Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
27 août 2009 4 27 /08 /août /2009 18:18

Plus d’enfants, de plus en plus tard


En 2008, 796 000 enfants sont nés en France métropolitaine
(tableau 34 France métropolitaine) et 32 400 dans les départements d'outre-mer, soit un total de 828 400 (tableau 34 France). Le nombre de naissances a augmenté de 1,2 % par rapport à 2007. Il se situe quasiment au niveau du pic de 2006, année où le nombre de naissances avait atteint un niveau jamais observé depuis 1981.

Les mères d’âge relativement élevé, 35 ans ou plus, sont de plus en plus nombreuses. 21,4 % des enfants nés en 2008 ont une mère âgée de 35 ans ou plus (tableau 53). Ils étaient 19,7 % trois ans plus tôt et 16,3 % il y a dix ans.

En 2008, la progression du nombre de naissances hors mariage se poursuit. Devenues majoritaires en 2006, elles représentent 52 % des naissances en 2008, soit 10 % de plus qu’il y a dix ans.

Au cours de la dernière décennie, la part des enfants nés de deux parents étrangers a peu évolué : 6,9 % en 2008. Elle était de 6,6 % en 1998 (tableau 37). Dans le même temps, la part des enfants nés de couples mixtes est passé de 8,0 % à 12,7 %. Source: INSEE

 

 



Pourquoi la France affiche un taux de natalité si élevé

 

La France est, avec l'Irlande, le pays de l'UE le plus performant en matière de natalité, avec un taux de fécondité supérieur à 2 enfants par femme. Bien loin devant l'Italie, l'Espagne ou l'Allemagne qui se situent à 1,4. Explications.
Comment expliquer ce taux de natalité record?

Pour Nadine Morano, secrétaire d'Etat à la famille, la natalité record observée en France est « le résultat d'une politique familiale courageuse et volontariste ». L'Etat consacre en effet à la politique familiale, toutes dépenses confondues, 83 milliards d'euros, soit 5 points du PIB, selon ses calculs. Impressionnant... même si ce chiffre est à relativiser, selon Hélène Périvier, chercheur à l'OFCE. Il comprend en effet aussi les dépenses liées à la lutte contre la pauvreté, comme le revenu de solidarité active (RSA), qui a remplacé l'allocation parent isolé, mais qui n'a pas vocation exclusive à soutenir la natalité. Cela dit, même dans une acception plus restrictive, les sommes consacrées à  la politique familiale représentent tout de même 3% du PIB, ce qui place la France dans le haut du panier en Europe.

Les instruments principaux de la politique familiale en France

Il y a d'abord les aides financées par la Caisse d'allocation familiale (CAF), qui représentaient 37 milliards d'euros en 2008, selon Eurostat. Parmi elles, les allocations familiales, l'Allocation de Rentrée Scolaire (ARS), ou encore les dépenses d'action sociale.La CNAF verse également un total de 7,3 Md€ en 2007 pour l'allocation de logement familiale et pour la prise en charge des APL des allocataires ayant charge de famille.

Les allègements d'impôts sont également une des composantes de la politique familiale. A l'exception de la CSG (contribution sociale généralisée) et de la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale), les impôts directs prennent en compte la dimension familiale pour le calcul des impôts à payer, notamment à travers le système du quotient familial.

 Ces dépenses expliquent-elles vraiment le fort taux de natalité observé en France ?

Non, selon Hélène Périvier. Elle observe que les  Etats Unis ont une politique familiale atrophiée, mais un taux de fécondité supérieur à celui de la France. Et que, inversement, dans les pays nordiques, le taux de fécondité est inférieur à 2 alors que l'investissement en politiques familiales est plus généreux.  Faire un enfant, ce n'est pas une décision qui dépend seulement des aides familiales. De nombreux autres paramètres, culturels et sociétaux, entrent en ligne de compte. Ainsi, plus de 20% des femmes en âge de féconder n'ont pas d'enfants en Allemagne, contre 10% seulement en France. « Chez nous, la mère active est valorisée et admirée alors qu'en Allemagne, elle est vue comme une mauvaise mère », explique Hélène Périvier. 

La France peut-elle se contenter de son taux de fécondité actuel ?

Non. Le taux de fécondité actuel ne permet pas encore le renouvellement des générations, comme l'indique le Bulletin mensuel d'information de l'Institut national d'études démographiques de mars 2009. L'effectif annuel des naissances a augmenté de 9 % depuis 10 ans en France métropolitaine. Mais contrairement à ce qu'on pourrait penser, cette hausse ne s'explique pas par une augmentation de la fécondité. Les couples ont simplement eu leurs enfants plus tardivement. C'est ce retard qui explique la hausse actuelle de l'indice de fécondité, mais celui-ci avait été en baisse pendant de nombreuses années auparavant.

Comment améliorer ce taux de fécondité ?

