Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 19:24

Fiche de lecture sur le thème :Yves Benot,  Les deux abolitions de l'esclavage.

 


Introduction

Entre 1789 et 1848 l'abolition de l'esclavage s'est fait en plusieurs étapes :     

-  Esclavage des Noirs a été aboli pour la partie noud de Saint-Domingue le 29 août 1793 par le commissaire civil Sonthonax envoyé par la convention.

-  Le 21 septembre pour la partie sud par le commissaire civil Polverel.

Ces décisions se sont étendues à toutes les colonies Françaises. C'était la première fois qu'une grande puissance Européenne colonisatrice abolissait l'esclavage des Noirs déportés dont la pratique remontait au XVI e siècle.

 Mais le problème subsistait. Les colons, n'ayant aucune indemnité face à cette abolition,  continuaient leurs activités. De plus, en 1799, lorsque le nouveau pouvoir bonapartiste apparut, l'abolition de l'esclavage en était d'autant plus menacée. Conséquence, en 1802, le Premier consul rétablissait l'esclavage dans les colonies où l'abolition avait été effective.


Thèse de l'auteur : C'est plus ou moins grâce au mouvement révolutionnaire de la gauche que l'abolition de l'esclavage a eu lieu.


 

 

Réjouissances à l'annonce de l'abolition de l'esclavage. 30 pluviôse an II / 18 février 1794.
Bibliothèque nationale de France. Source : L'histoire par l'image (Musée d'Orsay)



I - La première abolition (1794)

Elle intervient cinq ans après la Déclaration des Droits de l'Homme et du Citoyen du 26 août 1789. La question est de savoir ci celle-ci s'applique aussi aux personnes victime de l'esclavagisme. Mirabeau a souligné que les députés, faisant parti de l'assemblée, n'avaient pas demandé à restreindre la liberté et l'égalité aux seuls hommes blancs. Cette même assemblée laissait subsister l'esclavage en essayant d'évité l'aveu d'un problème : celui de l'égalité des gens de couleurs libres, métis ou Noirs affranchis. Cette liberté est refusée par les Blancs de Saint- Domingue. L'assemblée législative, le 4 avril 1792, proclame l'égalité des gens de couleur libres, alors qu'on était déjà passé à une autre phase : celle de la révolte des esclaves, dans la nuit du 22 au 23 août 1791. Cela a accéléré le processus de l'abolition de l'esclavage.

La décision de l'abolition de l'esclavage a pu être prise à des fins politiques. William B. Cohen affirme : « ce ne sont pas des principes humanitaires qui poussèrent la Convention à adopter une telle mesure, mais la nécessité de tenter de sauver l'empire français en péril. » L'auteur ne semble pas d'accord avec cette idée.

En dépit des efforts qu'on déployés les colons, les thermoridiens ont officialisé l'abolition dans la Constitution de l'an V. Tant que la Révolution, fût-ce sous la forme du Directoire, à vécu, il ne fut donc pas passible de revenir sur l'abolition. Mais on a put observer qu'à Saint-Domingue et à la Guadeloupe existait un esclavage déguisé et ce à cause de la politique Bonapartiste (1801-1802).

 

II- La reprise de la campagne abolitionniste

La traite était officiellement interdite depuis un décret napoléonien (le 29 mars 1812), mais elle devient toutefois effective que sous Louis-Philippe, vers 1831-1832.

Auparavant, la traite interdite était plus ou moins tolérée par les autorités, les tribunaux se montraient remarquablement indulgents. L'action de la Société dirigée par Marc-Antoine Jullien avait abouti à une loi plus sévère, mais le gouvernement sous Charles X la refusa. En revanche, Louis-Philippe l'adopta dès le début de son règne. Mais avant cela, la campagne pour l'abolition de l'esclavage était défendue par certains protagonistes de la période révolutionnaire (Abbé Grégoire, Civique de Gastine). Un problème subsistait toujours : les gens de couleurs libres. En effet, ils ont toujours été considérés comme inférieurs. En décembre 1823, la découverte chez Cyrille Bissette de deux brochures en faveur de l'égalité a déclenché une procédure, qui s'aggrava d'une accusation de complot avec deux de ses compagnons. Ils auraient préparé une insurrection des esclaves. En fait, ils restaient parfaitement légalistes. Par peur d'une révolution, Louis-Philippe, quand il arriva au pouvoir, a établit l'égalité des gens de couleurs libres et a favorisé l'affranchissement des esclaves (21 septembre 1830 : dépêche ministérielle invitant les gouverneurs à annuler toutes discriminations insultantes - 5 mars 1830 : taxe d'affranchissement supprimée - 20-22 avril 1833 : loi établissant l'égalité des droits civils et politiques). Les esclavagistes et les colons ne cessèrent pourtant pas leurs activités, ils avaient pour excuse qu'une abolition à court terme entraînerait inévitablement des massacres, et si les Noirs triomphaient, l'apparition d'une « Nouvelle-Guinée », livrée à l'anarchie, à la ruine et au sang.

