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9 mai 2010 7 09 /05 /mai /2010 11:25

Capture02.jpgMaghreb, Maroc, Marrakech : Convergences démographiques, contrastes socio-économiques

Mohamed Sebti, Youssef Courbage, Patrick Festy et Anne-Claire Kursac-Souali

Sur fond de croissance démographique rapide, les pays du Maghreb – Algérie, Maroc, Tunisie ont connu d’importants changements depuis 30 ans : chute de la fécondité, allongement de la vie, urbanisation croissante. Ces mouvements ont eu lieu de façon étroitement parallèle dans les trois pays alors qu’ils n’en sont pourtant pas au même stade de développement économique. Les évolutions en matière de santé et de famille seraient ainsi relativement indépendantes du contexte socio-économique.

Population & Sociétés n° 459, septembre 2009

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9 avril 2008 3 09 /04 /avril /2008 09:42

La fiction apporte parfois un éclairage intéressant sur des périodes historiques. En déplaçant le regard des grands événements vers les individus ou les groupes, en mettant en scène les expériences vécues, elle nous introduit au cœur des sentiments parfois contradictoires des acteurs ou des témoins. La nouvelle de Leïla Sebbar intitulée « L'Enfer » de Leïla Sebbar ( dans le recueil La jeune fille au balcon, Édition du Seuil, Points, 2001, page 125-149) pose les cadres de l'histoire contemporaine de l'Algérie à travers le regard d'une jeune fille d'Alger.

Leïla Sebbar est née à Aflou, en Algérie, d'un père algérien et d'une mère française, tous deux instituteurs. Leïla Sebbar est une auteure franco-algérienne. Elle a quitté l'Algérie à ses dix-huit ans pour venir en France étudier la langue et la littérature françaises.
Elle raconte l'exil provoqué par la décolonisation, la rupture entre Orient et Occident mais aussi la permanence des liens entre les peuples et les cultures.

La jeune fille au balcon (éd. Seuil, 1996)





Une enfance algérienne (éd. Gallimard  1999)






La Seine était rouge (éd. Thierry Magnier, 1999)






Mes Algéries en France : Carnet de voyages (éd.  Bleu autour, 2004)



 




Travail préparatoire: lecture par les élèves de la nouvelle « L'Enfer » de Leïla Sebbar accompagnée d'un questionnaire.

 

« L'Enfer » de Leïla Sebbar : Une famille algérienne dans L'Histoire

Question 1 :
Qui est le narrateur du début de la nouvelle ?
................................................................................................................................................................................................................................

Question 2 :
Compléter le tableau suivant. Pour chaque personnage, relever des informations dans le texte.

 

Période où il a vécu

Description de cette période et/ éléments biographiques

L'arrière-grand-père

 

 

 

 

 

Le grand-père

 

 

 

 

 

La grand-mère

 

 

 

 

 

Le fils

 

 

 

 

 

Le petit-fils

 

 

 

 

 

Question 3 :
Quel personnage apparaît comme reliant tous les autres ?
.............................................................................................................................................................................................................................

Question 4 :
A partir de ces différents protagonistes, dégager les 3 périodes de l'histoire de l'Algérie contemporaine.

 

Les 3 périodes de l'histoire de l'Algérie contemporaine

1ère période

 

 

2ème période

 

 

3ème période

 

 

 

 

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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 21:47

Article de l'historien Benjamin Stora paru dans Le Monde du 19 mars 2002

Ceux et celles qui vont devoir faire et font déjà l'Algérie et la France de demain n'ont aucune responsabilité dans l'affrontement d'hier.

Depuis la mort de François Mitterrand, homme politique issu de la période de Vichy et de la Résistance, la "génération algérienne" est aux commandes dans la vie politique française : ceux qui ont fait la guerre d'Algérie, comme Jacques Chirac ou Jean-Pierre Chevènement, qui y ont participé, comme Jean-Marie Le Pen, ou qui l'ont combattu, comme Lionel Jospin. L'effet de génération est important pour comprendre toute l'ampleur des commémorations liées au quarantième anniversaire des accords d'Evian. Mais il faut aller plus loin.

