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12 mai 2013 7 12 /05 /mai /2013 14:14

arton2199-76f8fTimothy Snyder et ses critiques

Terres de sang, le livre de Timothy Snyder récemment traduit en français, a suscité de nombreuses réactions de la part des historiens depuis sa publication en 2010. Jacques Sémelin propose un panorama des critiques qui lui ont été adressées et des débats soulevés par cet ouvrage.

Timothy Snyder, Terres de sang, L’Europe entre Hitler et Staline, traduit de l’anglais par Pierre-Emmanuel Dauzat, Paris, Gallimard, 2012, 710 p., 32 €

 http://www.laviedesidees.fr/Timothy-Snyder-et-ses-critiques.html

 

Une compréhension authentique du passé

Entretien avec Timothy D. Snyder

http://www.laviedesidees.fr/Une-comprehension-authentique-du.html

 

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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 17:30

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img_1204801988816.gifDossier pédagogique : La Première Guerre Mondiale

Au cours du premier conflit mondial, d’août 1914 à novembre 1918, 8 millions de soldats français ont combattu. La guerre a constitué pour eux un véritable traumatisme, une perte de repères. La confrontation à la violence, à la mort et à la souffrance était quotidienne même si les temps de combat alternaient avec des périodes de repos voire d’ennui. La vie collective et l’éloignement des proches ont favorisé la solidarité mais ont réduit les moments d’intimité. Toutefois, les combattants qu’ils aient accepté ou subi la continuation de la guerre pendant plus de quatre ans ont « tenu ». Cette ténacité qui peut sembler admirable ou inconcevable reste un sujet de débat entre historiens.

Conçu dans la foulée du programme de numérisation de documents originaux datant de la Première Guerre mondiale mené par la BDIC, ce dossier pédagogique s’adresse avant tout  aux enseignants du secondaire et à leurs élèves.
Il aborde la vie quotidienne des soldats français sur le front de l’ouest à partir d’une sélection de peintures et de dessins réalisés par des artistes mobilisés, complétés d’autres sources d’information, journaux de tranchées, lettres et carnets de soldats, fonds d’archives.  L’ensemble de ces documents est conservé à la BDIC-MHC, qui possède sur ce sujet des collections d’une richesse et d’une variété exceptionnelles.

 

 

Capture04.jpg« Les carnets de Laurent Pensa,
Musicien brancardier au 31e  R.I. (1914-1918) »

À l’instar de milliers d’hommes, Laurent Pensa a été conscrit en 1914 et a souhaité garder la trace de son expérience qu’il relatait quotidiennement dans ses carnets de notes écrites et les centaines de photographies qu’il prenait.Son témoignage exprime ce que de nombreux soldats de la Première Guerre mondiale ont vécu.
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28 octobre 2012 7 28 /10 /octobre /2012 17:25

La Première Guerre mondiale pose une redoutable question aux historiens: comment expliquer que les soldats aient "tenu" dans des conditions de vie et de combat effroyabales ? De même, commet expliquer que les civils, à l'arrière, aient également supporté un quotidien fait de privations, de deuils et d'inquiètudes et de propagande ?
Comment ces populations ont-il pu supporter les horreurs de la guerre ?
L'historien Rémy Cazals utilise la notion de consentement pour expliquer cette attitude. Elle revêt deux significations : elle peut être « adhésion consciente après un véritable choix » ou « acception, soumission ».  La France connaît certes des scènes d'exaltation patriotique mais beaucoup de Français ont été surpris par l'entrée en guerre de la France et s'y sont résignés.


Les soldats: l'enfer des tranchées

Il existe de très nombreux sites (scolaires, institutionnels, associatifs ou personnels) qui présentent des témoignages de soldats.

Comprendre la guerre des tranchées

 

Un site animé sur Verdun.

Un
dossier sur Verdun.

Des photos et notes de guerre de soldats.

