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24 janvier 2011 1 24 /01 /janvier /2011 22:29

162983L’explication d’un document écrit

« Les libertés nécessaires »

 

1. Présentez le document

Ce texte est un discours [nature] d’ Adolphe Thiers, daté de 1864 [date] prononcé au Corps Législatif, principale assemblée de l’empire qui vote les lois et le budget. Adolphe Thiers (1797 – 1877) est un homme politique majeur du XIX è ; en 1830 il contribue à l’arrivée au pouvoir de Louis-Philippe, ministre de l’Intérieur en 1832, président du Conseil en 36 et 40, il se retire ensuite. De retour en politique en 48, élu député, il appuie la candidature de Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence de la République puis rompt en 1850. Arrêté lors du coup d’État du 2 décembre 1851, il s’exile [auteur]. En 1863, il est élu député à Paris. Il fait ici sa rentrée parlementaire, quand l’Empire se libéralise [contexte] et réclame les libertés nécessaires [principal thème abordé].

 

2. Quelles sont les libertés réclamées par Thiers ? Quel type de régime politique envisage- t-il ?

Thiers réclame 5 libertés nécessaires :

- le retour de la liberté individuelle : « sécurité du citoyen » ; « sans être exposé à aucun acte arbitraire ».

- la liberté de la presse : « il faut que tous ensemble échangent leurs idées et arrivent à cette pensée commune qu’on appelle l’opinion publique ; et cela n’est possible que par la presse ».

- la liberté électorale : « il ne fait pas qu’il [le gouvernement] puisse dicter le choix et imposer sa volonté dans les élections. Voilà ce que j’appelle la liberté électorale ».

- le contrôle du gouvernement par le Parlement : « qu’‘ils [les élus] puissent à temps apporter un utile contrôle à tous les actes du pouvoir… c’est là la liberté de la représentation nationale ».

- un gouvernement représentatif (de l’état de l’opinion) : « que l’opinion publique… devienne la directrice des actes du gouvernement. »

C’est donc très nettement un régime parlementaire qu’il envisage.

 

3. En quoi ces libertés réclamées sont-elles une critique systématique du régime napoléonien ? Mobilisez des connaissances précises.

La liberté individuelle a été balayée par la répression après le coup d’État de 1851, l’opinion publique est réduite au silence, beaucoup de républicains et socialistes sont emprisonnés (Blanqui) ou en exil (Ledru-Rollin, Hugo). L’attentat d’Orsini permet un durcissement de la répression avec la « loi des suspects » (février 1858) : toute personne déjà connue comme opposant politique peut être condamnée sans procès.

La presse est muselée par les autorisations préalables, les cautions élevées à verser et le système des avertissements.

La liberté électorale n’existe pas même si le suffrage universel masculin perdure à cause de la « candidature officielle » ; le candidat officiel bénéficie de l’aide des pouvoirs publics (affiches, propagande) à quoi l’on peut ajouter les menaces de l’administration sur les autres candidats et le bourrage des urnes.

Le Parlement, comprenons le seul Corps Législatif, vote sans discuter même si depuis 1860 il a un droit d’adresse et depuis 1861 le contrôle du budget.

 

4. Napoléon III a-t-il tenu compte de cette réclamation ? Nuancez votre réponse.

En bonne partie ; au moment où Thiers prononce son discours, le régime a déjà entamé sa libéralisation ; le Corps Législatif obtient les droits d’amendements (1866), de critique (d’interpellation) du gouvernement (1867) ; en 1868 l’autorisation préalable et les avertissements pour la presse disparaissent ; en 1869 le Corps Législatif élit même son président et dispose de l’initiative des lois conjointement avec l’empereur. On se rapproche fortement d’un régime parlementaire surtout quand Émile Ollivier est nommé principal ministre et que les ministres sont responsables devant le Corps Législatif. Pour autant, le régime ne cesse pas d’être ambigu : en 1870 Napoléon III a encore recours au plébiscite (pour restaurer sa légitimité). La libéralisation est le fait de l’empereur seul et non le fruit d’une volonté politique collective ; c’est contre ses soutiens traditionnels que Napoléon III s’est engagé dans cette voie.

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