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30 mars 2008 7 30 /03 /mars /2008 16:54

 

I- Unité ou division ?


1) Le mythe unitaire

Il existerait une unité profonde de cette région reposant sur une nature originale, des paysages et une histoire partagée. Le principal  facteur naturel et permanent d’unité la Mer à l’origine d’un climat particulier qualifié de « méditerranéen ». Il se définit par un hiver doux et pluvieux et un été chaud et sec.
Les realtions entre rive Nord et rive Sud sont fortement marqiées apr le passé colonial.


2) Un espace de tensions

q       Des lignes de fractures héritées

Double fracture héritée de l’histoire :

Ø      monde latin / monde orthodoxe

Ø      monde chrétien / monde musulman

q       Des tensions fortes

Ø      Principaux foyers de tension actifs ou latents: les Balkans, le Proche-Orient dans son ensemble, le Caucase.

Ø      Tension à l’intérieur de certains États : en Algérie, en Égypte, en France (question Corse). Ponctuellement, des tensions entre Maroc, Espagne et Grande-Bretagne (contrôle de l'espace maritime), entre Grèce et Turquie (question chypriote, problèmes de frontière maritime).

q       Flux de clandestins et effets de barrières

 

Les pays de l’UE sont attractifs pour les ressortissants de bon nombre des pays de leur périphérie méditerranéenne. L’Espagne, la France, l’Italie et la Grèce ont adopté un espace commun de libre circulation des hommes, dit "espace Schengen". Sur les frontières maritimes d’Espagne et d’Italie, on compte en 2001 et 2002 une centaine de décès accidentels par an pour une quarantaine de milliers de traversées.

 

 


Carte des prinpales routes d'immigtaion clandestine en provenace d'Afrique de l'Ouest





II- Des disparités de développement

 
1) Une opposition démographique

 Elle est le résultat d’un renversement entre les deux rives de la Méditerranée qui s’est produit au cours des 50 dernières années :

Ø      1950, les pays riverains de la Méditerranée : 212 millions d'habitants, dont plus de 60 % sur la rive Nord.

Ø      1985, on dénombrait 360 millions d'habitants, également répartis entre la rive Nord et la rive Sud.

En 2000, 427 millions ont été recensés, dont 55 % sur la rive Sud (respectivement 192 millions dans les pays de la rive Nord et 235 millions dans les pays de la rives sud).

D’après les projections démographiques, la population des pays riverains de la Méditerranée devrait atteindre 523 millions d'habitants, dont 60 % sur la rive sud.

Les pyramides des âges contribuent largement à amplifier le différentiel démographique entre les deux rives. Les moins de 30 ans représentent de 65 à 75% des populations des pays du Sud, alors qu'au Nord on assiste à un vieillissement important des populations.


2) Une zone de fracture N/S


a) Un Nord dominant
Les revenus par habitants des pays du Nord sont nettement supérieurs à ceux du Sud.


France et en Italie, le revenu annuel (PIB/PPA par habitant) est respectivement de 23 990 et de 24 670 USD  entre de 2 000 et 4 000 USD dans les pays les plus pauvres (Égypte, Syrie, Maroc…). L’IDE en direction des pays du Maghreb, qui pourrait contribuer à réduire les clivages entre les deux rives semble stagner.

 


Stock d'IDE en Méditerranée en millions d'euros (2000)

OriginesDestinations

Euromed*

Israël

Turquie

Maghreb

dont Maroc

Machrek

dont Égypte

Total UE

229 363

1 541

6 228

6 420

3 285

5 353

3 697

 Les IDE à destination du Maroc et de la Tunisie, les deux pays du Maghreb qui ont attiré les flux les plus importants  plafonnent à partir des années 90. Les investissements étrangers nord-sud, qu’ils soient industriels ou financiers, contribuent à moderniser les entreprises locales, à les insérer dans les échanges mondiaux, à favoriser une intégration "de fait" sud-sud.

 
b) Des échanges inégaux

 

q       Les échanges commerciaux Nord-Sud sont fortement déséquilibrés au profit de l’Europe.

Tous les pays du Sud ont une balance commerciale déficitaire, sauf Algérie et la Libye grâce aux hydrocarbures. Ainsi, l’Égypte importe en valeur trois fois plus qu'elle n’exporte. De même, les importations de la Turquie, de la Tunisie mais aussi d’Israël sont en valeur 50% supérieures aux exportations.
On observe également :

Ø      la faible part des échanges commerciaux régionaux intra-zone méditerranéenne comparés aux échanges avec l'UE.