Sur la guerre d'Algérie, le passage s'opère depuis quelques années d'une sensation d'absence à une sorte de surabondance. Il ne se passe pas un jour, ou une semaine, sans qu'on découvre (ou qu'on feigne de découvrir) dans la presse ou à la télévision un épisode lié à la guerre d'Algérie, une douleur, une souffrance qui tourne autour de cette période.

Cette sensation d'absence, que j'avais pointée il y a dix ans dans mon ouvrage La Gangrène et l'Oubli, semble dépassée aujourd'hui. L'Algérie gît là comme une obsession, il n'est pas possible de l'oublier. La sortie de la dénégation, du silence commence vraiment et, désormais, l'oubli obsède. Cette volonté de se remémorer sans cesse l'histoire de la guerre d'Algérie envahit l'espace public. Mais y a-t-il eu vraiment oubli, ou avons-nous assisté plutôt à une sorte de mise en scène de l'amnésie française autour de l'Algérie, et de ce conflit ?

En fait, au sortir de la guerre d'Algérie, après 1962, personne ne se sentait vraiment responsable ni coupable. Les Européens d'Algérie avaient la sensation très nette d'avoir été trahis et abandonnés par le pouvoir politique. Ils ne se sentaient pas responsables de la situation coloniale, mais avaient toujours vécu l'expérience de leur vie en Algérie comme des "pionniers" sur une terre vierge, à défricher.

Ils "oubliaient" le sort inégalitaire réservé aux "indigènes". Les soldats français du contingent avaient le sentiment très net de n'être pas les responsables de la situation de guerre. Ils avaient exécuté les ordres de leurs supérieurs, et se trouvaient pris dans un engrenage. Les officiers français de la guerre d'Algérie affirmaient avoir simplement obéi aux pouvoirs politiques. Ils "oubliaient" les importants pouvoirs politiques dont ils disposaient, notamment au moment de la fameuse "bataille d'Alger" en 1957. Les harkis également, ces soldats musulmans supplétifs qui ont combattu aux côtés de l'armée française, ont été abandonnés. Ils ont été massacrés, et ne pouvaient pas se sentir responsables.

Et la classe politique française ? La majorité de la droite politique reconnaissait en de Gaulle son "sauveur", reconstituant après 1962 un consensus politique autour de sa personne pour faire oublier son attitude en faveur de l'Algérie française. La gauche également reconsidère son histoire puisque elle avait approuvé les "pouvoirs spéciaux" en mars 1956, dispositions envoyant le contingent en Algérie. Jusqu'en 1960, la gauche française était pour "la paix en Algérie". Elle ne se prononcera pour l'indépendance que tardivement. Elle aussi reconstruira un récit mythologique lié à la question de l'indépendance de l'Algérie, peut-être pour faire oublier sa position antérieure. Celle d'une attitude classiquement jacobine, pour l'amélioration des conditions de vie des "indigènes" dans les colonies.

Lorsque la guerre se termine, personne n'est responsable. Et les soldats, les pieds-noirs, les harkis, tous se considèrent comme des victimes. La mise en scène de l'amnésie accompagne le processus de victimisation, pour éviter d'évoquer toute culpabilité personnelle et étatique sur l'Algérie et la guerre. Le statut de victime se renforce dans les années 1980 où il vaut mieux apparaître en victime qu'en combattant ou en militant. Les plaintes en nombre pour "crimes contre l'humanité" s'inscrivent dans cette tendance. Autre explication de l'oubli, la blessure du sentiment national. La fin de l'Algérie française développe un sentiment très fort de l'amputation d'une partie du territoire national. "L'Algérie, c'était la France." Le conflit s'élabore comme une sorte de guerre civile franco-française, où semble se jouer l'avenir tragique du pays. L'indépendance de l'Algérie devient alors synonyme d'abaissement de la nation.

L'installation dans une situation d'amnésie, à propos de l'Algérie, conduit à une interrogation sur l'oubli. Après la terrible période de la guerre, comment est-il possible de vivre perpétuellement en état de mémoire frénétique, mélancolique, envahissante ? Il faut peut-être aussi, quelquefois oublier pour vivre. Et puis existe un autre oubli, organisé par les Etats, qui instaure des amnisties, visant à dissimuler, à ne pas assumer ses torts ou ses responsabilités. C'est un autre type d'oubli. Derrière l'oubli nécessaire, celui de la sortie d'une guerre, se dissimule l'oubli pervers visant à ne rien reconnaître de la culpabilité qui s'est longtemps cachée dans la société française.

