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8 juin 2008 7 08 /06 /juin /2008 21:49

Une population renouvelée

1) Du baby-boom au baby-crack
Après la Seconde Guerre mondial, le phénomène démographique majeure est le « baby-boom ». La reprise de la natalité commence dès 1943 et se prolonge jusqu’en 1965. La natalité montre une diminution après 1973, puis une chute par paliers. Conjuguée à la baisse de la mortalité, cette natalité conduit à une croissance importante de la population (solde naturel). Les démographes ont beaucoup de difficulté à expliquer ce type de phénomène car la décision d’un coup d’avoir ou non un ou plusieurs enfants relève de l’intime.

Des années 1980 aux années 1990, la fécondité.
Depuis la fin des années 1990, on observe une reprise de la natalité qui s’accompagne d’une reprise de la nuptialité. Le nombre d'enfant par femme est passé à 1,8 puis 1,6 en 1995 et est remonté à 1,9. En 2006, la France devient le premier pays d’Europe en matière de fécondité, devançant l’Irlande pour la première fois.  La France, avec 830 000 naissances en 2006 (contre 530 000 décès) est le pays d'Europe où il naît le plus d'enfants et l'un des rares pays où l'augmentation de la population n'est pas assurée par l'immigration. La population française  comprend en 2006 plus de 64 millions de Français.

En fait, une partie de ces naissances  s’explique surtout par le fait que les mères appartiennent aux générations nombreuses du baby-boom.
La France présente une double exception pour la France en Europe, associant à la fois le maintien d’une forte fécondité et une importante activité professionnelle des femmes.
La France se caractérise en effet par des taux de fécondité élevés et une forte implication des femmes dans la vie active avec un taux d’activité de 80 % pour les femmes de 25 à 49 ans. De plus, cette conciliation entre maternité et activité s’opère sans un recours massif au travail à temps partiel comme au Royaume-Uni ou aux Pays-Bas (où 75 % des femmes actives sont à temps partiel). Il est vrai que les taux d’activité diminuent en France avec le nombre d’enfants (60 % avec deux enfants et 37 % avec plus de trois enfants).
Plusieurs facteurs, liés à une politique familiale, expliquent cette spécificité :  le développement important des crèches (320 000 places en 2005) ; l’accueil de tous les enfants en classes maternelles à 3 ans, voire dès 2 ans ; les prestations familiales versées aux parents ; les avantages fiscaux liés à la présence d’enfants (quotient familial) ; le soutien des métiers de la petite enfance (assistantes maternelles) ; le développement des congés parentaux.

2) Une population urbaine
L’explosion urbaine des années 1950-1970

Les urbains sont majoritaires depuis le recensement de 1931. Cependant les années qui suivent la Seconde Guerre mondiale, et surtout les années 1952-1960, sont marquées par une forte croissance urbaine.  Aujourd’hui les urbains constituent  plus de 75% de la population.

Cette croissance a été alimentée par un puissant exode rural et par la croissance naturelle.
Cette croissance a conduit à un réseau urbain très déséquilibré : l’agglomération parisienne (10 millions d’habitants) distance les 3 autres agglomérations (Lyon, Marseille, Lille). Le réseau urbain est surtout constitué de
villes moyennes et petites.
Mais le développement urbain n’est pas toujours très bien maîtrisé comme le montre l'histoire des grands ensembles :
Construction de grands ensembles dans les années 60 = le logement pour tous et la fin des bidonvilles périurbains. Concentration de la population immigrée dans ces grands ensembles dans les années 70 et 80. 
Ils deviennent des concentrations de populations touchées par la crise dans les années 80 et 90 : c’est la crise des banlieues avec insécurité, drogue, prostitution, dégradations.

De profondes transformations urbaines

La croissance urbaine présente des formes caractéristiques.

