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24 octobre 2008 5 24 /10 /octobre /2008 17:54

LEMONDE.FR | 22.10.08 | 13h02  •  Mis à jour le 22.10.08 | 14h08



Plus de 2 milliards de photographies mises en ligne sur Flickr, 100 millions de clips vidéo disponibles chaque jour sur YouTube, 2 milliards de boîtes de courriels ouvertes en 2008... Si de tels services sont plébiscités des internautes, notamment grâce à l'essor des appareils mobiles, ils modifient en profondeur l'architecture du Web. Les millions d'octets de données auxquels accèdent les usagers ne sont en effet pas disponibles sur un ordinateur local, mais sur les serveurs des entreprises qui fournissent ces services : c'est le cloud computing, ou "informatique en nuages". Selon une récente étude de Pew Research Center, 69 % des internautes américains s'adonnent déjà à des activités liées au cloud computing, plébiscitant surtout la consultation des courriels et des albums de photographies en ligne.

Pour permettre l'accès aux données "dématérialisées", une importante infrastructure est nécessaire. C'est pourquoi les géants du Web investissent massivement dans les centres de données, tout en restant discrets sur leurs capacités réelles. Longtemps concentrés sur les ventes de logiciels, Microsoft et son PDG, Steve Ballmer, font désormais du cloud computing une priorité.


FORTE CONCURRENCE

D'après certaines estimations, la firme fondée par Bill Gates posséderait déjà 220 000 serveurs, quand son conccurent Google en recenserait, selon une enquête du New York Times, 450 000, répartis dans une vingtaine de "fermes". IBM dispose déjà de treize centres de données pour faire fonctionner son nouveau système "Bluehouse", destiné à faciliter les échanges entre entreprises. Au total, une dizaine de grandes compagnies, dont Amazon et Dell, soutiennent la croissance du secteur.

Les investissements consentis ne semblent toutefois pas vains. Selon les prévisions de Merrill Lynch, le marché du cloud computing s'élèvera à plus de 100 milliards de dollars dans les trois prochaines années. D'ici à 2011, 12 % du marché des logiciels devrait ainsi migrer vers le "nuage".

Après avoir converti les internautes, le nouvel enjeu est de convaincre les entreprises. "Les professionnels sont un peu moins réactifs que les particuliers, pour s'approprier ce genre de services", souligne Philippe Mathonnet, consultant pour l'Idate, et à l'origine d'un rapport sur la question. "Les entreprises sont également rétives à confier à un tiers leurs informations confidentielles, et utilisent principalement le cloud computing pour des données non stratégiques", explique M. Mathonnet, qui rappelle que les professionnels peuvent aussi être exposés aux coupures de réseau. D'après l'Idate, le marché européen des applications en ligne pour entreprises devrait toutefois progresser de 30 % par an, pour atteindre 3,3 milliards d'euros d'ici à 2011.

 

Une des "fermes" de Google (The Dalles, dans l'Oregon).


PROBLÈMES DE CONFIDENTIALITÉ
Une telle évolution suscite toutefois plusieurs interrogations. La démocratisation du cloud computing va accélérer l'acquisition de serveurs. Or Jonathan Koomey, un universitaire de l'université Stanford (Californie), estime que 123 térawattheures par an, soit l'équivalent de quinze centrales nucléaires, étaient nécessaires en 2005, pour les alimenter. Si les nouvelles infrastructures demeurent aussi voraces en électricité, le coût énergique augmentera de 76 % entre 2005 et 2010.

Le cloud computing pose également la question de la confidentialité des données. Car que font réllement les entreprises des informations personnelles dont elles disposent ? "En utilisant un programme propriétaire ou le serveur Web de quelqu'un d'autre, on est sans défense. On devient le jouet de celui qui a développé ce logiciel", répond Richard Stallman, fondateur de la Free Software Foundation, interrogé par le Guardian.

 

Laurent Checola



Une gamme de nouveaux services

Les photographies ou les vidéos mises en ligne ne constituent qu'une première étape dans la dématérialisation des services sur le Web. Google a démocratisé, avec Google Documents, l'accès aux fonctions de traitement de texte, depuis n'importe quel poste de travail. Mais après les contenus disponibles en tous lieux, certaines applications permettent aussi de disposer de ses services personnalisés, quel que soit l'appareil utilisé pour se connecter. Le module Foxmarks, du navigateur Firefox, centralise par exemple sur un serveur l'ensemble de ses favoris, avant de les répartir sur tous les ordinateurs dotés du système.

Les applications les plus novatrices portent sur l'élément qu'il semble le plus difficile, a priori, de rendre nomade : le bureau informatique lui-même. Nova Spivack, à l'origine du site Twine, entend donc favoriser la création de "son nuage personnel". En partenariat avec la fondation Firefox, la société Adaptive Path expérimente, avec le projet Aurora, ce que pourrait être un bureau présent dans le "nuage".

 

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