Sur les circonstances du retour de la guerre d'Algérie dans la société française d'aujourd'hui, un élément domine, le passage des générations. Celui qui a vécu un événement décisif éprouve le désir de laisser une trace. Au soir d'une vie apparaît la nécessité de se délivrer davantage d'un poids, d'un secret ou d'un remords. De leur côté, les jeunes générations éprouvent le besoin de s'inscrire dans une généalogie, dans une filiation, de savoir quelle a été l'attitude du père ou du grand-père dans cette guerre. Cette situation-là s'observe dans la jeunesse française, mais aussi dans la jeunesse d'origine algérienne.

Dans les générations politiques, le vote à l'Assemblée nationale du 10 juin 1999, à la quasi-unanimité, reconnaissant "une guerre" en Algérie est révélateur. Une majorité des députés étaient des "anciens" d'Algérie, des gens qui avaient connu, ou fait, la guerre d'Algérie. Le vote à l'Assemblée nationale et la présence de personnages politiques au sommet de l'Etat expliquent la volonté d'inscrire en des lieux de commémoration la mémoire de cette guerre. Comme la construction d'un "Mur" à Paris à la mémoire de soldats tombés en Algérie, ou la pose d'une plaque à la mémoire des victimes algériennes du 17 octobre 1961. Bref, des cadres politiques de la mémoire se mettent en place permettant à celle-ci de s'exprimer davantage.

Un autre élément permet de comprendre ce retour : le détour par ce qui se passe aujourd'hui en Algérie. Les enjeux brûlants de la guerre d'Algérie en France s'inscrivent dans une mémoire en miroir. De l'autre côté de la Méditerranée, depuis dix ans, une guerre civile cruelle a fait des dizaines de milliers de morts. Dans cette tragédie algérienne reviennent les souvenirs de la première guerre d'indépendance. Des mots surgissent comme "terrorisme", "fanatisme", "massacre", "violence", "bataille d'Alger". Inévitablement, le souvenir de la guerre précédente vient perturber celle du présent.

A travers la tragédie vécue, des figures qui avaient été écartées de la scène politique pendant la guerre d'indépendance, ou au lendemain de cette guerre, font retour. L'aéroport de Tlemcen s'appelle désormais "aéroport Messali-Hadj" et l'université de Sétif a pris le nom d'"université Ferhat-Abbas". Ces deux figures fondatrices du nationalisme algérien sont longtemps restées dans l'ombre. D'autres personnages occultés, comme Mohamed Boudiaf ou Abane Ramdane, animateur central du congrès de la Soummam en août 1956, ont fait leur "réapparition" à travers une série de publications, colloques, ouvrages, polémiques.

Les Algériens éprouvent la nécessité de comprendre le secret de la violence actuelle, en fouillant le déroulement de leur guerre d'indépendance. Des récits d'atrocités, comme le massacre de Melouza de mai 1957 où 374 villageois, soupçonnés de sympathies messalistes, ont été égorgés par une unité de l'ALN, ont été portés à la connaissance du public algérien. D'autres exactions algéro-algériennes éclairent, en grande partie, l'archaïsme des violences paysannes à l'œuvre aujourd'hui en Algérie. La violence trouve aussi son ressort dans la fabrication d'un parti unique, à visée hégémonique, qui a écarté tous ses concurrents, non seulement les messalistes, mais aussi les communistes, les "berbéristes". L'origine de l'islamisme politique est à chercher dans cette violence portée par le parti unique et le communautarisme paysan. La recherche s'oriente également sur le rôle de l'armée dans l'histoire politique du nationalisme. Mais la question des harkis, ces paysans en armes qui ont combattu avec la France, reste encore taboue. D'autres débats ont vu le jour, sur la question berbère dans l'histoire du mouvement nationaliste algérien. Tous ces questionnements visent à nous dire une chose : l'Etat perd progressivement le monopole d'écriture de l'histoire de la guerre d'indépendance algérienne.

