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7 avril 2008 1 07 /04 /avril /2008 18:55

 

Sujet donné aux Antilles-Guyane – Séries L-ES - Juin 2005

La France et le Tiers Monde depuis 1945
Document 1 :   Extrait de la « Une » du journal Le Monde, mardi 6 novembre 1956.
Document 2 : L’opinion d'un observateur sur la France, l’ONU et la guerre d’Algérie.
Document 3 : Déclaration de presse de François Mitterrand, président de la République française, le 9 janvier 1991 lors de la crise du Golfe (extrait).
Document 4 :   Discours de Jacques Chirac, président de la République française, à l'ouverture de la 58e session de l'Assemblée Générale des Nations Unies, le 23 septembre 2003.
Document 5 :   Missions militaires françaises effectuées dans le cadre de l'ONU depuis 1958.


Première partie

Analysez l'ensemble documentaire en répondant aux questions suivantes

1. Quels aspects de la politique suivie par la France jusqu’en 1962 à l’égard des mouvements d’émancipation du Tiers Monde se manifestent dans les documents 1 et 2 ?

Sous la IVe et au début de la Ve République, la France est très hostile envers les mouvements d’émancipation du Tiers Monde. Elle combat les nationalismes des peuples colonisés de plusieurs manières. Elle tente d’empêcher par la guerre les indépendances de l’Indochine (1946-1954) et surtout de Algérie (1954-1962). Elle lance également en 1956 une expédition armée contre l’Egypte indépendante de Nasser en réponse à la nationalisation du canal de Suez et au soutien qu’apporte l’Egypte au FLN. Sur le plan diplomatique, fort de son droit de veto, la France empêche tout débat sur les guerres de décolonisation.  Cette politique est menée au nom du principe de souveraineté, les colonies comme l’Algérie faisant partie du territoire national.

2. Expliquez l’expression soulignée dans le document 2 : « ...rendre à la France sa liberté d’action. »

Rappelé au pouvoir à la suite de la crise du 13 mai 1958, le général de Gaulle revient au pouvoir pour régler le conflit algérien. Beaucoup, notamment parmi les Européens d’Algérie, pensent que de Gaulle veut défendre à tout prix l’Algérie française. Mais très vite, il se rend compte qu’aucune solution n’est possible en dehors de l’indépendance. Surtout ce conflit l’empêche de mener la politique étrangère centrée sur le « rang de la France ». C’est pourquoi à partir de 1960 il se résout à l’indépendance de l’Algérie.

 3. Quelles évolutions de la politique française apparaissent entre les discours des présidents Mitterrand et Chirac à l’occasion des interventions en Irak ? (documents 3 et 4)

En 1991, la France participe, sous l’égide des Nations Unies, à la coalition qui libère le Koweït de l’invasion irakienne. Le président Mitterrand justifie l’engagement français au nom du droit international et du statut de grande puissance de la France et de membre permanent du Conseil de Sécurité.
En 2003, c’est également au nom du droit que la France refuse l’intervention américaine au Koweït. Elle veut renforcer la communauté internationale en réformant le Conseil de Sécurité, notamment en y faisant entrer des pays comme l’Allemagne, le Japon ou l’Inde.

 4. Que révèle le document 5 de l’évolution des interventions militaires françaises dans le Tiers Monde ?

L’armée française participe à des interventions à caractère humanitaire sous l’égide de l’ONU dans trois régions principalement : l’Afrique, le Moyen Orient et les Balkans. Il  s’agit de mettre fin à des guerres civiles le plus souvent et de protéger des populations civiles. Cette politique est en rupture avec son passé coloniale. Cependant, sa forte présence militaire en Afrique en vertu d’accords de coopération militaires signés avec de nombreux États, lui donne une influence politique important.