La guerre de 14-18 racontée en photos (LEMONDE.FR | 31.10.08)

 

On peut regarder sur Dailymotion le témoignange de Lazare Ponticcelli.  En 2005, lorsque l'interview est réalisée, Lazare Ponticelli est le dernier poilu vivant. Il raconte   sa sale guerre à la journaliste Johanna Sabroux pour Libération. Ce témoignage est sous-titré pour plus de clarté et mis en images avec le concours du service documentaire des armées.


lazare ponticelli : le dernier poilu 1
envoyé par dictys

lazare ponticelli : le dernier poilu 3
envoyé par dictys

 


La représentation de la guerre

La
Grande Guerre en dessin.

 

La représentation du soldat pendant la Grande Guerre, une exposition proposée par l'Historial de Grande Guerre de Péronne.  Cette exposition nos permet de réfléchir sur les différentes représentations du soldat, porteur de valeurs culturelles et nationales, engagé dans une guerre de civilisation.

 

La Grande Guerre au cinéma, un dossier proposé par le site Ecran noir.




Une guerre totale : le sort des civils


À la fin du XIXe et au début du XXe siècle des règles avaient été édictées pour, en principe, protéger les populations non-combattantes durant les conflits. Si les civils ne sont pas au cœur même des combats de la Grande Guerre, ils sont affectés de bien des manières par la violence de guerre : l'invasion, les bombardements, les souffrances affectives, sont trois épreuves parmi tant d'autres

La Première Guerre mondiale est le première véritable "guerre totale". L'effort de guerre atteint des dimensions inédites. Les civils ne sont pas extérieurs au conflit. Les limites entre soldats et civils sont de plus en plus ténues. Chaque pays mobilise toutes ses ressources économiques, humaines ou financières pour obtenir la victoire.


Une page synthètique sur le site de la Documentation française



L'économie de guerre

La Première Guerre économique a une dimension économique fondamentale. La mobilisation de la main-d'oeuvre féminine etcoloniale, l'essor des industries d'armement, les emprunts destinés à financer la guerre et le rationnement  sont autant d'aspects qui marquent la vie des populations.

Les enfants dans la guerre

Une exposition proposée par l'Historial de Grande Guerre de Péronne: Les enfants dans la Grande Guerre, Cette exposition rappelle que les enfants sont à la fois victimes, acteurs, témoins de la Grande Guerre. Ils constituent aussi une cible privilégiée de la propagande. C'est enfin pour eux que l'on se bat, pour leur éviter de connaître à leur tour les horreurs de la guerre, pour faire en sorte que cette guerre soit la « der des der ».

Les colonies dans la guerre

La France utilise son Empire colonial comme réservoirs d'hommes pour l'armée et pour les usines. Le thème de la "force noire" devient récurrent dans la propagande qui cèlèbre la participationd es colonies à l'effort de guerre.


Les femmes dans la guerre

 

La Grande Guerre a-t-elle fait progresser l'émancipation des femmes ?

La mémoire collective, qui évoque la figure de la Garçonne ou le travail féminin, retient volontiers l'idée d'une Grande Guerre émancipatrice pour les femmes.
Mais la question de l'impact des guerres sur les rapports entre les sexes et la place des femmes dans les sociétés a fait couler beaucoup d'encre et le débat n'est pas clos.


La Femme et la Première Guerre mondiale. Son rôle, les conséquences.

Un dossier complet intitulé « Les femmes et la 1ère guerre mondiale »

 
Propagande et censure.

La correspondance d'une marraine de guerre.

 

Le génocide arménien (1915).



Un bilan particulièrement lourd


Le monde, et surtout l'Europe, sortent profondément transformés de la Première Guerre mondiale. 

Mobilisés, tués et blessés de la Grande Guerre


Les conséquences démographiques de la guerre

Les sociétés belligérantes ont été confrontées à la mort de masse, d'autant plus insupportable qu'elle inverse l'ordre normal des générations. Les soldats, jeunes adultes, meurent avant leurs parents. Ils n'ont pas eu ou n'auront plus d'enfants. Conséquence, des générations manquent à l'appel : on le constate sur les pyramides des âges du milieu des années trente. La guerre a provoqué une chute brutale de la natalité (les « classes creuses »). Si une remontée semble s'amorcer vers 1920, en France et dans les autres pays européens, elle est de courte durée et suivie d'une nouvelle chute. Dans les campagnes la disparition de milliers de jeunes paysans accélère le vieillissement du monde rural. Le déficit démographique entraîne un appel à la main d'œuvre étrangère

 






Mémoire de la guerre

Les monuments aux morts: une expression populaire du deuil

C'est juste au sortir du conflit que sont érigés partout en France des monuments aux morts de la Grande Guerre.

