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26 septembre 2010 7 26 /09 /septembre /2010 13:04

 Tout au long du XIXe siècle Ellis Island a été la porte des Etats-Unis pour des millions d'immigrants arrivant d'Europe.  Les premiers photographes professionnels ont laissé de nombreux clichés qui illustre ce qu'était l'immigration massive de cette période: traversée difficile, mauvais traitement par les services d’immigration et ensuite la pauvreté.

 

Le pont d'un navire arrivant à Ellis Island remplis d'émigrants. Photographie de presse. Agence Rol.

 Emigrants-sur-le-pont-d-un-navire.jpg

Emigrants à Ellis Island attendant d'être examinés. Photographie de presse. Agence Rol.

  Emifrants-attendant-d-etre-examines-copie-2.jpg
  Salles d'examen sanitaire
  Salle-examen-sanitaire.jpg
 Emigtans quittant Ellis Island
  Emigrants-partant-pour-New-York-de-l-ile-d-Ellis.jpg
    Emigrans arrivant à New-York
  Emigrants-arrivant-a-New-York-apres-avoir-quitte-Ellis-I.jpg
  Emigrants--a-Ellis-Island---un-bureau-de-change.jpg
  Deux enfants italiens à Ellis island
  eux-enfants.jpg
 

Ellis Island: le témoignage d’un journaliste français

« L’île d’Ellis est l’endroit où le gouvernement américain reçoit la première visite des émigrants : c’est l’antichambre de la Terre Promise. Nul colon ne peut débarquer s’il n’a passé par là.

On a bâti, sur une île minuscule, située au milieu de la baie de New York, une construction en briques et en fer qui, de loin, a l’air d’un grand casino. Je me tenais, par un clair matin de juin, devant la passerelle du débarcadère par où allaient défiler les émigrants. Le navire accosta, et le défilé commença. Italiens du Nord et du Sud, Slovaques, Russes, Hollandais, Arméniens, Juifs, Allemands, Roumains, Hongrois, Grecs, Monténégrins, des jeunes gens, des vieillards, des enfants, des femmes ; des allures fortes, décidées, des silhouettes fatiguées, énergies déjà aux trois quart abattues, des airs ouverts, souriants, braves, des regards timides, fuyants, des dos qui saluent sans raison et des tailles qui se redressent, et des moustaches provocantes. Tous ces gens sont encombrés de paquets mal ficelés, de caissetins sans couvercles, de valises bondées, à demi ouvertes, de ballots éventrés, de nippes et de couvertures, de cartons défoncés, de faisceaux d’ustensiles, de parapluies, de paniers , de boites, de cabas, d’étuis à violons, à mandoline, à guitare, de mouchoirs à carreaux enveloppant du linge ou des vêtements, des sacs en serpillère qu’ils portent à la main, sur leur dos ou sur leur tête. […]

Tout le monde est canalisé vers un hall immense où un premier tirage se fera. Ils sont là, 3000, chacun un papier vert à la main et un numéro épinglé à la poitrine : bêtes marquées pour le sacrifice, troupeau ahuri, effaré et docile, qui obéit au moindre geste des officiers en dolman orné de ganse noire. On les bouscule, on les presse, ils n’opposent aucune résistance, ne disent pas un mot de protestation, comme endormis, hébétés par les quinze jours de mer, l’imprévu de cette organisation, de ces formalités, et surtout, sans doute, par l’inconnu qu’ils sentent gronder là, tout près d’eux, derrière ces barrières qui se dressent encore entre eux et leur définitive liberté. […]

La première formalité à remplir est celle de la visite des médecins. On place les arrivants à la queue-leu-leu, et on les dirige vers un grand hall divisé dans toute sa longueur par des barrières et des grillages. Quand ils se présentent à l’entrée de la salle, deux médecins inspecteurs en uniforme , dolmans noirs et boutons de cuivre, les reçoivent et très vite les dévisagent. Un leur dit : « Regardez-moi bien en face ! Les gens obéissent comme des hypnotisés, demeurent immobiles tandis que le médecin leur retourne prestement la paupière pour s’assurer qu’ils n’ont pas le trachoma, maladie contagieuse des yeux, leur fait ouvrir la bouche, dont ils vérifient la santé des muqueuses, se plongent les mains dans une bassine d’eau mélangée de sublimée et passe au niveau suivant. Tout cela demande moins de temps que je n’en ai mis à vous le dire. […] Lorsque les immigrants ont subi l’examen médical, ils arrivent groupés par nationalité devant des inspecteurs chargés de les interroger dans la langue de leur pays sur leur état civil, leur passé, leur moyen d’existence, leurs relations aux États-Unis et leurs projets. »

Jules Huret, journaliste français, En Amérique. Tome 2, De San Francisco au Canada, Paris, 1909.

  Une famille hongroise. Photographie de presse. Agence Rol.
  Emigrants--sur-Ellis-Island---une-famille-de-hongrois.jpg
 Imigrantes europeus posando para fotografia no pátio central da Hospedaria dos Imigrantes de São Paulo.
Imigrantes-en-argentine.jpg
migrantes europeus posando para fotografia no pátio central da Hospedaria dos Imigrantes de São Paulo. vers 1890 Guilherme Gaensly (1843-1928)
 Imigrantes_no_patio_central_da_Hospedaria_dos_Imigrantes_d.jpg

 

 

D'autres photographies:

Portraits d'Augustus Frederick Sherman : Ellis Island Portraits 1905-1920.

Photographies d'Ellis Island.

 

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