5. Quels aspects des relations entre la France et le Tiers Monde n’apparaissent pas dans cet ensemble documentaire ?

La France entretien d’autres formes de relations avec le Tiers Monde. Elle leur apporte une aide économique soit directement soit indirectement par l’intermédiaire d’accords commerciaux. Elle est également présente par l’intermédiaire de la francophonie, l’existence de communautés d’expatriés, nombreux en Afrique et par des associations humanitaires. Les flux d’immigration, en provenance d’Afrique notamment, contribuent également à tisser des liens étroits entre la France et le Tiers Monde.

 

Document 1: Extrait de la « Une » du journal Le Monde, mardi 6 novembre 1956

 

DES PARACHUTISTES FRANÇAIS ET ANGLAIS
ONT PRIS PIED PRÈS DE PORT-SAÏD

L'Assemblée générale des Nations Unies

- demande le retrait immédiat des troupes russes de Hongrie

- crée un commandement de l'ONU au Proche-Orient


Tandis que les blindés et les fantassins soviétiques liquidaient les derniers noyaux de la résistance hongroise, tandis que les délégués des soixante-seize nations, après deux nuits et un jour de débats ininterrompus sur l’Egypte et la Hongrie abandonnaient le cœur las le bâtiment pour aller se coucher, les parachutistes français et anglais prenaient pied aux abords immédiats de Port-Saïd. Au même moment, M. Nehru ouvrait à New Delhi la conférence générale de l’UNESCO : "En Hongrie comme en Egypte, dit-il, la force triomphe."

 
Document 2 : L’opinion d'un observateur sur la France, l'ONU et la guerre d'Algérie

 « Si, sur l’essentiel, la politique française à l’égard de l’Algérie a bien changé entre 1954 et 1962, sur un point cependant elle n’a pas varié : de la première à la dernière minute, Paris s’est opposé à toute ingérence étrangère, soutenant contre vents et marée qu’il s’agissait d’une affaire purement intérieure. C’est pour cette raison que la IVe puis la Ve République ont refusé les propositions de médiation tuniso-marocaines et dénié aux Nations Unies, qui s'en sont saisies dès 1955, toute compétence en la matière [...]

Porté au pouvoir par un courant fortement xénophobe, estimant que son devoir essentiel était de rendre à la France sa liberté d’action, plein de dédain pour les Nations Unies et pour les démagogues auxquels elles servaient de tréteaux, le général de Gaulle pouvait moins que personne accepter l’idée d'une quelconque ingérence étrangère dans le problème algérien [...]. Il n’est guère surprenant que de session en session, avec l’arrivée d'un nombre croissant de délégations afro-asiatiques, les motions favorables aux thèses de la rébellion aient obtenu un nombre croissant de voix. »
Source : André FONTAINE*, Le Monde, 20 mars. 1962 (article reproduit dans Le Monde – L’Histoire au jour le jour le jour. Tome II, 1955-1966, Le Temps des ruptures, 1984).
* Grand journaliste puis directeur du Monde, spécialiste des questions internationales.


Document 3 :

« La France considère comme un principe irréductible le fait que le Koweït doit être évacué. Et d’autre part, elle considère que le délai de l’ultimatum fixé au 15 janvier ne peut pas être repoussé, retardé, sous quelque prétexte que ce soit. Notre position n’a donc pas bougé depuis l’adoption de la résolution 678*. La France l’a votée et n’a jamais varié sur ce point [...]. C’est vous dire que sur tous ces plans il y a véritablement harmonie dans les prises de position de nos pays, les États-Unis d’Amérique et la France, sur des points qui, pendant un temps, ont pu sembler litigieux aux observateurs attentifs [...]. Nous voulons la paix, mais nous voulons la paix dans le droit. Je veux dire que notre choix est celui du droit, du droit international qui doit désormais succéder à la période pendant laquelle les blocs militaires et les alliances s’annulaient et interdisaient aux Nations Unies de traduire en fait leurs décisions de principe, leurs décisions juridiques [...]
Si les conditions posées n’étaient pas réunies, c'est-à-dire l’évacuation du Koweït dans le délai voulu, alors la France remplirait son devoir [...]. La France prendra donc part au corps expéditionnaire [...] jusqu’au terme de sa mission et sa mission est celle de tous les pays qui s’engageront dans cette action : remplir le mandat des Nations Unies. Il ne s’agit pas d’organiser je ne sais quelle guerre de destruction contre l’Irak, il s’agit de libérer le Koweït [...]. C’est l’intérêt de la France que d’être partie prenante au règlement qui, de toute manière, suivra celui des affaires du Proche et du Moyen-Orient. La France ne peut pas être absente de cette partie du monde. Elle ne pourrait pas non plus justifier sa présence permanente au Conseil de sécurité. Elle est l’une des grandes puissances du monde et doit être digne de ses charges et notre peuple le comprendra [...]. »
Source : www.monde-diplomatique.fr.
* Cette résolution du 29 novembre 1990 exigeait le retrait de l’armée irakienne du Koweït et prévoyait l’usage de « tous les moyens nécessaires » à faire respecter les résolutions précédentes prises en ce sens.