 


Veuves et orphelins de la Première Guerre mondiale
Avec la mort de plus d'un million de soldats français, la Première Guerre mondiale plonge près de 600 000 veuves de guerre et 986 000 orphelins dans la détresse. Les conditions difficiles dans lesquelles vivent nombre de veuves de poilus, qui ne peuvent plus subvenir correctement à l'éducation de leurs enfants, incitent l'État à prendre des mesures pour leur assurer les ressources nécessaires. 

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 17:02

51286AZVR5L. SL500 AA300L’historien britannique Eric Hobsbawm est mort Mis à jour le 01/10/2012

L’historien britannique Eric John Hobsbawm vient de mourir à l’âge de 95 ans. Penseur iconoclaste et engagé, il laisse une œuvre considérable qui continue d’influencer plusieurs générations d’historiens et politistes.

Historien atypique, grand spécialiste du 19ème siècle, Eric Hobsbawm est né en 1917 à Alexandrie d'un père britannique et d'une mère autrichienne. Adolescent à Vienne et à Berlin au moment du basculement dans le nazisme, étudiant très politisé à Cambridge à la fin des années 1930, il va rapidement devenir l'une des figures de proue des intellectuels communistes anglais, un mouvement très différent des autres partis communistes européens largement alignés sur Moscou.

Ainsi, en 1939, avec le Cercle de Cambridge (ce rassemblement d'intellectuels et de scientifiques dont plusieurs obtiendront par la suite le prix Nobel), E.J. Hobsbawm refuse de suivre Staline qui considère la guerre qui commence comme un conflit impérialiste et qui demande de condamner aussi bien le fascisme que le capitalisme.

Cofondateur en 1952 de la revue Past and Present  - proche des Annales en France -, il choisit de mettre en dédicace un texte d'Ibn Khaldoun définissant l'histoire comme la science qui s'occupe de la façon dont les hommes construisent leurs structures politiques.

« Long XIXème », « court XXème siècle»

C’est à partir de cette période que commence une carrière très féconde où E.J. Hobsbawm étudiera, de façon très novatrice, les mouvements de briseurs de machines au début de la Révolution industrielle, le banditisme social, « le long XIXe siècle » (1789-1914) et « le court XXe siècle » (1914-1991), l'invention des Etats-nations et des identités nationales... Avec L'Ere des révolutions (1778-1848), L'Ere du capital (1848-1875) et L'Ere des empires (1875-1914), il s’attache notamment à décrire l'évolution du capitalisme dans les sociétés modernes et industrielles.

En 1994, il publie le dernier volet de cette longue saga, L'Age des extrêmes. Histoire du court XXe siècle (1914-1991). Pour lui, ce court XXème siècle se divise en trois phases : un « âge des catastrophes » entre 1914 et 1945 ; un « âge d'or » (1945-1970) pendant lequel les sociétés connaissent de formidables transformations ; enfin, une période de crise générale dont le fait le plus marquant est l'effondrement des régimes communistes et le démantèlement de l'URSS.

Une contribution majeure à l’Histoire

L'originalité de cet auteur tient à sa réflexion à la fois globale et nuancée, qui embrasse toutes les dimensions des sociétés, économiques, politiques, sociales et aussi culturelles. Son œuvre est considérée partout dans le monde comme une contribution de poids à l'histoire contemporaine.

Engagé, Eric Hobsbawm est aussi un ancien militant communiste qui a toujours refusé de renier en bloc les objectifs socialistes selon lesquels « une société doit œuvrer à réduire les inégalités et agir dans l'intérêt de tous ». Dans son analyse du XXe siècle, s'il parle du marxisme-léninisme comme d'une « orthodoxie dogmatique ayant eu un coût humain énorme et insupportable», il montre aussi le rôle important qu'a joué l'URSS dans la victoire contre le nazisme, l'émancipation des pays colonisés ou encore la capacité du monde capitaliste à s'autoréformer par des mesures sociales et certaines formes de planification.

