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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 12:31

La colonisation européenne (milieu XIXe siècle - 1939)

Dossier documentaire.
1. La colonisation allemande en Afrique orientale.
2. Résistances et révoltes face à la colonisation en Afrique Noire, 1890-1940.
3. Investissements français dans les colonies.
4. Le point de vue de Nehru sur la situation indienne.
5. La situation au Congo belge.

PREMIERE PARTIE
Analysez l'ensemble documentaire en répondant aux questions suivantes :
1. Relevez et précisez les différents statuts des colonies présentés dans les documents 1 et 4.
2. Quelles sont les relations économiques et financières entre métropoles et colonies (documents 3 et 4) ?
3. Quelle situation personnelle des colonisés les documents 4 et 5 décrivent-ils ?
4. Que peut-on conclure du document 2 ?
5. Quelles attentes le document 4 exprime-t-il ?

 

DEUXIEME PARTIE
A l'aide des réponses aux questions, des informations contenues dans les documents et de vos connaissances personnelles, rédigez une réponse organisée au sujet : "La colonisation européenne (milieu XIXe siècle - 1939)"


Document 1 : La colonisation allemande en Afrique orientale.

Nous, Guillaume, par la grâce de Dieu, Empereur d'Allemagne et Roi de Prusse, faisons savoir et mandons par les présentes :
Les présidents actuels de la Société de colonisation allemande, le Dr Karl Peters et notre chambellan Félix, comte Behr-Bandelin, ayant sollicité notre protectorat pour les acquisitions de territoires faites par la Société dans l'Afrique orientale, à l'ouest des États du Sultan de Zanzibar, et situées en dehors de la souveraineté d'autres puissances, et nous ayant soumis, en même temps que leur demande de placer ces territoires sous notre souveraineté, les traités conclus d'abord par ledit Dr Karl Peters avec les chefs d'Usagara, Nguru, Useguha et Ukami en novembre et en décembre de l'année dernière, traités en vertu desquels ces territoires lui ont été cédés, avec les droits souverains, pour la Société de colonisation allemande [...].
Nous octroyons à la Société précitée, sous la condition qu'elle reste une société allemande [...] le pouvoir d'exercer tous les droits résultant des traités qui nous ont été soumis, y compris la juridiction sur les indigènes, ainsi que sur les sujets de l'empire ou d'autres nations qui viendraient s'établir dans ces territoires ou y séjourner dans un but commercial ou autre. L'exercice de ces droits aura lieu sous la surveillance de notre gouvernement et sous réserve des dispositions ultérieures que nous pourrions prendre ou des compléments que nous pourrions apporter à la présente lettre de protectorat.
En foi de quoi, nous avons signé de notre propre main la présente lettre de protection et l'avons fait munir de notre sceau impérial. Donné à Berlin, le 27 février 1885.

Charte de la Deutsche Ost Afrika Gesellschaft. Cité dans Émile Banning, Le Partage politique de l'Afrique,  Bruxelles, Librairie européenne, 1888.

 

Document 2 : Résistances et révoltes face à la colonisation en Afrique Noire, 1890-1940.

  afrique revoltes

D'après Elikia M'Bokolo, Afrique noire, histoire et civilisation : XIXe-XXe siècles Paris, Hatier-Aupelf, 1992

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Document 3: Investissements français dans les colonies (millions de francs 1914).

investissements colonies

Jacques Marseille, Empire colonial et capitalisme français, histoire d'un divorce, Paris, Albin Michel, 1984.

 

Document 4 : Le point de vue de Nehru sur la situation indienne.

La psychologie du nationalisme indien est fondamentalement la même que celle de toute autre nation luttant pour se délivrer d'une domination étrangère. Mais peut-être vaut-il la peine de se demander comment le mouvement nationaliste en Inde a pris sa forme actuelle et bénéficié de l'élan qu'il a connu au cours de ces dernières années. Pour un étranger, l'Inde paraît aujourd'hui déchirée par les dissensions et les querelles - les Hindous et les Musulmans qui se combattent, et les divers partis politiques qui s'opposent âprement les uns aux autres. C'est en grande partie vrai, et pourtant le fait dominant demeure que presque tout Indien qui réfléchit se méfie au plus haut point de l'Angleterre et désire se débarrasser de sa domination. Jamais auparavant il n'y a eu d'hostilité aussi grande et aussi répandue, ni autant de défiance quant à la bonne foi des Anglais. Tous les partis politiques de quelque importance et même les grandes organisations communautaires ont déclaré que l'Inde devait avoir un gouvernement responsable. Certains veulent l'indépendance, tandis que d'autres mettent l'accent sur le statut de dominion, en sachant fort bien que mince est la ligne de démarcation entre les deux. [...]

