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3 novembre 2010 3 03 /11 /novembre /2010 16:26

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Etude d'un ensemble documentaire: Quelles évolutions pour la condition ouvrière ?

 

Première partie: analyser l'ensemble documentaire en répondant aux questions.

 1. Pendant l’âge industriel, tous les ouvriers n’effectuent pas le même travail, ni dans les mêmes conditions. Les documents 1 et 2 montrent un atelier d’ajustage dans les années 1880 et une chaîne de montage en 1930. Sur la première photo, tous les ouvriers sont debout devant leur établi, disposant du même outillage pour effectuer leur travail. Visiblement, ils effectuent tous la même tache, ce qui laisse penser qu’ils fabriquent tous une pièce identique dans son intégralité. Ceci suppose qu’ils ont un savoir-faire particulier : ce sont certainement des ouvriers qualifiés. Sur la deuxième photo, les ouvriers sont debout devant un tapis roulant qui fait passer des objets devant eux. Chacun effectue une tâche précise sur la pièce qui défile et le travail de ceux amont de la chaîne influence le travail de ceux en aval. Les cadences sont rapides et le travail répétitif. Il s’agit sans doute d’ouvriers spécialisés. 

2. Entre le milieu du XIXème siècle et le milieu du XXème siècle, les conditions de vie et de travail des ouvriers se sont améliorées. Au début de l’âge industriel, l’ouvrier dispose d’un salaire très bas qui l’oblige à faire travailler quasiment tous les membres de sa famille : le document 3 fait référence aux salaires perçus par l’épouse et les enfants. De plus, la journée de travail est souvent très longue (elle varie entre 12 et 10 heures de travail quotidien dans la deuxième moitié du XIXème siècle). Le travail est souvent physique, dans des ateliers où il fait chaud, et il est aussi parfois abrutissant. Mais à la fin du XIXème siècle et au début du XXème siècle, la durée hebdomadaire du travail diminue et les premiers droits sociaux protégeant les ouvriers voient le jour : ils peuvent manifester légalement leur mécontentement en faisant grève, ils disposent des premières assurances sociales contre le chômage, la vieillesse et les accidents du travail (beaucoup d’entre vous ont négligé cet aspect). Concernant les conditions de vie, les documents 3 et 4 mettent en évidence une évolution positive. Alors qu’en 1840, la quasi-totalité (87%) du revenu d’une famille ouvrière est consacrée au logement ou à la nourriture, cette proportion diminue nettement avec le temps : elle n’atteint pas plus que 77% en 1913 et 59% en 1937. Par conséquent, si les familles ouvrières consacrent proportionnellement moins d’argent aux besoins vitaux, elles peuvent améliorer leur confort de vie en ayant un logement plus décent (mieux chauffé, mieux meublé, plus grand). Le document 5 montre un intérieur ouvrier qui est meublé simplement mais qui ne manque de rien (table, chaises, vaisselier, lustre…). D’autre part, on voit apparaître dans le budget des postes de dépenses nouveaux, tels ceux consacrés aux loisirs et ils augmentent. C’est surtout vrai en France à partir de 1936 où les salariés obtiennent 15 jours de congés payés.  

3. Un certain nombre de facteurs d’explication permettent de comprendre cette amélioration des conditions de vie. Elle s’explique d’abord par une élévation du revenu ouvrier. L’âge industriel est à l’origine de gains de productivité ce qui a permis à l’entreprise de produire plus, de vendre plus donc d’augmenter son chiffre d’affaire qu’elle a en partie redistribué à ses salariés sous la forme d’augmentations de salaires ou de primes. Par conséquent, les familles ouvrières ont bénéficié d’un revenu supérieur, ce qui leur a permis de consacrer une part moins importante de leur revenu dans les dépenses vitales. De plus, les progrès de l’hygiène – dont il est question dans le document 4 – ont permis aux populations ouvrières de vivre mieux et plus longtemps : les premiers vaccins et les médicaments sont découverts et les maladies dont on mourrait encore jusque là peuvent désormais être soignées. Les syndicats ont aussi joué un grand rôle. Ils ont souvent contribué par les grèves ou les négociations avec le patronat à obtenir des avancées sociales non négligeables : la réduction du temps de travail, les congés payés… L’organisation de la classe ouvrière en groupe de pression est une des conditions de son mieux-être à l’âge industriel. Enfin, l’Etat, en adoptant des lois sociales, a fait progresser la condition ouvrière : il s’agit de corriger les excès du libéralisme.