Eric Howsbawm est mort le 1er octobre 2012 à Londres des suites d’une pneumonie, à l’âge de 95 ans.

http://www.scienceshumaines.com/l-historien-britannique-eric-hobsbawm-est-mort_fr_29527.html

 

 


En quelques dates

 

9 juin 1917 : Naissance à Alexandrie (sultanat d'Egypte)

 

1936 : Adhésion au Parti communiste de Grande-Bretagne

1962-1987 : Trilogie sur l'établissement du capitalisme industriel : L'Ere des révolutions ; L'Ere du capital ; L'Ere des empires

 

 1994 : L'Age des extrêmes

 

 2002 : Franc-tireur. Autobiographie

 1er octobre 2012 : Mort à Londres

 

 

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15 juin 2010 2 15 /06 /juin /2010 16:57

Il y a 70 ans, partait le premier convoi pour Auschwitz

LEMONDE.FR | 14.06.10 | 16h17  •  Mis à jour le 14.06.10 | 16h32


3031520,property=bigFormatData,v=1,CmPart=com.arte-tv.wwwLe 14 juin 1940, un train  s'acheminait lentement vers une ancienne caserne du sud de la Pologne occupée. A son bord, 728 prisonniers politiques polonais entassées par une chaleur étouffante dans des wagons aux fenêtres fermées. Venant de la prison de Tarnow, les prisonniers les plus âgés reconnaîtront une pancarte, sur le chemin, portant en lettres gothiques le nom allemand de la ville d'Oswiecim : Auschwitz.

Leur convoi fut le premier d'une longue série de trains pour Auschwitz où furent exterminées 1,1 million de personnes, dont un million de juifs. Soixante-dix ans après, lundi 14 juin, à l'initiative de l'Association des familles d'Auschwitz, un train a symboliquement parcouru ces quelque 140 kilomètres.

Avant le départ, un petit monument portant les 728 noms et un triangle rouge – couleur des prisonniers politiques –, marqué de la lettre P pour Polonais, a été dévoilé sur le quai de la gare de Tarnow. Un hommage doit être rendu à "toutes les victimes des camps allemands nazis", à l'arrivée dans le camp d'Auschwitz, initialement créé pour détruire la résistance polonaise et les élites du pays, étendu ensuite par l'Allemagne nazie en camp de la mort pour les juifs d'Europe et devenu symbole de l'Holocauste.

 

 

"AUCUN DE NOUS NE SAVAIT CE QU'ÉTAIT UN CAMP DE CONCENTRATION"

Kazimierz Zajac, 86 ans, a refait le voyage. "On nous a dit qu'on nous emmenait dans un camp de concentration mais aucun de nous ne savait encore ce qu'était un camp de concentration", a-t-il raconté dans le train. Sur son bras est resté tatoué le numéro 261, et il a précieusement gardé le triangle rouge cousu à l'époque sur son uniforme de prisonnier.

Les numéros d'immatriculation de ces Polonais allaient de 31 à 758, car 30 détenus de droit commun allemand étaient déjà enfermés à Auschwitz. Ils deviendront les "kapos" – surveillants – du camp. A leur arrivée, les prisonniers, dont un petit nombre étaient juifs, furent battus et placés en rangs. "'Les juifs ne vivront pas plus d'un mois, les prêtres trois mois et pour les autres, la seule sortie possible sera la cheminée du four crématoire', nous a dit le SS Friesch", a raconté M. Zajac, resté dans le camp jusqu'au 19 décembre 1944.

Comme en 1940, le convoi a marqué l'arrêt en gare de Cracovie. Là, les prisonniers, dont beaucoup avaient tenté de rejoindre l'armée polonaise en France via la Slovaquie et la Hongrie, avaient appris l'entrée ce même jour des troupes allemandes dans Paris. "C'est comme si le sol s'était dérobé sous nos pieds. Nous avions eu pour but la France, l'armée polonaise, et voilà que Paris était occupé et que la France se rendait", a raconté Kazimierz Albin, qui avait 17 ans à l'époque.