Dans les Dominions britanniques, un Indien est traité comme un paria (1) et, en Afrique du Sud tout particulièrement, la législation raciale n'a cessé de l'humilier et de rendre son sort insupportable.
Même dans les parties de l'Empire administrées directement par le Ministère britannique des Colonies, comme le Kenya, il est toléré comme un être inférieur et n'a pas le droit de devenir propriétaire dans les hauts plateaux qui sont le domaine réservé des quelques colons britanniques. [...]
Dans son propre pays il n'est guère mieux loti. Il est parqué et confiné, et n'a pas de perspectives d'avenir. Tout effort en matière d'art et de création a été chez lui étouffé par un environnement pesant, et une formation littéraire très médiocre ne l'a rendu bon qu'à occuper un emploi de rond-de-cuir (2). Après plus de 150 ans de domination britannique on arrive à ce magnifique résultat qu'à peine 8 % des gens savent lire et écrire. Il n'y a pas d'argent, à en croire le gouvernement, pour développer l'éducation ni pour augmenter le nombre des équipements sanitaires, ou d'hôpitaux, ou d'autres services utiles à la nation. Car la majeure partie du revenu national est engloutie dans le budget énorme d'une armée dont l'un des buts principaux est de terrasser les agitateurs nationalistes.

Jawaharlal Nehru, The Review of Nations, Genève, janvier 1927, dans S. Copal (éd.), Jawaharlal Nehru, An Anthology, Delhi, Oxford University Press, 1981.

(1) Paria : personne méprisée et repoussée par tous.
(2) Rond-de-cuir : employé de bureau de faible qualification.



Document 5 : La situation au Congo belge.

J'ai été substitut du Procureur d'État dans le district de l'Équateur, à la résidence de Coquilhatville, et également dans le district Stanley Pool. Voici les observations que mon expérience me suggère au sujet du régime en vigueur dans ces districts. Tout d'abord, je dois dire qu'une source de fréquents abus est la jeunesse de beaucoup de chefs de poste. [...] Presque aucun contrôle n'est exercé sur la manière arbitraire dont les chefs de poste appliquent en général les règlements de discipline. L'emprisonnement et la chicotte (1) sont employés sans mesure contre les travailleurs et les soldats [...] Bien que les règlements énumèrent toute une série de peines, dont la chicotte, qui en dernière ligne, est la plus grave et devrait donc être la plus rare, il est de fait que ce châtiment corporel est la pénalité favorite des chefs de poste et qu'elle remplace, même dans les cas de légères peccadilles, les punitions plus douces prévues par le règlement disciplinaire.
Il y a plus : le maximum réglementaire des coups de chicotte est de cinquante, et encore ne peut-on administrer plus de vingt-cinq coups à un même délinquant en un seul jour. Or, ce chiffre est souvent arbitrairement augmenté. On a vu jusqu'à infliger cent, cent cinquante, deux cents coups de chicotte, ce qui rend ce châtiment absolument meurtrier.
Ces abus se commettent non seulement dans les régions administrées directement par l'État, mais encore, et avec une fréquence peut-être plus grande, dans le domaine des diverses sociétés concessionnaires, bien que les agents de ces sociétés ne possèdent nullement le droit d'infliger aux travailleurs des châtiments corporels. Le moyen de coercition connu sous le nom de contrainte par corps et de système des otages donne également lieu à de répréhensibles excès. On recommande comme spécialement efficace la détention des femmes. J'ai vu, même dans les postes de l'État, des femmes prisonnières soumises aux travaux les plus durs.
Les otages, en effet, sont traités en véritables prisonniers ; souvent on les met à la chaîne, et toute tentative d'évasion est infailliblement punie de mort.

Procès-verbal établi par la Commission d'enquête envoyée au Congo belge. Borna (Congo), 18 octobre 1904. Source : www.cobelco.org/Histoire.

(1) Chicotte : sorte de fouet composé de lanières de cuir tressées.

 

Consulter l'article "Le système colonial".

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