 4. Ce constat très général d’une amélioration des conditions de vie de la classe ouvrière ne doit cependant pas cacher un certain nombre d’inégalités qui perdurent. Le document 2 montre que la généralisation du travail à la chaîne, à partir du début du XXème siècle, a rendu le travail des ouvriers souvent plus abrutissant. L’adoption de l’organisation scientifique du travail a conduit à la généralisation des ouvriers spécialisés qui font un travail répétitif, n’ont pas de qualifications et sont donc généralement peu payés. De plus, l’évolution du budget d’une famille ouvrière ne laisse, même à la veille de la Seconde Guerre mondiale, encore que peu de place pour la détente et les loisirs : bien souvent, les ouvriers – qui disposent de 15 jours de congés payés – n’ont pas les moyens de partir en vacances.  

5. Le document 4 doit être manipulé avec précaution car il est produit par un syndicat ouvrier français, la CGT. Ce document insiste lourdement sur les méfaits des longues journées de travail pour les ouvriers : l’argument employé sur l’affiche – les longues journées conduisent à l’alcoolisme – n’est pas très convaincant. Ce document n’est pas du tout objectif. De plus, le document 3 est lui aussi à manipuler avec précaution car il ne propose que le budget d’une famille d’ouvriers parisiens : il est donc difficile de généraliser le cas d’une seule famille à la totalité des ouvriers de France à la même époque. Il est donc ennuyeux de comparer les chiffres du document 3a, qui ne sont relatifs qu’à une famille, et ceux du document 3b, qui ont l’air d’être une moyenne nationale.

 

Deuxième partie: rédigez une réponse organisée en fonction du sujet proposé.

3 parties peuvent ici être abordées :

1. Des conditions de vie et de travail difficiles.

2. Les facteurs de transformations: l'action de l'Etat et les luttes ouvrières.

3. Les améliorations : de la misère à la précarité.

 

Sous l'effet des deux révolutions industrielles, les usines se multiplient et embauchent une main d’œuvre importante. Le nombre des ouvriers connaît alors une augmentation importante. Ces ouvriers connaissent des conditions de vie difficiles et vont se battre pour les améliorer durant tout la période qui va du milieu du XIXe siècle aux années 30.

 

En liaison avec la forte croissance démographique de la seconde moitié du XIXe siècle, les campagnes se dépeuplent, l'exode rural se généralise entre 1850 et le début du XXe siècle et des millions d'hommes fuyant la misère se dirigent vers les villes dans l'espoir de trouver un emploi dans les usines industrielles naissantes. Les industries marquent le paysage urbain et occupent le cœur de la ville ou la périphérie proche la banlieue qui se développe souvent de façon anarchique. Celle-ci est alors confrontée à la capacité de logements et les nouveaux venus s'entassent alors dans des taudis sordides et insalubres : caves, greniers... sans confort. L’hygiène étant absente les maladies comme le choléra se développent et entraîne une espérance de vie courte. Les ouvriers sont mal payés et plus de 85% de leur budget est consacré à leur loyer et à la nourriture. La vie des ouvriers est alors marquée par la précarité et les faibles salaires ne permettent guère d'économiser et la première difficulté (chômage, maladie, accident du travail) plonge la famille dans la misère.

Les conditions de travail sont aussi difficiles pour ces prolétaires qui vendent leur force de travail contre un maigre salaire. Les journées de travail sont longues (plus de 12 heures de travail par jour du lever au coucher du soleil, toute l'année) et les congés n'existent pas. Les ouvriers sont soumis aux crises et ils connaissent fréquemment le chômage qui peut atteindre des chiffres élevés comme lors de la crise de 1929. Certains métiers comme les mineurs dans les bassins houillers sont dangereux et les accidents liés aux éboulements peuvent avoir des conséquences dramatiques et mortelles. Femmes et enfants se retrouvent alors seuls et doivent travailler constituant une main d'œuvre bon marché. D'autres métiers déshumanisent les hommes : lors de la seconde révolution industrielle l'ingénieur Taylor développe l'OST (organisation scientifique du travail), les gestes sont décomposés, chronométrés. Le travail à la chaîne est développé surtout dans l'industrie automobile et cela aboutit à un travail de plus en plus intense et aliénant.