Il n'est pas possible d'envisager les retours de mémoire liés à la question de l'Algérie en France indépendamment du travail qui s'exerce de l'autre côté de la Méditerranée. La circulation, le passage entre les différentes mémoires sont indispensables car en France et en Algérie existent des récits imbriqués où se mêlent le "face-à-face", mais aussi le "côte-à-côte". Les écritures en miroir favorisent les retours d'histoire, les Algériens, eux aussi, tentent de se débarrasser d'une mémoire falsifiée de leur guerre d'indépendance.

La France se trouve en outre prise dans un mouvement mémoriel qui s'exprime à l'échelle internationale, avec peut-être une restriction du "temps de latence". Les traumatismes liés aux guerres entraînent un long temps de latence pour essayer de regarder en face ce qui s'est passé. Ce phénomène a pu s'observer autour de la question de Vichy. Trente ou quarante ans sont quelquefois nécessaires pour "assumer" des histoires douloureuses, passer de la mémoire à l'histoire, trouver et désigner des coupables. La restriction du "temps de latence" permet des mises en accusation judiciaires rapides et la volonté de vite savoir. C'est une nouveauté. Il a fallu attendre longtemps pour que se tienne le procès de Maurice Papon, lié à son comportement sous Vichy. En revanche, en 1998, au cours du procès, très vite le "Papon de 1942" de Bordeaux est devenu un "autre Papon", celui d'octobre 1961, lorsqu'il était préfet de police de Paris. Il n'y a pas eu d'attente, de distance critique, historique, pour mettre en œuvre des procédures de mise en accusation ou d'écriture des faits.

Enfin, la question du désir de construction d'identité personnelle, à travers des réappropriations de mémoire, est importante. La forte présence de la catégorie-mémoire sur la scène publique est à mettre en rapport avec la crise des idéologies globales. La mémoire apparaît comme le moyen de se réfugier dans ce qui peut paraître sûr, dans le vécu personnel, individuel ou familial. La méfiance est grande à l'égard des tentatives idéologiques d'explication globale. La peur de perdre son identité dans un processus d'homogénéisation mondialisé provoque un retour vers le passé, surtout quand le présent est rempli d'angoisses et de frustrations.

La recherche mémorielle entend également pouvoir s'inscrire dans des histoires plus globales, plus générales qui visent à redéfinir des récits nationaux. A cet égard, l'apparition dans la société française de nouveaux groupes porteurs de la mémoire algérienne est fondamentale. Jusqu'à présent, deux grands groupes porteurs des "années algériennes" ont existé dans l'espace public. Les Européens d'Algérie, dans les années 1970, à travers une série de récits, de batailles pour ce qu'on a appelé "l'indemnisation des rapatriés", se sont fait beaucoup entendre. Un autre groupe, celui des soldats français, s'est manifesté à travers des associations, pour la défense de leurs droits. Ces deux groupes, Européens et soldats, ont fait valoir un certain récit de l'histoire de la guerre d'Algérie, celui de la "nostalgeria", de la perte d'une Algérie conviviale et coloniale, par "trahison" des pouvoirs politiques.

Les enfants ou petits-enfants issus de l'immigration algérienne en France forment un nouveau groupe qui a surgi dans la société française, dans les années 1980. Ils ne s'inscrivent pas dans le récit de la "nostalgeria" voulant se remémorer un passé perdu. Ils veulent, au contraire, comprendre le présent qu'ils vivent au quotidien comme exclus, ou stigmatisés. Dans cette recherche, ils butent sur la question coloniale. A partir de là, ce nouveau groupe bouscule le récit traditionnel de l'Algérie coloniale.

Les retrouvailles de mémoire sont tout à fait positives. Elles permettent de regarder l'histoire en face, de pouvoir l'écrire, mais elles sont aussi révélatrices de problèmes. Le risque existe d'une apparition de mémoire communautarisée, où chacun regarde l'histoire de l'Algérie à travers son vécu, son appartenance familiale. Ce regard particulier ne permet pas le "métissage" des mémoires pour éviter que l'histoire ne se rejoue. Un retour problématique répète le cloisonnement des mémoires où chacun vient disputer une date, un lieu de commémoration.