Ø      la très faible part  des pays euro-méditerranéens (au sens des pays du "partenariat euro-méditerranéen") avec 1,7 % en 2000.

Structure des importations et exportations
de la zone "Algérie, Maroc et Tunisie"

avec l'UE (en %)

 

1990

2002

 

Exports

Imports

Exports

Imports

France

21,1

22,7

19,9

25,7

Allemagne

5,4

9,3

5,7

6,8

Italie

16,8

10,5

16,3

11,1

Espagne

5,8

5,6

11,7

8,1

Autres UE

18,3

11,6

14,2

11,6

Total UE

67,4

59,7

67,8

57,3



q       Un espace de production et d'échange de ressources énergétiques

Espace, tout à la fois, de production et d'échanges de ressources énergétiques, la Méditerranée représente environ 30 % du commerce mondial des hydrocarbures. Une large partie de ce commerce résulte de flux de transit, exogènes à la région.

Les échanges endogènes s’expliquent par deux différences essentielles :

Ø      trois pays concentrent la production d’hydrocarbures : l’Algérie, la Libye et l’Égypte, qui détiennent environ 5 % des réserves mondiales de gaz naturel et 3 % des réserves de pétrole,

Ø      les pays du Nord sont plus riches et consomment beaucoup plus d’énergie par habitant que ceux du Sud.

q       Vers un espace économique régional ?

Le partenariat euro-méditerranéen (processus de Barcelone) prévoit une ouverture Nord-Sud plus importante.
Une intégration Sud-Sud est également en projet. Le volume des échanges "Sud-Sud" se limite à 6 %. Certes, les accords commerciaux "Sud-Sud" se sont multipliés  mais leur impact sur les échanges régionaux n’est pas encore perceptible.


c) Un espace de mobilités

 Double fracture politique et économique en Méditerranée générant le système migratoire actuel.

q       Une région d’immigration vers l’Europe méditerranéenne

Seule exception, mais secondaire d’un point de vue démographique compte tenu de sa faible population, la Libye. La situation est semblable dans les pays de l’Asie occidentale continentale qui se caractérisent par une émigration, à l’exception d’Israël.

Ces migrations relèvent de deux types :

Ø     migrations économiques qui additionnent des migrations légales de travail ou familiales et des migrations clandestines

Ø     migrations proprement politiques liées à des systèmes politiques jugés insupportables (cas des Kurdes turques refusant l’oppression politique des Turcs ou des Libanais).

L’Europe méditerranéenne se présente comme une région d’immigration pour le sud et l’est du bassin méditerranéen, à l’exception des trois pays dont le régime politique n’est pas stabilisé, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie Monténégro et l’Albanie.

 

q       La première zone touristique mondiale


Première destination touristique du monde, la Méditerranée offre à certains pays de la rive un gisement touristique important. Le Maroc, la Tunisie, L’Egypte misent beaucoup sur cette activité pour générer croissance et développement.

En fait, ce sont surtout les trois sœurs latines, la France, l’Italie et l’Espagne, qui émergent vraiment du lot. Ce sont les premières bénéficiaires de la manne touristique. Les 4/5 des capacités d'hébergement touristiques se répartissent entre la France, l’Espagne et l’Italie, ce qui leur permet de drainer les 2/3 des touristes non nationaux qui se rendent en Méditerranée.

 

 

 

 

Au total, si le mythe unitaire de la Méditerranée paraît en effet décalé par rapport aux réalités socio-économiques ou géopolitiques actuelles, il est difficile d’adhérer totalement à la thèse de la fracture. La Méditerranée n’est pas un espace figé. Sa géographie et son histoire, deux composantes intimement mêlées, sont le résultat d’une confrontation permanente entre des dynamiques tantôt convergentes, tantôt centrifuges. Le jeu complexe des ressemblances et des particularismes, des échanges et des affrontements, des logiques d’interface ou de barrière, rendent très illusoire toute tentative d’enfermer la Méditerranée dans une vision trop schématique et qui se voudrait définitive.

Consulter le site Géoconfluences qui présente un dossier thémAtique sur la Méditerranée: http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/etpays/Medit/MeditScient.htm#1

 




Exemple de croquis de synthèse:

 

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