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"TOUTE DÉSOBÉISSANCE SERA PUNIE DE LA PEINE DE MORT"

A leur arrivée au camp, a raconté M. Albin, on leur a dit qu'ils étaient "dans un camp allemand de concentration en tant qu'ennemis du peuple allemand. Toute désobéissance et tentative d'évasion est punie de la peine de mort". Dès le lendemain et pendant une période de quarantaine, ils seront frappés, torturés, soumis à des exercices physiques insoutenables, et seront ensuite employés à l'extension du camp.

Au moins 227 d'entre eux sont morts à Auschwitz et 300 ont survécu à la guerre. D'autres convois ont suivi et, jusqu'au printemps 1942, Auschwitz fut occupé en majorité par des prisonniers polonais non juifs. Kazimierz Albin, qui a réussi à s'évader en février 1943, sera témoin en 1942 de l'arrivée massive de juifs de toute l'Europe et de la création d'Auschwitz-II, ou Birkenau, lieu d'extermination des juifs : hommes, femmes, enfants, vieillards.

En septembre 1940 arrivera un prisonnier particulier, le résistant polonais Witold Pilecki, qui s'est fait interner volontairement afin de constituer un réseau de résistants à l'intérieur du camp, et a informé le monde de ce qui s'y passait pendant deux ans et demi.

 

DES CONVOIS DE "FAMILLES SUR TROIS GÉNÉRATIONS"

M. Albin se souvient encore de ces convois de "familles sur trois générations" et des détails de l'extermination dans les chambres à gaz entendus dans les conversations des kapos avinés. Un million de juifs ont trouvé la mort à Auschwitz-Birkenau, ainsi qu'entre 70 000 et 75 000 Polonais non juifs, 21 000 Tziganes, 15 000 prisonniers de guerre soviétiques et 10 000 à 15 000 autres prisonniers, dont des résistants, selon les données du musée du camp.

 

Le Monde.fr, avec AFP

 

 

Liens à consulter:

 

 Les déportés de la Seconde Guerre mondiale

Qui étaient-ils, combien étaient-ils ?

 

Photos historiques

Il n'y a pas que la SNCF qui participa - avec les allemands - activement à la déportation des juifs.

 

Les déportations vers les camps d'extermination

 

Les camps d'extermination

 

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12 décembre 2009 6 12 /12 /décembre /2009 14:51

Bastien Hugues (lefigaro.fr)
11/12/2009 | Mise à jour : 17:46  


EN IMAGES - Trois clichés authentiques, pris clandestinement par un sous-officier allemand, ont été rendus publics cette semaine. Des images uniques prises au Mont Valérien, le 21 février 1944.

 

Ils sont là. Cloarec, Alfonso, Ramjan, Salvadori et les autres. Mains attachées aux poteaux, yeux bandés, au pied d'une falaise boisée, face à leurs bourreaux. Ils viennent d'être exécutés ou vont l'être d'un instant à l'autre.

Clemens Rüther, lui, est un sous-officier de la Wehrmacht. Ce jour-là, le 21 février 1944, il les a convoyés ici, au Mont Valérien, devant le peloton d'exécution. Puis s'est reculé en surplomb de la clairière. Pour veiller à la sécurité du site, ou pour se cacher. Seule l'histoire le sait. Une chose est sûre : clandestinement, il a décidé de fixer son objectif vers les condamnés. Des patriotes - la plupart étrangers - du célèbre réseau de Missak Manouchian, l'une des composantes des Francs-tireurs et partisans de la Main-d'oeuvre immigrée (FTP-MOI), d'obédience communiste.

Ses photographies, Rüther les garde pour lui et pour lui seul jusqu'en 1985, avant de les transmettre au comité allemand Franz Stock, du nom de l'aumônier militaire présent au côté des condamnés. En 2003, les images sont transmises à l'Etablissement photographiques des archives de la défense (Ecpad), où personne ne semble réaliser immédiatement la valeur de ces documents. Mais il y a quelques mois, Serge Klarsfeld, fondateur de l'association des fils et filles des déportés juifs de France, apprend leur existence, dans le cadre de ses recherches sur l'identification des quelque 1.000 fusillés du Mont Valérien entre 1941 et 1944.