Le problème soulevé par la date du 19 mars, comme moment de commémoration signifiant la fin de la guerre d'Algérie, est symptomatique. Les Européens d'Algérie considèrent que la guerre ne s'est pas terminée le 19 mars 1962. Ils invoquent à juste titre le massacre de la rue d'Isly du 26 mars 1962, où 46 Français d'Algérie ont été tués, et les enlèvements d'Européens à Oran le 5 juillet. Cette absence de consensus sur une date signifie qu'il est difficile de se réconcilier, que la mémoire retrouvée ne suffit pas. Des stratégies communautaires réapparaissent, empêchant la fabrication d'une mémoire nationale, unifiée et plurielle. Les mémoires cloisonnées ne parviennent pas à apaiser les obsessions ou les douleurs liées à la séquence de la guerre d'Algérie. Mais réinstaurent, quelque part, une sorte de hiérarchie des communautés liées à l'histoire de l'Algérie coloniale.

L'important toutefois est que, quarante ans après, la mémoire "ancienne combattante", celle qui veut toujours vivre avec, rejouer toujours la guerre, s'épuise. Ceux et celles qui vont devoir faire et font déjà l'Algérie et la France de demain n'ont aucune responsabilité dans l'affrontement d'hier. La majorité des jeunes considèrent l'indépendance de l'Algérie comme un fait inévitable, nécessaire, normal. Le drame franco-algérien ne devient qu'une page de leur histoire. Ils veulent lire cette page avec méthode, loin du bruit et de la fureur longtemps entretenus par leurs aînés, acteurs de cette histoire. Ils entendent sortir de l'enfermement du traumatisme colonial, sortir des litanies de l'ancienne victime et des autojustifications aveugles de l'ancien agresseur, pour forger des valeurs d'égalité sur les ruines du mépris, de la haine. Le travail pour retrouver la mémoire de la guerre d'Algérie n'est donc pas fini.

Benjamin Stora est professeur d'histoire du Maghreb à l'Institut national des langues et civilisations orientales (Inalco).

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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 21:32

image009.gifDepuis les années 1980, l'Algérie, comm tous les pays du Maghreb, connaissent de profondes transformations de leurs structures sociales. Ces transformations forment l'arrière plan des évolutions politiques de l'Algérie.

 

 Principaux indicateurs démographiques:

Population

32 930 091 habitants

Taux de croissance de la population

1,69 %

Âge médian (population totale)
 - Hommes
 - Femmes

24,9 ans
24,7 ans
25,1 ans

Structure par âge
 - 0-14 ans
 - 15-64 ans
 - 65 ans et plus


28,1 %
67,1 %
4,8 %

Part de la population urbaine

59 %

 


Une croissance démographie maitrisée


Au début du XXème siècle, la population du Maghrebétait d'environ 12 millions
 d’habitants. En 2001, elle est estimée à 70 millions. En un siècle, elle a été multipliée par près de six et, de 1950 à 2001, par plus de trois.


Evolution de la population de l'Algérie

 
En Algérie, dont le cas illustre bien la situation dans les trois pays du Maghreb, l’énorme accroissement de la population durant la seconde moitié du XXème siècle a été expliqué  par le maintien d’un niveau élevé de la natalité  et par la baisse de la mortalité au début du siècle avec des fluctuations provoquées par les guerres et les crises.

 De 1950 à 1970, le taux de natalité continue d'augmenter et atteint 50 ‰ en 1970, avec le baby boom d’après guerre.

À partir des années 1970, on assiste au début de la baisse des taux de natalité. Mais, le rythme d'accroissement de la population s'est maintenu à un niveau élevé (supérieur à 3 %) en raison de la baisse plus rapide des taux de mortalité (plus de 6 % par an), due notamment à la mise en oeuvre du programme de la « médecine gratuite ».



Le déclin de la fécondité

 Dans les années 1960 la  fécondité s'était maintenu à un haut niveau. Depuis les années 1980, la situation a totalement changé. En l’espace de 25 ans, tout le paysage démographique de cette région a été modifié. On obaserve notamment:

Indices démographiques pour l'Algérie:

 

 

Taux de natalité

Taux de mortalité

1981

41

9,4

1982

40,6

9,1

1983

40,4

8,8

1984

40,2

8,6

1985

39,5

8,4

1986

34,7

7,3

1991

30,1

6

Indicateurs démographiques, en p. 1 000 (source: O.N.S.).

- que les femmes font trois fois moins d’enfants que leur mères: 1,9 enfants par femme aujourd'hui;

- que l’espérance de vie à la naissance a augmenté d’environ 20 ans;

- que l’âge moyen au premier mariage des femmes est proche de la trentaine.

