png
Bien que sa population rurale ait augmenté en valeur absolue (de 8 à 12 millions entre 1966 et

1998), l’Algérie est aujourd’hui un pays où vivent plus de citadins que de ruraux. Le volume de sa population urbaine a été multiplié par 4,6. Elle passe ainsi en trente ans de 3,7 à 17,1 millionsd’habitants. Elle représente actuellement près de 60 % de sa population totale. En 1954, 20 % de la « population musulmane51 » était urbaine. Aujourd’hui, 3 Algériens sur 5 vivent dans des agglomérations urbaines. Ils étaient deux fois moins nombreux en 1966. Dans les premières années de l’indépendance, la croissance urbaine était extrêmement rapide : plus du double de la croissance totale.

Elle a connu par la suite un léger ralentissement tout en restant à un niveau élevé (plus de 5,5% par an dans les vingt années qui ont suivi l’indépendance). Elle connaît au cours des dernières années un ralentissement relativement important, malgré les migrations vers les centres agglomérés induites par les affrontements armés et les massacres de civils. Elle reste cependant du même ordre de grandeur que dans les décennies qui ont précédé l’indépendance de l’Algérie, marquées par un fort exode rural.

La croissance urbaine s’est accompagnée d’un processus d’agglomération des populations dans un pays où, on l’a vu, les 2/3 de la population était nomade et semi-nomade au milieu du XIXe siècle. Ainsi, entre 1966 et 1998, la population agglomérée est passée de 53 % (6,4 millions) à 81% de la population totale (23,6 millions). Et, si en 1966, 21 wilayas (départements) avaient moins de 50% de population agglomérée, en 1998, aucune n’en avait moins de 50% et, à la même date, 26 sur 48 ont plus de 80% de population agglomérée.

 
Les progrès de l’éducation et de la scolarisation

Recul de l’analphabétisme
Estimée à plus de 90% de la population des 10 ans et plus au moment des indépendances, la
proportion d’analphabètes a été ramenée à moins d’un tiers en Algérie et en Tunisie. Au
Maroc, elle est plus importante : plus d’un Marocain sur deux (âgé de plus de 9 ans) était encore analphabète en 1994.
Le recul de l’analphabétisme est donc principalement le résultat des progrès de la scolarisation des enfants d’âge scolaire. En Tunisie par exemple, l’analphabétisme des 10-29 ans est actuellement inférieur à 8%.

 
Démocratisation et féminisation du système scolaireLa scolarisation est donc considérée comme la vraie mesure du progrès de l’éducation. Les taux de scolarisation des enfants de 6 à 14 ans sont aujourd’hui proche des 90 % de cette classe d’âge en Algérie et en Tunisie et des trois quarts au Maroc, alors qu’ils n’en touchaient qu’à peu près 15% à la
veille des indépendances.
De plus, la scolarisation des filles se développe dans les trois pays, ses taux tendent à se rapprocher de ceux des garçons et elle est marquée par une réussite plus grande. Moins nombreuses dans le primaire, les filles sont depuis quelques années en plus grand nombre dans le secondaire (surtout en Algérie et en Tunisie) et autant que les garçons sinon plus dans le supérieur.

 


De même, l’évolution des proportions de personnes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus est liée à l’explosion générale des effectifs scolaires (8 millions d’enfants scolarisés tous cycles confondus en Algérie, 6 millions au Maroc et près de 3 millions en Tunisie). En effet, le différentiel éducatif entre générations est considérable dans les trois pays. Parmi les moins de 35 ans, la part des personnes n’ayant reçu aucune instruction ou une instruction faible est relativement faible, alors que chez les plus de 35 ans, l’analphabétisme ou un niveau d’instruction primaire sont prépondérants. Parmi la population âgée de dix ans et plus, la proportion de ceux ayant un niveau d’étude supérieur est passé de moins de 1% à plus de 5%.

 

 

Sources:
Encyclopédie Universalis
Zahia Ouadah-Bedidi et Kamel Kateb « L’actualité démographique du Maghreb », Enseigner la guerre d’Algérie et le Maghreb contemporain - actes de la DESCO Université d’été octobre 2001, p 74-98.

 

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