Pour France Prioux, démographe à l'INED, « La France a compris avant les autres la nécessité d'avoir des enfants », notamment pour assurer la viabilité du système de retraite. Hélène Périvier, de son côté, fait remarquer que « notre politique familiale a un effet redistributif en U, c'est-à-dire que les foyers les moins favorisés et les foyers les plus aisés sont bien soutenus quand ils ont des enfants. En revanche, les classes moyennes ne bénéficient pas beaucoup des prestations sous condition de revenus et des allégements d'impôts ». Parmi les pistes évoquées par l'économiste, le versement des allocations familiales dès le premier enfant, l'extension du mode de garde généralisé aux moins de trois ans, ou encore la prise en compte des revenus dans le calcul des aides familiales.


Elsa Poix
L'Expansion 26/08/2009 15:42:00 




La France est restée la championne d'Europe de la fécondité en 2008

 

Avec un taux de fécondité qui dépasse deux enfants par femme, la France est restée, en 2008, la championne d'Europe de la natalité : elle est, avec l'Irlande, le pays de l'Union européenne où la fécondité est la plus forte. Selon le bilan démographique de l'Insee, plus de 800 000 bébés sont nés sur le sol métropolitain en 2008, un chiffre qui n'avait pas été atteint depuis 1981.
Ces résultats sont d'autant plus surprenants qu'en France, le nombre de femmes en âge de procréer ne cesse de diminuer : les femmes aujourd'hui âgées de vingt à quarante ans sont nées dans les années 1970 et 1980, à une époque où le baby-boom de l'après-guerre s'achevait. Depuis dix ans, leur nombre baisse ainsi de 2 % par an, ce qui représente 200 000 mères potentielles de moins depuis 1999.

Qu'importe ! Les taux de fécondité, eux, ne cessent de grimper, surtout à des âges avancés : en 2008, l'âge moyen à la maternité a atteint quasiment trente ans, soit deux ans de plus qu'il y a deux décennies. "Cette tendance est générale en Europe, à l'exception des pays de l'est récemment entrés dans l'Union européenne", constate Anne Pla dans Insee Première, l'une des publications mensuelles de l'Insee (insee. fr).

Les enfants grandissent désormais auprès de parents plus âgés : en 2008, 21,5 % des bébés avaient une mère de plus de trente-cinq ans, contre seulement 16,5 % il y a dix ans. Ils naissent également plus fréquemment hors mariage : en 2008, plus de 52 % des bébés sont nés au sein d'un couple vivant en union libre contre seulement 6 % en 1970. "Ce qui était un événement contraire aux normes sociales est devenu un événement banal", soulignent les démographes Francisco Munoz-Perez et France Prioux.

L'union libre est désormais tellement répandue que les pouvoirs publics en ont tiré les conséquences : dès 1972, les droits des enfants "naturels" ont été alignés sur ceux des enfants "légitimes" et en 2005, ces mots ont été bannis du code civil, qui ne distingue plus les enfants nés dans et hors mariage. "Le choix du mariage ou de l'union n'a pas un grand impact sur la vie familiale", reconnaissait en 2005 un rapport de l'Assemblée nationale sur la famille, rédigé par l'actuelle ministre de l'enseignement supérieur, Valérie Pécresse.

Le mariage, qui ne cesse de décliner au profit de l'union libre, est de plus en plus vivement concurrencé par le pacte civil de solidarité : créée en 1999, cette nouvelle forme d'union a remporté un succès spectaculaire à partir de 2005, lorsque son régime fiscal a été aligné sur celui du mariage. En 2008, près de 140 000 pacs ont été signés, ce qui le rapproche de plus en plus du mariage (273 000 célébrations en 2008).

Contrairement à ce que l'on pense souvent, ces pacs unissent dans leur immense majorité un homme et une femme : en 2008, 94 % des pactes concernaient un couple hétérosexuel. En quelques années, ce contrat que Jacques Chirac jugeait "inadapté aux besoins de la famille" est devenu une forme d'union à part entière : en 2008, l'Insee a recensé un pacs pour deux mariages alors qu'il en comptait seulement un pour neuf il y a cinq ans, en 2003.

Malgré son dynamisme démographique, la France, qui compte 64,3 millions d'habitants, reste une société vieillissante. En dix ans, le nombre de personnes âgées de plus de 75 ans a augmenté de plus de 35 %, soit presque cinq fois plus vite que la population totale. Dans le même temps, la part des personnes âgées de moins de 20 ans est restée quasiment stable. "Les personnes âgées sont de plus en plus nombreuses, constate Anne Pla. 5,6 millions de personnes de plus de 75 ans et plus vivent en France."

En 2008, l'espérance de vie est restée stable : elle a atteint 84,3 ans pour les femmes et 77,5 ans pour les hommes. Alors qu'elle culminait à vingt-cinq ans au milieu du XVIIIe siècle - à l'âge de 10 ans, la moitié des enfants étaient déjà décédés -, l'espérance de vie a beaucoup progressé depuis la fin de la seconde guerre mondiale : depuis 1950, les hommes ont gagné quatorze ans de vie et les femmes quinze. Les femmes françaises détiennent depuis plusieurs années la palme européenne de la longévité.

 

Anne Chemin

Article paru dans l'édition du 25.08.09

LE MONDE | 24.08.09 | 20h12  •  Mis à jour le 24.08.09 | 20h13

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

Rubriques