Passy (orléaniste), un des rare hostile à la colonisation, fit en février 1838 une première tentative en proposant simplement que tous les enfants d'esclaves naissant à partir de la promulgation de la loi fussent libres. Cette proposition fut écartée comme d'autres projets pourtant fort graduels. Il en résulta seulement la loi Mackau de 1845, qui limitait les châtiments corporels et rendait obligatoire l'instruction élémentaire et religieuse des jeunes esclaves, et d'autres adoucissements. Néanmoins, l'application de cette loi laissa à désirer et en 1848, les listes de plaintes pour sévices corporels étaient longues. Le gouvernement en 1846 décida cependant l'affranchissement des esclaves de l'Etat.


II - La deuxième abolition (1848)


La IIe République instaurée par une révolution populaire allait-elle franchir le pas ?

Le 26 février, Arago, ministre de la Marine et des Colonies, informait les gouvernements que si le principe de la liberté était acquis, la décision serait prise, non par le Gouvernement provisoire, mais pas le pouvoir définitif issu des votes, donc par l'Assemblée constituante qui fut élue le 23 avril. L'intervention de Schoelcher (républicain), le 3 mars, se révéla décisive. En 1842, il réclama l'abolition immédiate, inconditionnelle, dans son livre : Des colonies françaises. Abolition immédiate de l'esclavage. C'est donc avant tout grâce à Schoelcher que de 1842 à 1848, le parti de l'abolition immédiate allait grandir. Il a directement fait valoir à Arago que si l'on ne passait pas immédiatement à l'abolition, on allait au-devant d'évènements graves, de soulèvements de grande ampleur. Ce message fut à l'origine du décret du 4 mars qui annonçait l'adoption du principe. De fait, une commission chargée de préparer les textes législatifs, composée de sept membres et ne comportant aucun représentant du parti colon, avait pu achever son travail vers le 15 avril, une semaine avant les élections du 23 avril. Le décret d'abolition, publié le 27 avril, fut signé avant la réunion de l'Assemblée. Le texte abolit l'esclavage dans toutes les colonies françaises, dans un délai de deux mois après la promulgation de la loi dans chaque colonie. Cette décision à provoqué des débats internes dont la question de l'indemnité des colons. Schoelcher n'y était guère favorable, il aurait voulu qu'une indemnité fût également accordée aux ex-esclaves. Mais sur ce sujet, il n'a pas eu gain de cause. L'idée d'assurer aux nouveaux libres une allocation de terres, également défendue par Schoelcher, ne put davantage aboutir. En revanche, les nouveaux libres étaient immédiatement citoyens, et donc électeurs et éligibles.

D'une manière générale, le décret d'émancipation ne posa aucune condition à la liberté générale. Le privilège des colons d'échapper à toute saisie hypothécaire a été aboli comme il avait été sous la Révolution. Tout compte fait, le Gouvernement provisoire avait mis l'Assemblée devant le fait accompli, et l'abolition de 1848 fut définitive. C'est grâce à la force des idées, et à la crainte salutaire de soulèvement populaires dans les colonies que cette décision n'a pas été contestée.

Le mois d'avril 1848 fut marqué par de fortes manifestations, alors que le décret promis n'arrivait pas. C'était une véritable insurrection qui imposait l'abolition immédiate. Schoelcher s'était aussitôt servi de cette nouvelle donnée pour montrer qu'il avait eu raison de presser le mouvement et que toute tergiversation entraînerait fatalement des insurrections sanglantes.

Napoléon III, pendant son règne annula certains effets de cette abolition en instituant un système de travail obligatoire par le décret du 13 février 1852, mais aussi en supprimant la représentation de colonies et donc le droit de vote des ex-esclaves. Ce fut seulement sous la IIIe République que l'on revint aux dispositions adoptées en 1848.

En 1848 comme en 1794, l'abolition de l'esclavage résulta d'une convergence particulière entre la résistance des esclaves et un mouvement révolutionnaire dans la métropole.

Texte rédigé par Fatou Gniengue, élève de 1ère ES

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

Rubriques