Des photographies rendues publiques cette semaine par Serge Klarsfeld, avant la célébration dimanche du 68e anniversaire de la première exécution massive au Mont-Valérien, le 15 décembre 1941, au cours de laquelle furent fusillés 70 résistants ou opposants à l'occupant allemand, dont 52 juifs








Société 11/12/2009 à 00h00

Mont Valérien, 21 février 1944

Les derniers instants du groupe Manouchian, saisis clandestinement par un sous-officier allemand et dévoilés mercredi par Serge Klarsfeld, sont les premières images d’une exécution collective sur le site du fort.

Par THOMAS HOFNUNG

 

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Celestino Alfonso, Wolf Josef Boczor, Emeric Glasz et Marcel Rajman, face au peloton d'exécution le 21 février 1944. (Photo prise par Clemens Rüther) (AFP)

 

Pendant quarante ans, il a gardé précieusement les négatifs par devers lui sans en parler à personne. Ce n’est qu’en 1985, quelques mois avant sa mort, que Clemens Rüther s’est confié à un ami lors d’un pèlerinage à Rome : le 21 février 1944, ce sous-officier de l’armée allemande, catholique et résolument antinazi, avait pris à la dérobée des photos d’une exécution collective sur le mont Valérien, sur les hauteurs de Paris. Pas n’importe laquelle : celle du groupe Manouchian, les résistants - en majorité étrangers - qui figuraient sur la célèbre affiche rouge placardée sur les murs de la capitale.

Ce sont ces trois photos, prises avec un Minox, que l’avocat Serge Klarsfeld, le fondateur de l’association des fils et filles des déportés juifs de France, a dévoilé mercredi à Paris. Des photos totalement inédites : jusqu’à ce jour, il n’existait aucune image d’exécutions collectives au mont Valérien. C’est ici que 1 007 personnes, dont 174 juifs, ont été fusillées par les nazis. Soit vraisemblablement le quart du total des exécutions en France durant la Seconde Guerre mondiale.

Pour parvenir jusqu’au bureau de Serge Klarsfeld, qui depuis des années mène un travail d’identification de tous les fusillés au mont Valérien, le cheminement a été long. Sur les conseils de son ami, Clemens Rüther décide de confier ses négatifs au comité allemand Franz Stock, du nom d’un aumônier qui officia un temps au mont Valérien. En 2003, celui-ci transmet trois photos à l’Etablissement photographique des archives de la défense (ECPAD), installé au Fort d’Ivry (Val-de-Marne). Là, on semble ne pas avoir perçu la portée de ces documents, qualifiées de «reconstitutions». Informé récemment de leur existence, Klarsfeld, par recoupements, est parvenu à les authentifier. Il a établi que ces hommes qui font face au peloton d’exécution, les yeux bandés, sont bien des membres du réseau de Missak Manouchian.

L’avocat, qui effectue un travail de mémoire titanesque sur les victimes de la Shoah, avait déjà mis la main par le passé sur des documents exceptionnels : des photos du camp d’extermination d’Auschwitz prises par des SS, le seul cliché connu du Vél d’Hiv sous l’Occupation. Il a décidé de dévoiler ces images quelques jours avant le rassemblement annuel en mémoire des fusillés du mont Valérien organisé ce dimanche, jour anniversaire de la première exécution collective, le 15 décembre 1941, dans laquelle périt le communiste Gabriel Péri.

Il tire aussi de l’anonymat ce sous-officier allemand qui, à ses risques et périls, prit ces photos. On sait peu de choses sur Clemens Rüther, si ce n’est qu’il devint après-guerre directeur de banque. Affecté en 1944 au fort de Nogent-sur-Marne, il était chargé de la sécurité du tribunal militaire allemand et surveilla le procès du groupe Manouchian. Le 21 février, il convoya les condamnés à mort jusqu’au mont Valérien. Et décida de fixer sur la pellicule leur exécution. Comme un acte de résistance silencieux.


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6 juin 2009 6 06 /06 /juin /2009 17:12

A l'occasion du 65e anniversaire du débarquement allié sur les plages de Normandie, le président américain est en visite officielle en France, voici quelques pistes pour comprendre comment est analysé aujourd'hui cette épisode mhytique de la Seconde Guerre mondiale.


