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10 mai 2008 6 10 /05 /mai /2008 16:53

La naissance de la Ve République en 1958  s'est faite dans des circonstances très troubles et elle est une conséquence directe de l'incapacité de la IVe République à régler la question algérienne.  La crise du 13 mai 58 cristallise toutes les contradictions et les tensions nées de la guerre d'Algérie.
Le 13 mai 1958, Pierre Pflimlin (MRP) accepte de former un gouvernement. Il incarne une politique de négociations avec le FLN. Cette possibilité inquiète les Français d'Algérie.  Or, le même jour, des Français d'Algérie manifestent afin de protester contre l'exécution de trois prisonniers français par le FLN. La manifestation tourne à l'émeute : le siège du Gouvernement général d'Alger est pris d'assaut. En fait, cet quasi insurrection a été organisée par plusieurs activites pro-Algéroe Française Robert Martel, Joseph Ortiz, patron de la Brasserie du Forum à Alger et Pierre Lagaillarde, avocat, réserviste parachutiste et président de l'Association générale des étudiants d'Algérie). Une opération intitulée « Résurrection » est envisagée afin de lancer les parachutistes basés en Corse et venus d'Algérie de prendre de contrôle de la capitale.

Les émeutiers sont rejoints le soutien des plus hauts gradés de l'armée, le général Massu et le général Salan qui créent  un Comité de Salut Public. L'armée se politise et menace de se rebeller contre l'autorité civile. Au soir du 13 mai, Félix Gaillard confie tous les pouvoirs à l'armée qui les conservera jusqu'en octobre 1958.
Massu, fort de sa popularité, accepte la présidence d'un Comité de Salut Public, un autre gaulliste Léon Delbecque étant vice-président. Le CSP entend exercer le pouvoir en Algérie jusqu'à ce qu'un gouvernement pro-Algérie française s'installe à Paris.
Le 15 mai, le général Salan  lance au balcon de Gouvernement général : « Vive de Gaulle ! » que la foule reprend.
La situation politique se dégrade davantage lorsque le 24 mai la Corse se soulève à son tour  et forme un Comité de Salut Public qui se met du côté des insurgés d'Alger.  Une fois encore, les gaullistes favorables au retour de De Gaulle sont à la manœuvre. En métropole, l'inquiétude gagne l'opinion et la gauche dénonce une menace fasciste.
Le 29 mai 1958 le président de la République René Coty annonce son intention d'appeler De Gaulle au gouvernement.
L'insurrection d'Alger permet donc le retour de De Gaulle au pouvoir. Le 1er juin, il constitue son gouvernement.

Le retour du général De Gaulle est donc entaché d'irrégularités et de zones troubles. L'insurrection d'Alger et le projet d'invasion de la métropole  ont été utilisé par les partisans de De Gaulle pour organiser son retour au pouvoir.
Le vote d'investiture de De Gaulle à l'Assemblée Nationale n'est pas totalement légitime puisqu'à cette date il n'est même pas député.
Cependant, De Gaulle recevra l'onction du suffrage populaire avec le référendum de septembre 1958 sur les nouvelles institutions. Ainsi, sa légitimité, dans un premier temps hypothéquée par les conditions de son retour au pouvoir, se verrat-telle confirmée.

Le 13 mai 58 a plusieurs conséquences :
La fin de la IVe République et la naissance de la Ve République (28 septembre 1958)
La politisation de l'armée sui conduira au « putsch des généraux à Alger en 1961.

 

 

René Rémond, « Le 13 mai 1958 », L'Histoire, n° 1, mai 1978.
René Rémond, 1958, le retour de de Gaulle, Éditions Complexe, Nouv. éd 1999.
Michel Winock, 13 mai 1958, l'agonie de la IVème République, Gallimard/"Les journées qui ont fait la France, 2006.

 

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