Document 4 :

« Les Nations Unies viennent de traverser l’une des épreuves les plus graves de leur histoire. Le respect de la Charte, l’usage de la force ont été au cœur du débat. Engagée sans l’autorisation du Conseil de sécurité, la guerre a ébranlé le système multilatéral. Cette crise assumée, notre organisation reprend sa marche en avant. Car c’est avant tout dans cette enceinte, creuset de l'ordre international, qu’il nous revient d'exercer notre responsabilité à l’égard du monde et devant les générations futures. Dans un monde ouvert, nul ne peut s’isoler, nul ne peut agir au nom de tous et nul ne peut accepter l’anarchie d’une société sans règle. Il n’y a pas d’alternative aux Nations Unies
La responsabilité principale du maintien de la paix et de la sécurité est dévolue au Conseil de sécurité. Il est donc essentiel à sa légitimité que sa composition reflète l’état du monde. L’élargissement s’impose à de nouveaux membres permanents, car la présence de grands pays est nécessaire. La France pense naturellement à l’Allemagne et au Japon, mais aussi à quelques grands pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique. Il faudra d'autres membres élus, aussi, pour améliorer encore la représentativité du Conseil. Sous l’impulsion déterminée des cinq membres permanents, chacun doit reprendre la discussion en ayant à l'esprit l’intérêt général.
Cette réforme doit s’accompagner d’un renforcement de l’autorité du Conseil. C’est à lui qu’il appartient d'encadrer le recours à la force. Nul ne saurait s’arroger le droit d'utiliser la force unilatéralement ou préventivement [...]. Nous sommes tous très attachés à la souveraineté des États. Mais sa portée peut et doit être limitée en cas de violations graves des droits de l’homme et du droit humanitaire."
Source : Présidence de la République Française - www.elysee.fr.

Document 5 : Missions militaires françaises effectuées dans le cadre de l'ONU depuis 1958.

 

Sources : Organisation des Nations Unies : www.un.org . Ministère de la Défense : www.colleqe.interarmees.defense.gouv.fr


Deuxième partie :

 

A l’aide des réponses aux questions, des informations contenues dans les documents et de vos connaissances, rédigez une réponse organisée au sujet :

La France et le Tiers Monde depuis 1945

I- La France dans l’enlisement colonial

1. L’enlisement colonial.
2. La rupture gaulliste : la priorité au « rang » de la France.

II- La France « amie » du Tiers Monde ?

1. Des liens étroits avec le Tiers Monde.
2. Le néocolonialisme : la politique africaine de la France.

III- Les enjeux contemporains

1. Mondialisation et développement.
2. Un monde instable : renforcer l’ONU en faveur du multilatéralisme.

 

 

Discours de Jacques Chirac, président de la République française, à l'ouverture de la 58e session de l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 23 septembre 2003 Déclaration de presse de François Mitterrand, président de la République française, le 9 janvier 1991 lors de la crise du Golfe (extrait)

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