La métropolisation s’impose avec l’accroissement du poids des grandes villes dans la répartition des activités économiques et des fonctions de commandement. Le développement des agglomérations au début des années 1960 se fait à la périphérie des villes.  Dans les années 1970, la préférence pour la maison individuelle contribue à l’extension de cet espace périurbain. Les classes moyennes quittent les « cités » où viennent s’installer des populations souvent originaires de l’immigration, paupérisées par la crise économique depuis les années 1980. Plus récemment, le développement de la « rurbanisation » (désigne l’installation d’une population urbaine dans des zones rurales) montre que la frontière entre ville et campagne s’efface.
une mobilité accrue

Depuis le début des années 1960, Les Français dont de plus en plus mobiles : mobilité quotidienne ou pendulaire avec les migrations de travail (métro, boulot, dodo) ; mobilité définitive avec les retraités vers le sud ; mobilité pour la recherche d'un emploi.

La généralisation de l’automobile (plus de quatre Français sur cinq propriétaires d’une automobile) explique l’étalement de la ville.

Cette révolution des moyens de transport a eu pour conséquence de dissocier lieu de travail, lieu d’habitation et lieu de loisirs, imposant quotidiennement à des millions de salariés des trajets domicile-travail parfois éprouvants. On assiste au développement de zones d’activités tertiaires à côté des anciennes zones industrielles : immenses centres commerciaux, espaces dédiés aux loisirs (Eurodisney) qui viennent se fixer à proximité des grands axes de transports ou des interconnexions de réseaux (Roissypole, marché de Rungis).

L’essor récent des moyens de transports très rapide (TGV) permet également à la ville-centre d’étendre sa zone d’attraction.

3) La diversification de la population: l’immigration

Une proportion stable d’étrangers dans la population

La France est un pays d’immigration depuis le Second Empire. Elle a connu plusieurs grandes vagues d’immigration : 1921-1926 ; 1962-1968. Le nombre d'étrangers présents sur le territoire passe de 1 765 000 en 1954 à 3 281 060 en 1968 puis 4 306 094 en 1999 et 4,9 millions en 2006. Leur pourcentage dans la population totale s'établit selon les périodes autour de 7 à 8 %. Entre 1950 et 1970, ils auraient construit l'équivalent d'un logement sur deux et 90 % des autoroutes.

Une composition changeante
En 1968, les Européens - surtout les Italiens, Espagnols, et Portugais - représentent 76,4 % des étrangers présents en France, mais ils ne sont plus que 44,9 % en 1999, tandis que le pourcentage des Maghrébins est passé de 18,5 à 30,1 %. La progression des immigrés d'Afrique subsaharienne est plus récente : ils étaient 393 000 (9,1 %) en 1999 ; 570 000 personnes en 2006. Celle des Asiatiques (Turquie incluse) est multipliée par cinq dans la même période (12,8 % en 1999).

Le coup d'arrêt donné en juillet 1974 par le décret suspendant l'immigration n'a pas concerné le regroupement familial. Un équilibre s'établit dans les années 2000 entre 2,5 millions d'hommes et autant de femmes. D'une immigration faite surtout de jeunes célibataires, aux conditions de vie très dures, on est passé à une immigration familiale, dont l'intégration en matière d'éducation, de santé, de logement, d'emploi ne va pas sans difficultés. Au début des années 1980, le cadre juridique de l'intégration est renforcé. L'instauration d'un titre unique séjour-travail a un effet stabilisateur.

Des structures transformées

1) La fin de l’Etat jacobin
depuis les années 1980, les structures politiques et administratives ont connu deux évolutions majeures.
La décentralisation
Les lois des 7 janvier et 22 juillet 1983 ont organisé de vastes transferts de compétences en faveur des collectivités territoriales (régions, départements et communes) : urbanisme, aide sociale, développement économique. Sur le plan institutionnel, la loi du 2 mars 2002 a donné aux communes, aux départements et aux régions une liberté d’action beaucoup plus grande en supprimant les tutelles administrative et financière jusque-là exercées par les préfets et en transférant le pouvoir de décision à leurs exécutifs respectifs: maires, présidents des conseils généraux et régionaux. La réforme de 2003 a renforcé ces intercommunalités.
Le libéralisme triomphant
En 1973, le choc pétrolier et le dérèglement du système monétaire international accélèrent les difficultés économiques de la France. La croissance française ralentit : 2,5 % par an de 1974 à 1990. Les secteurs traditionnels (textile, sidérurgie) sont en crise et licencient. D’autres secteurs comme l’automobile doivent se moderniser voire délocaliser. Le chômage augmente : 3 millions en 1992 contre 510 000 en 1970. En 2007, 2 millions de personnes sont touchées par le chômage surtout les femmes, les jeunes non diplômés, les immigrés et les travailleurs peu qualifiés.
Depuis 1983, les différents gouvernements mènent des politiques d’inspiration libérale :  les dépenses budgétaires sont limitées ; l’Etat se désengage par des privatisations massives. Il s’agit de facilité le développement des marchés et le libre jeu de la concurrence.
2) La mutation des activités économiques
La structure de la population active a évolué depuis 1945

