Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 12:05

Comment a évolué l’idée du progrès dans les sociétés industrielles, 1850-1939 ?

 

Questions:

1. Quelle image de l’homme de science les documents 1 et 5 présentent-ils ? Le scientifique est-il ici cantonné à son seul domaine d’action ?

2. Quelles sont les limites de la science d’après F. Brunetière ? (doc. 2) À quel courant de pensée s’oppose-t-il ainsi ?

3. D’après les documents 1, 3 et 5, sur quels éléments reposaient la confiance et la foi dans une marche ininterrompue du progrès ?

4. Montrez qu’une attitude de défiance vis-à-vis de la science comme source de progrès s’est également développée (doc. 2 et 4). Sur quels éléments reposait-elle ?

 

 Document 1 : La science au Panthéon

 Gloire de la chimie française, M. Berthelot avait également été ministre des Affaires étrangères. À sa mort en 1907, la République lui fait l'honneur de funérailles nationales et il est enterré au Panthéon.

Ô Berthelot, ta vie est un superbe exemple,Que la science éclaire toutElle nous apparaît plus subtile qu’un temple,Cette chambre où tu meures debout. Berthelot, nous venons te demander, ô Maître,
Le droit conseil et le soutien
Redis-nous ce qu’il faut que nous fassions pour être
Honnête homme et pur citoyen. Conduis notre pensée enthousiaste et libre
Par ses chemins à tes sommets,
Et que dans notre cœur viril et probre vibre
Le son de ton cour à jamais ! Et puis nous mènerons nos fils lire la pierreOù brille ton nom triomphant,
Afin que noblement s’ouvre leur âme, fièreQue la France t’eût pour enfant ! Edmond Blangneron, Ode à Marcellin Berthelot, 1907 

 

Document 2 : Un intellectuel catholique critique les « faillites » de la science

Si ce ne sont pas là "banqueroutes" totales, ce sont du moins de "faillites" partielles, et l’on conçoit aisément qu’elles aient ébranlé le crédit de la science. Qui donc a prononcé cette parole imprudente "que la science ne valait qu’autant qu’elle peut rechercher ce que la religion prétend enseigner ?" et encore celle-ci, "que la science n'a vraiment commencé que le jour où la raison s'est prise au sérieux et s’est dit à elle-même : tout me fait défaut, de moi seule viendra mon salut?" Taisez-vous raison imbécile ! aurait sans doute répondu Pascal ; et, à la vérité, nous ne saurions dire ce qu’il en sera dans cent ans, dans mille ou deux mille ans d’ici ; mais, pour le moment, et pour longtemps encore, il semble que la raison soit impuissante à se délivrer seule­ment de ses doutes, bien loin de pouvoir faire elle-même son salut ; et s’il est vrai que depuis cent ans la science ait prétendu remplacer "la religion", la science, pour le moment et pour longtemps encore, a perdu la partie. Incapable de nous fournir un commencement de réponse aux seules questions qui nous intéressent, ni la science en général, ni les sciences particulières [...] ne peuvent plus revendiquer, comme elles l’ont fait depuis cent ans, le gouvernement de la vie présente. À défaut d'une certitude entière, mathé­matique et raisonnée, si nous avons besoin de nous former une idée de ce que nous sommes, [...] les sciences peuvent nous y aider ; mais il ne leur appartient pas de déterminer, et encore bien moins de juger cette idée.

Ferdinand Brunetière (critique littéraire, essayiste, membre de l’Académie française), Revue des Deux Mondes, 1895.

 

Document 3 : L’artiste et le progrès industriel

(Huile sur toile de Tullio Crali, peintre futuriste italien, En piqué sur la ville, 1939. 1,30 x 1,55 m. Rovereto, Musée d’art moderne et contemporain.)

 mfuturo7.jpg

 

Document 4 : Progrès matériel et décrépitude morale

Mais, paradoxalement, dans ce même temps, alors que notre monde régressait brutalement d’un millénaire dans le domaine de la moralité, j’ai vu cette même humanité s’élever dans les domaines de l’intelligence et de la technique à des prodiges inouïs, dépassant d’un coup d’aile tout ce qu'elle avait accompli en des millions d'années la conquête de l’éther par l’avion, la transmission à la seconde même de la parole terrestre sur toute la surface de notre globe et, de ce fait, la domination de tout notre espace, la fission de l’atome, la victoire remportée sur les maladies les plus insidieuses, la réalisation presque journalière de nouveaux exploits qui semblaient hier encore impossi­bles. Jamais jusqu’à notre époque l’humanité dans son ensemble ne s’est révélée plus diabolique par son comportement et n’a accompli tant de miracles qui l’égalent à la divinité.

Stefan Sweig (1881-1942), Le monde d’hier. Souvenirs d’un Européen, 1944.

  

Document 5 : L’artiste et le scientifique (Huile sur toile de Tamara de Lempicka, Portrait du Docteur Boucard, 1928. 1,35 x 0,75 m. Collection privée.) 
TamaraDeLempicka-Dr-Boucard-1929.jpg Le docteur Boucard fit fortune grâce au lactéol, médicament qu’il avait inventé et fait breveter. Cela lui permit de devenir le client le plus généreux de Tamara de Lempicka au moment où elle était au sommet de sa carrière.

 

Partager cet article

Repost 0

commentaires

Présentation

Rubriques