Les problèmes posés par le développement de la classe ouvrière deviennent de plus en plus aigus et les hommes vont essayer de combattre cette situation.

 

Celle-ci reste cependant très vive et le combat ouvrier s'est d'abord exprimé en dehors de toute structure par la grève, seul moyen de revendication pour dénoncer ces dures conditions de travail. Elles sont nombreuses et sont réprimées violemment par l'armée engendrant des morts. Cependant le droit de grève est reconnu en France en 1864. Peu à peu les ouvriers s'organisent en syndicats pour faire valoir leurs revendications et en 1884, la loi les autorise. Ils organisent la lutte et revendiquent une amélioration des salaires, une baisse du temps de travail et le 1er Mai devient une journée de grève et d'action pour les ouvriers. La CGT est le premier syndicat unitaire fondée en 1895 et se donne une doctrine à travers la Charte d'Amiens en 1906 et appelle à la grève générale pour abattre le système capitaliste. En mai-juin 1936, une nouvelle forme de grève apparaît : les « grèves sur le tas », c’est à dire avec occupation pacifique des usines. C’est un moyen efficace de pression contre le patronat.

Dès le XIXe siècle, des théoriciens contestent le libéralisme économique provoquant le chômage et la misère ouvrière. Marx et  Engels sont les fondateurs du socialisme et publient en 1848 « le manifeste du parti communiste » dans lequel ils dénoncent l'injustice de cette société et veulent imposer un parti ouvrier capable d'imposer la dictature du prolétariat. En France la SFIO naît en 1905 et Jaurès, leader socialiste fait confiance à la République et au suffrage universel pour émanciper les travailleurs.

La contestation de la société ouvrière débouche néanmoins sur des progrès.

 

A partir du début du XXe siècle, l'amélioration de la condition ouvrière est sensible. Elle est liée à la conjoncture et en période de croissance les employeurs concèdent plus facilement des augmentations salariales et de ce fait le niveau de consommation des ménages s'élève lentement:en 1937, même si les ouvriers parisiens consacrent encore une part importante de leur budget à la nourriture et au logement (70%) ,ils ont des revenus plus élevés et peuvent consacrer 9 % aux soins personnels et 2,5% aux loisirs. Ceux ci se développent et les ouvriers découvrent de nouveaux loisirs comme le cinéma et certaines pratiques sportives se développent comme le football, le vélo…

Certains patrons se préoccupent dès le XIXe siècle d'améliorer le sort de leurs ouvriers comme les Schneider au Creusot. Ils répondent par le paternalisme et tentent de résoudre le problème du logement, édifiant des cités ouvrières et mettant en place des sociétés de loisirs Ces pratiques justifiées par des considérations morales doivent permettre d'attirer et de fixer la main d'œuvre et surtout de désamorcer la question sociale.

Les Etats interviennent de plus en plus dans les rapports sociaux et élaborent une législation sociale qui se traduit par une loi accordant le repos hebdomadaire, la journée de 8 heures, les premières assurances sociales (chômage, vieillesse...) et en 1936 par la semaine de 40 heures et les congés payés. L’époque du Front populaire représente un vrai progrès pour la condition ouvrière et marque durablement les esprits.

 

A partir de la fin du XIXe siècle, grâce à l'action des syndicats, des partis socialistes (SFIO et PCF), et au progrès de la législation sociale, la condition ouvrière s’améliore peu à peu.

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commentaires

ezt 17/10/2016 17:19

Franck landais est BG

ezt 17/10/2016 17:19

OUAI

ezt 17/10/2016 17:18

zaeeeeeeeeeeeeee

CACADU51 20/01/2017 08:44

rompopopomrompopomrompopom yeah

ezt 17/10/2016 17:18

tzatzatzatzatzatzatzatzatzatzatzatzatzatzatzatzatza

ezt 17/10/2016 17:18

zaetaztazt

ezt 17/10/2016 17:18

azerzataet

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