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17 octobre 2010 7 17 /10 /octobre /2010 19:58

33565Cet art de la grève que la droite ne veut pas voir

La grève laisse les conservateurs interdits, qui longtemps l'interdirent (Vichy, point d'orgue autoritaire, l'avait rayée d'un trait de plume, au même titre que les syndicats). Stratégie sociale dénigrée, ringardisée, voire criminalisée par la droite, la grève s'avère consubstantielle à l'identité d'une gauche qui la brandit parfois comme une illusion performative...

Il y eut la «grève-rupture» des années 1850-1930, puis, après-guerre, la «grève-institution» octroyant ou garantissant les droits des travailleurs. Aujourd'hui, le capitalisme effréné remet en cause le compromis social dont la grève s'avérait une forme de régulateur. Les conflits donnent désormais lieu à des mobilisations émiettées, polymorphes, intenses, mais décrétées invisibles (donc symboliquement interdites) par Nicolas Sarkozy, le 5 juillet 2008. C'était devant les cadres de l'UMP réunis au palais de la Mutualité à Paris (haut lieu, habituellement, des rassemblements de gauche). Le président de la République, alors triomphaliste, déclarait ceci entre deux sourires carnassiers:

Nous avons réuni, dans la bibliothèque du Centre d'étude d'histoire sociale du XXe siècle (Paris-I-CNRS), trois universitaires: Danielle Tartakowsky, professeur d'histoire contemporaine à Paris-VIII, Michel Pigenet, professeur d'histoire contemporaine à Paris-I, directeur du Centre, et Jean-Marie Pernot, issu du syndicalisme et membre de l'Ires (Institut de recherches économiques et sociales), auteur avec Guy Groux de la meilleure synthèse sur le sujet: La Grève (Presses de Sciences-po, 2008, 160 p.). Et nous sommes partis de la petite phrase de juillet 2008 du président Sarkozy

 

 

Dans les rets relevant de la société du spectacle

En un deuxième temps, Jean-Marie Pernot, Danielle Tartakowsky et Michel Pigenet analysent comment la mobilisation de l'opinion, quitte à jouer sur les attentes et la grammaire des médias, participe de la construction d'un rapport de force de la part des grévistes. La question du nombre, qu'il s'agisse des grèves ou des manifestations, attire les mouvements sociaux dans les rets d'un registre relevant de la société du spectacle. Le tout en l'absence d'interlocuteurs patronaux, qui favorise un tel déplacement des débats sur la scène publique..

 

Comment la question de la protection sociale est-elle devenue un motif de grève? Les revendications du mouvement social en ce domaine remontent à l'été 1953, où une vague d'arrêts de travail victorieux et populaires avait stoppé net une réforme des régimes spéciaux. Les grèves ont accompagné une amélioration de la condition ouvrière jugée inscrite dans l'Histoire pendant les Trente Glorieuses, avant de scander, à partir de la fin des années 1970, les grandes étapes de la désindustrialisation. Atomisées sur fond d'absence de régulation sociale, les grèves demeurent souvent le seul levier efficace dont disposent les salariés, pour qu'aboutissent des solutions dans une France marquée par le démantèlement des garanties obtenues en 1936 puis après 1945.


De la grève (3/4)
envoyé par Mediapart. - Regardez les dernières vidéos d'actu.

Un spectre hante l'Europe sociale: la grève générale. Ce serpent de mer, qui fut une représentation dominante de la classe ouvrière en formation, a changé d'ambition, passant du remplacement à la paralysie du système capitaliste. Jean-Marie Pernot, Michel Pigenet et Danielle Tartakowsky examinent un tel projet, à travers les mutations aussi bien de son système de représentation que de ses passages à l'acte. Sommes-nous passés de la grève générale à la grève généralisée, scandée par des manifestations prenant au besoin le relais?...

 

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