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14 mai 2010 5 14 /05 /mai /2010 09:48

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Les "cahiers de doléances" ont été rédigés en mars-avril 1789 par la noblesse, le clergé et le Tiers-Etat pour servir aux Etats généraux convoqués par Louis XVI pour le 1er mai 1789. Ils contiennent les plaintes et les vœux des populations que doivent présenter les députés élus aux Etats généraux. Pour le Tiers-Etat, les opérations se sont déroulées en trois temps donnant lieu, à chaque étape, à la rédaction d'un cahier : cahiers des villes, paroisses, communautés de métiers de l'assemblée préliminaire, cahiers des bailliages secondaires, cahier du bailliage principal.

 

 

 

 

 

 1. Dans les cahiers de doléances, plusieurs catégories sociales s’expriment : paysans aisés (laboureurs) et pauvres (doc. 1, 3, 4 et 5) et des ouvriers (manouvriers) d’une grande ville, Marseille.

 

 2. Les doléances portent sur plusieurs domaines :

- les impôts, jugés trop lourdes et injustes,

- les privilèges,

- le système seigneurial, notamment en matière de justice ;

- l’accaparement des emplois publics par la noblesse

- le contrôle des impôts par les États Généraux.

 

3. Les revendications les plus fréquentes concernent les impôts. Celles qui concernent les droits seigneuriaux et les réformes politiques sont moins souvent exprimées.

Les textes font apparaître des divisions au sein du Tiers États-. Le cahier des laboureurs et ouvriers de Pont-L’Abbé critique les bourgeois qui ont refusé de tenir compte des doléances des laboureurs et ouvriers (paysans salariés pauvres).

 

4. Les cahiers cités ici expriment les points de vue du Tiers-État. Les deux ordres privilégiés, noblesse et clergé, ne sont pas représentés.

 

 5. Clergé et noblesse rédigent leurs cahiers de doléances au niveau du bailliage. Dans le tiers état, les cahiers de bailliage sont la synthèse de premiers cahiers, rédigés dans les villages ou dans les corporations. La bourgeoisie peut donc influencer les doléances du monde paysan.

 

6. La caricature met en scène 3 personnages. A gauche, les représentants des deux ordres privilégiés, clergé et noblesse, richement vêtus, et surélevés ; à droite, l’homme incarnant le Tiers-État, écrasé par la hotte (qui représente les charges qu’il subit) et humilié par les chiens lancés à ses trousses par des privilégiés.

 

7. La caricature du doc. 6 critique les charges et les humiliations que les privilégiés font subir aux gens du tiers état. À la fin du XVIIIe s., les privilèges du clergé et de la noblesse apparaissent injustifiés.

 

8. Par son titre, l’image est porteuse d’espoir pour le tiers état. La vision ici présentée est surtout celle de la paysannerie, sensible d’abord à l’injustice de l’ordre social. La convocation des États-Généraux donnent l’espoir d’un changement.

 

9 . Le monde des campagnes largement majoritaire s’exprime inégalement dans les cahiers. Celui de la Chapelle-Craonnaise est largement copié d’un cahier de doléances rédigé par les bourgeois d’une ville.  Le cahier d’une paroisse rurale montre que les préoccupations des paysans sont avant tout économiques et sociales (les impôts, les corvées …) et moins les revendications politiques. Il est donc plus authentique que le précédent. Cependant, dans les deux cas, les questions portant sur les impôts et les privilèges, sont citées.

 

10 . Les documents révèlent l’importance que conserve la structure des ordres dans la France de 1789. L’inégalité fiscale existant entre ces ordres est source de tensions. Le régime seigneurial, généralement dominé par le clergé et la noblesse, renforce ces dernières. Au sein du tiers état, les cahiers de doléances font ressortir des attentes différentes. Dans les villages dominent des revendications fiscales ou antiseigneuriales. La bourgeoisie, qui contrôle la rédaction des cahiers de bailliage, insiste davantage sur des revendications politiques, par exemple celle du contrôle du gouvernement du roi par des représentants de la nation. De tels constats soulignent le manque d’unité du tiers état au XVIIIe.

 

11. Le Tiers-État attend que le roi, à l’occasion des États-généraux, mette fin aux abus des privilégiés, notamment en matière d’impôts et de justice. Le Tiers-État est très hostile envers les ordres privilégiés mais a confiance dans le roi et demeure monarchiste.

 

 

 

 

 

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