Ces évolutions traduisent à la fois les transformations du statut de la femme et les transformations des mentalités.


Accélération de l’urbanisation après la Seconde guerre mondiale


img-2-small640.png
Bien que sa population rurale ait augmenté en valeur absolue (de 8 à 12 millions entre 1966 et

1998), l’Algérie est aujourd’hui un pays où vivent plus de citadins que de ruraux. Le volume de sa population urbaine a été multiplié par 4,6. Elle passe ainsi en trente ans de 3,7 à 17,1 millionsd’habitants. Elle représente actuellement près de 60 % de sa population totale. En 1954, 20 % de la « population musulmane51 » était urbaine. Aujourd’hui, 3 Algériens sur 5 vivent dans des agglomérations urbaines. Ils étaient deux fois moins nombreux en 1966. Dans les premières années de l’indépendance, la croissance urbaine était extrêmement rapide : plus du double de la croissance totale.

Elle a connu par la suite un léger ralentissement tout en restant à un niveau élevé (plus de 5,5% par an dans les vingt années qui ont suivi l’indépendance). Elle connaît au cours des dernières années un ralentissement relativement important, malgré les migrations vers les centres agglomérés induites par les affrontements armés et les massacres de civils. Elle reste cependant du même ordre de grandeur que dans les décennies qui ont précédé l’indépendance de l’Algérie, marquées par un fort exode rural.

La croissance urbaine s’est accompagnée d’un processus d’agglomération des populations dans un pays où, on l’a vu, les 2/3 de la population était nomade et semi-nomade au milieu du XIXe siècle. Ainsi, entre 1966 et 1998, la population agglomérée est passée de 53 % (6,4 millions) à 81% de la population totale (23,6 millions). Et, si en 1966, 21 wilayas (départements) avaient moins de 50% de population agglomérée, en 1998, aucune n’en avait moins de 50% et, à la même date, 26 sur 48 ont plus de 80% de population agglomérée.

 
Les progrès de l’éducation et de la scolarisation

Recul de l’analphabétisme
Estimée à plus de 90% de la population des 10 ans et plus au moment des indépendances, la
proportion d’analphabètes a été ramenée à moins d’un tiers en Algérie et en Tunisie. Au
Maroc, elle est plus importante : plus d’un Marocain sur deux (âgé de plus de 9 ans) était encore analphabète en 1994.
Le recul de l’analphabétisme est donc principalement le résultat des progrès de la scolarisation des enfants d’âge scolaire. En Tunisie par exemple, l’analphabétisme des 10-29 ans est actuellement inférieur à 8%.

 
Démocratisation et féminisation du système scolaireLa scolarisation est donc considérée comme la vraie mesure du progrès de l’éducation. Les taux de scolarisation des enfants de 6 à 14 ans sont aujourd’hui proche des 90 % de cette classe d’âge en Algérie et en Tunisie et des trois quarts au Maroc, alors qu’ils n’en touchaient qu’à peu près 15% à la
veille des indépendances.
De plus, la scolarisation des filles se développe dans les trois pays, ses taux tendent à se rapprocher de ceux des garçons et elle est marquée par une réussite plus grande. Moins nombreuses dans le primaire, les filles sont depuis quelques années en plus grand nombre dans le secondaire (surtout en Algérie et en Tunisie) et autant que les garçons sinon plus dans le supérieur.

 


De même, l’évolution des proportions de personnes ayant un niveau d’instruction secondaire ou plus est liée à l’explosion générale des effectifs scolaires (8 millions d’enfants scolarisés tous cycles confondus en Algérie, 6 millions au Maroc et près de 3 millions en Tunisie). En effet, le différentiel éducatif entre générations est considérable dans les trois pays. Parmi les moins de 35 ans, la part des personnes n’ayant reçu aucune instruction ou une instruction faible est relativement faible, alors que chez les plus de 35 ans, l’analphabétisme ou un niveau d’instruction primaire sont prépondérants. Parmi la population âgée de dix ans et plus, la proportion de ceux ayant un niveau d’étude supérieur est passé de moins de 1% à plus de 5%.