- Le secteur primaire a perdu une grande partie de ses effectifs : 36,4 % en 1946 contre 3,5 % aujourd’hui à cause de la concentration des exploitations agricoles, la mécanisation et l’exode rural.

- Le secteur secondaire connaît d’importantes mutations : modernisation pendant les Trente Glorieuses, perte d’effectifs avec la crise économique… 30 % de la population active en 1946 contre 20 % aujourd’hui.

- Le secteur tertiaire a connu un essor important passant de 34 % en 1946 à 70 % aujourd’hui à cause de l’urbanisation, des nouveaux modes de vie et des mutations des entreprises. Cette tertiarisation de l’économie s’est accompagnée d’une urbanisation massive : 53 % en 1953 contre 80 % aujourd’hui.

On assiste donc à une tertiarisation de la société et de l'économie. On observe aussi une féminisation de la population active : le taux d'activité des femmes est de 63,4 % . Le taux de féminisation est de 45,7 % (part des femmes dans la population active).

 Une société du « bien-être » en crise

1) Les clefs de la consommation
Les « Trente Glorieuses » sont marquées par de forts taux de croissance : 5,5 % par an dans les années 1970 et un pouvoir d’achat multiplié par 3. La croissance s’explique par le « baby boom » qui augmente la demande, par la hausse des revenus, par le faible coût de l’énergie et par la baisse des prix. C’est une période de plein-emploi et la naissance de la consommation de masse. La France se modernise : mécanisation et internationalisation des entreprises françaises. De 1947 à 1973, pendant la période dite des « trente glorieuses », le baby-boom, la publicité, le développement du crédit permettent le développement de la consommation de masse et d’une société de consommation.

2)
La famille transformée
Les évolutions du droit de la famille

La législation a accompagne les transformations des relations dans le couple : la loi de 1970 instaure l’autorité parentale partagée ; le divorce par requête conjointe est adopté en 1975, puis par consentement mutuel en 2004. Après avoir dépassé la barre des 100 000 en 1984, le nombre des divorces se stabilise aujourd’hui autour de 120 000. Le nombre des mariages ne cesse de diminuer : 415 000 en moyenne annuelle dans les années 1960 ;  moins de 300 000 aujourd’hui. On constate une augmentation régulière des couples pacsés (57 000 pacs signés en 2006) avec actuellement une prédominance des couples hétérosexuels.
De nouveaux modèles éducatifs

Depuis le début des années 1970, l'« enfant roi » occupe le centre de la constellation familiale. L'adolescence se prolonge et le départ du domicile familial intervient plus tardivement.

Les différentes formes de la vie familiale sont aujourd'hui acceptées au nom du droit de chacun à choisir librement les voies de son épanouissement. Des liens se renforcent comme les liens de filiation - rôle accru des grands-parents, relations père mère/fils fille - qui témoignent de la vigueur de l'institution familiale.
L’émancipation de la femme

3) Des progrès sociaux menacés : la fin du modèle français ?

 

La société salariale est déstabilisée par le développement des formes atypiques d’emplois (CDD, intérim, emplois aidés …)


De profondes transformations culturelles
1) Les facteurs de l'essor culturel
Les transformations des pratiques culturelles s’expliquent par toute une série de facteurs de nature différente : l’élévation du niveau de vie qui touche toutes les catégories socioprofessionnelles : le développement  des moyens d'informations perso (radio, puis TV, puis Hifi, puis informatique et internet) ; la généralisation de la scolarisation  et de la prolongation des étude ; l’essor du temps libre et orientation de ce temps libre vers la culture ; le développement des industries culturelles.
L’explosion scolaire

En cinquante ans, l’école a connu une véritable révolution, le nombre de ses élèves passant de 10 millions en 1960 à 15 millions aujourd’hui. C’est surtout l’enseignement secondaire, avec les collèges et les lycées, qui a connu une très forte croissance de ses effectifs: les élèves de l’enseignement secondaire sont passés de 2,3 millions en 1960 à 5,5 millions aujourd’hui.