 

 

Sources:
Encyclopédie Universalis
Zahia Ouadah-Bedidi et Kamel Kateb « L’actualité démographique du Maghreb », Enseigner la guerre d’Algérie et le Maghreb contemporain - actes de la DESCO Université d’été octobre 2001, p 74-98.

 

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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 21:30
Les Harkis : sept questions sur un abandon 

1) Qui étaient les harkis ?

Le terme harka (mot arabe signifiant "mouvement") désignait les unités supplétives formées à l’échelon des « quartiers », à partir de groupes civils d’autodéfense équipés d’armements défensifs, parfois promus « commandos de chasse ». Pour l’état-major de 1’armée française, tirant les leçons de la guerre d’Indochine, il s’agissait d’essayer de tenir le terrain en s’attirant le soutien et la collaboration des populations locales contre les entreprises de l’ Armée de libération nationale.
Outre les harkis, les forces supplétives engagées aux côtés des troupes française comprenaient des groupes de moghaznis (éléments de police), constitués à l’échelon des localités et placés sous les ordres des chefs des sections d’administration spécialisées (SAS), ainsi que des unités civiles chargées de protéger certains édifices et de veiller à l’ordre public, les « groupes mobiles de protection rurale » (GMPR), dénommés plus tard « groupes mobiles de sécurité » (GMS) et assimilés aux CRS.

2) Comment étaient-ils recrutés ?

L’affirmation selon laquelle tous les harkis furent « volontaires » appelle des nuances. Le général Maurice Faivre, ancien chef de harka, fait honnêtement la part des choses : « Si l’on excepte les fonctionnaires et les militaires appelés, qui avaient la possibilité de se soustraire à l’autorité française en rejoignant la rébellion ou un pays étranger, le choix des autres Algériens résultait d’un engagement volontaire dont les motivations étaient très diverses : pression des notables et de l’armée française, attachement à l’ordre, francophilie, sévices du FLN, rivalités tribales et volonté de vengeance, désoeuvrement et besoin alimentaire, option politique ou idéologique, contrainte policière et retournement d’opinion. Il y eut, en gros, deux modes de recrutement : collectif dans les villages en autodéfense, puis individuel à partir de déserteurs du FLN ou de prisonniers « convertis », ces deux dernières catégories étant très minoritaires (de 4 % à 5 %) par rapport à la masse des engagements collectifs. Toutes ces motivations doivent être replacées dans le contexte du rapport des forces : en 1955-1956, les succès de l’Armée de libération nationale favorisaient sa montée en puissance, alors que ses échecs de 1957-1960 produisirent une croissance des effectifs musulmans dans le camp français, en même temps que l’hésitation des populations à prendre parti pour le FLN. » (Hommes et migrations - septembre 1990)

3) Combien étaient-ils ?

L’effectif des harkas proprement dites était de 28 000 hommes quand, en décembre 1958, le général Challe, devenu commandant en chef des troupes françaises, obtint l’autorisation d’en doubler le nombre. Les forces de l’ordre françaises comprenaient alors, globalement, 88 000 supplétifs musulmans.
Trois ans et demi plus tard, lors de la proclamation du cessez-le-feu, un rapport transmis à I’ONU évaluait le nombre des musulmans pro-français menacés à 263 000 hommes, soit 20 000 militaires de carrière, 40 000 militaires du contingent, 58 000 harkis, 20 000 moghaznis, 15 000 membres des GMPR et GMS, 60 000 membres de groupes civils d’autodéfense, 50 000 élus, anciens combattants, fonctionnaires.

4) Quel sort les accords d’Evian leur ont-ils réservé ?

Les accords d’Evian sont signés le 18 mars 1962. De Gaulle ayant ordonné à ses mandataires de conclure la paix rapidement et à tout prix, la France reconnaît le FLN comme représentant exclusif de la population d’ Algérie. Le chapitre II des accords, consacré à la « protection des droits et libertés des citoyens algériens de statut civil de droit commun ». n’évoque pas les musulmans pro-français qui se retrouvent sans aucune protection. Les harkis deviennent les « oubliés » de 1’histoire.En fait, dès le mois de juillet 1961, l’accession de l’Algérie à l’indépendance ne faisant plus de doute depuis l’annonce du référendum d’autodétermination, l’armée française commence à licencier et à désarmer les harkis.