L’enseignement supérieur a vécu la même explosion de ses effectifs, la hausse étant ici la plus brutale puisque le nombre d’étudiants, voisin de 300 000 en 1960, a été multiplié par sept pour atteindre 2,2 millions aujourd’hui.
Une élévation du niveau de qualification
Cette démocratisation de l’accès à l’école s’est aussi accompagnée d’une élévation du niveau de diplôme et de qualification. L’accès à l’année de terminale concerne près de 70 % d’une génération. Seul 10 % d’une génération accédait à la classe de terminale à la fin des années 1950 (30 % au début des années 1970). De plus en plus de jeunes deviennent bacheliers, avec 64 % d’une génération en 2006 (10 % pour le « bac pro » et 18 % pour le « bac techno ») alors que seul 6 % d’une génération était titulaire du baccalauréat en 1950. Pour l’enseignement supérieur, 40 % d’une génération sort aujourd’hui du système universitaire avec au moins un diplôme de niveau « bac +2 » alors que ce pourcentage n’atteignait pas 15 % au début des années 1980.
Depuis les années 1970 en revanche, la structure des emplois et des qualifications évolue moins vite que le nombre de nouveaux diplômés, entraînant ainsi la fin de l'ascenseur social. Pour la première fois dans l'histoire contemporaine, bien des jeunes auront une moins bonne situation que leurs parents.

2) Le déclin des pratiques religieuses

3) Des pratiques consuméristes
La TV domine : le Français moyen passe 16 h par semaine devant. Cherche à toucher tous les âges et tous les milieux sociaux. L’hégémonie de la TV accompagne le recul du cinéma, de la presse écrite, de la fréquentation des stades. Cependant, on note un développement de la fréquentation des musées et monuments historiques et des pratiques sportives. Plus de la moitié des ménages ont un accès à internet.

Au début du XXième siècle, certaines spécificités se maintiennent : l’exception culturelle française, avec le cinéma d’auteurs ; de plus en plus de manifestations culturelles : multiplication des festivals, fête de la musique.

Mais la France entre aussi dans la world culture  (uniformisation apportée par la TV).
Société des années 2000 n'a rien à voir avec celle des années 50 : bcp plus mobile, individualiste, différenciée, écartelée, proche des autres cultures du monde. La plupart des modifications qui touchent la France sont des modifications que l’on retrouve dans les grands pays industriels.
Mais, il est difficile de lui trouver une unité sociale : la France des années 90 est une France éclatée ethniquement, socialement, ou dans ses différentes générations, ce qui se traduit sur le plan politique par la multiplication des partis, et les fluctuations de l’électorat. Sur le plan social, cela se caractérise par des accrochages et des incompréhensions. la France des années 2000 semble plus unie autour de problèmes forts : crise irakienne et au travers le problème de la place de l'islam dans le monde qui a des répercussions en France, le problème des retraites...

La croissance ralentie et l'inflation progressa. Celle-ci atteignit 15 % en 1974 et 13,6% en 1980. Le chômage aussi augmenta : En 1974, on compte 450 000 chômeurs, en 1975, ils sont déjà 900 000, en 1981, le chiffre atteint les 1 600 000.
Malgré différentes politiques économiques et sociales, le chômage, la précarité et l’exclusion se maintiennent. La création du RMI (Revenu Minimum d’Insertion)  en 1988 apporte un revenu d’assitance aux plus démunis. En 2007, environ 5 millions de personnes vivent sous le seuil de pauvreté en France, 7 millions de travailleurs pauvres et 1 million de SDF. Le modèle français semble ébranlé : de nombreuses lois remettent en cause l’Etat Providence. En 2003, la loi Fillon allonge la durée de cotisation pour les retraites, de nombreux médicaments ne sont plus remboursés… Le modèle d’intégration français est contesté lors des émeutes de banlieues en novembre-décembre 2005.

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