5) Combien ont trouvé refuge en France ?

Selon les statistiques officielles, le nombre total des rapatriés d’Algérie s’élevait, en septembre 1962, à 596 884 personnes, dont 21 000 musulmans et, parmi ces derniers, 12 500 harkis.Le 29 juin 1962, à l’Assemblée nationale, le ministre d’Etat chargé des affaires algériennes, Louis Joxe, confirma publiquement l’existence des directives gouvernementales tendant à limiter le rapatriement en France des harkis et de leurs familles, favorisé, clandestinement, par certains officiers et sous-officiers choqués par l’abandon des supplétifs. Le ministre des affaires algériennes assuma la responsabilité d’une note en date du 25 mai 1962, stipulant notamment : « Les supplétifs débarqués en métropole en dehors du plan général de rapatriement seront renvoyés en Algérie [...]. Il conviendra d’éviter de donner la moindre publicité à cette mesure [...]. Les promoteurs et les complices de rapatriements prématurés seront l’objet de sanctions appropriées. »

6) Combien ont été victimes de représailles ?

Les chiffres avancés sur les massacres dont furent victimes, en représailles, les harkis et autres supplétifs qui ne trouvèrent pas refuge en France varient, selon les sources, de 30 000 à 150 000. L’un des documents les plus cités est un rapport adressé par le sous-préfet d’Akbou au vice-président du Conseil d’Etat en mai 1964 et dont l’auteur, dépositaire de nombreux témoignages, évaluait le bilan de ces tueries entre 1 000 et 2 000 victimes par arrondissement entre mars et décembre 1962, soit environ 100 000 morts en neuf mois.
Il n’existe ni bilan officiel ni certitudes, sinon celle que les harkis et leurs familles, coupables de « trahison » aux yeux des autres Algériens, ont été victimes d’atrocités en tout genre, avant même la proclamation de l’indépendance et jusqu’en 1964, sans que les autorités françaises n’interviennent et sans que l’opinion publique nationale ou internationale ne s’en émeuve. En 1965, la Croix-Rouge recensait encore 13 500 anciens supplétifs incarcérés en Algérie.

7) Pourquoi subsiste-t-il aujourd’hui un « problème harki » ?

Pendant une dizaine d’années, à partir de l’indépendance de l’ Algérie, les gouvernements successifs ont paré au plus pressé : loger dans d’anciens camps militaires (Larzac, Bias, Bourg-Lastic, Rivesaltes, etc.) ceux des anciens harkis et de leurs familles qui avaient réussi à se réfugier en France ; les nourrir, les employer. Il s’agissait, ensuite, d’aider à leur insertion sociale. Tous les secrétaires d’Etat aux rapatriés ont multiplié 1es promesses en ce sens, mais les structures administratives particulières créées à cet effet ont, en réalité, constitué des écrans supplémentaires, qui ont maintenu jusqu’à aujourd’hui cette communauté hors du droit commun en développant chez elle un besoin d’assistance d’autant plus vif qu’il s’enracinait dans un douloureux besoin de reconnaissance.

 Alain Rollat, dossier paru dans Le Monde - Dossiers et Documents - octobre 1992.




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23 mars 2008 7 23 /03 /mars /2008 20:53
Sans-titre-copie-1.JPGPopulation en 2007: 33 millions d'habitants.

Taux annuel de croissance démographique: 1,22 % ( estimation 2005)

Espérance de vie:
Hommes: 71,45 ans (estimation 2005)
Femmes: 74,63 ans (estimation 2005)

Indice de fécondité

Année Indicateur fécondité Rang Changement Date de l'information
2003 2,55 105   2003 est.
2004 1,92 144 -24,71 % 2004 est.
2005 1,92 143 0,00 % 2005 est.
2006 1,89 147 -1,56 % 2006 est.
2007 1,86 149 -1,59 % 2007 est


Répartition par âge : 0-14 ans: 27,2 % ; 15-64 ans: 67,9 %; 65 ans et plus: 4,8 %

Taux d'urbanisation ( % de la population totale) : 61,5 % (estimation 2005)

Langues : la langue nationale est l'arabe ; statut de langue nationale pour le Tamazight depuis avril 2002.

Religion:
L'islam est religion officielle.
Minorités chrétiennes: catholiques, protestants.

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