Mise en perspective:
Chemins de la mémoire

Le déroulement de l'opération "Overlord"

- Hachette Multimédia: présentation rapide du débarquement en Normandie

  Les Alliés débarquent en Europe
 Une genèse longue et difficile
 Trois atouts pour chacun

- Sur un site consacré au 6 juin 1944, l'opération détaillée (cartes, photographies, témoignages)
6 juin 1944 - Débarquement de Normandie - Jour J

La Bataille de Normandie. Jour J à Jour J + 84 : du 6 juin au 29 août 1944

 

 

- Extraits de films:

  Images du débarquement (History channel)

  Images du débarquement (ITN)



- L'analyse d'un historien: Olivier Wieviorka : "Le débarquement est aujourd'hui présenté sous un jour moins triomphaliste", LEMONDE.FR | 05.06.09 | 09h22.


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22 janvier 2009 4 22 /01 /janvier /2009 18:20

La guerre a été déchaînée par l'Allemagne malgré les efforts de la France, de la Russie et de l'Angleterre pour maintenir la paix. A l'appel de la Patrie, vos frères, vos fils et vos maris se sont levés et demain ils auront relevé le défi. Le départ pour l'armée de tous ceux qui peuvent porter des armes laisse les travaux des champs interrompus. La moisson est inachevée, le temps des vendanges est proche. Au nom du gouvernement de la République, au nom de la Nation tout entière groupée derrière lui je fais appel à vos vaillances, à celles des enfants que leur âge seul et non leur courage dérobe au combat. Je vous demande de maintenir l'activité des campagnes, de terminer les récoltes de l'année et de préparer celle de l'année prochaine. Vous ne pouvez pas rendre à la Patrie un plus grand service. Ce n'est pas pour vous, c'est pour Elle que je m'adresse à votre cœur. Il faut sauvegarder votre subsistance, l'approvisionnement des populations urbaines et surtout l'approvisionnement de ceux qui défendent à la frontière, avec l'indépendance du pays, la Civilisation et le Droit.

Debout donc femmes françaises, jeunes filles et fils de la Patrie ! Remplacez sur le champ du travail ceux qui sont sur le champ de bataille. Préparez-vous à leur montrer demain la terre cultivée, les récoltes rentrées, les champs ensemencés ! Il n'y a pas dans ces heures graves de labeur infime, tout est grand qui sert le pays. Debout, à l'action, au labeur ! Il y aura demain de la gloire pour tout le monde.

Vive la République! Vive la France !

Pour le Gouvernement de la République : le Président du Conseil des Ministres René Viviani

2 août 1914

 



Ce document imprimé est un placard affiché dans les lieux publics [moyen encore largement utilisé en raison de l'inexistence d'autres moyens de communication]

Il s'agit d'un  discours officiel prononcé dès la mobilisation par le président du Conseil René Viviani (1863/1925) socialiste indépendant devenu président du Conseil en juin 14. dans un contexte d' « union sacrée », alors que la guerre vient d'éclater, cet appel patriotique  s'adresse à ceux qui formeront bientôt l' »arrière ».


 
Un appel patriotique

En quelques phrases Viviani résume à la fois les buts de guerre de la France et l'état d'esprit de l' « union sacrée ». Viviani met en avant la notion de guerre défensive : c'est l'Allemagne qui est présentée comme l'agresseur, la France devant se résoudre à défendre les grands principes. Cette guerre subie est menée au nom de « la Civilisation et le Droit » contre l'arbitraire despotique régnant en Allemagne. La force du sentiment patriotique et des valeurs qui le fonde explique l' « Union Sacrée », l'alliance de tous les partis politiques pour défendre la Patrie, qui s'impose alors.


 

Préparer un après-guerre très proche

Ce discours témoigne de l'idée dominante en août 19414 d'une guerre courte. Les autorités civiles et militaires françaises n'ont ainsi prévu aucun plan de ravitaillement ou de production de guerre. De manière très significative, Viviani s'adresse uniquement aux populations rurales. Le monde urbain et industriel est totalement éludé. Dans un payas encore très rural, la mobilisation intervient   en pleine période des grands travaux agricoles. Il faut donc que la main-d'œuvre masculine soit provisoirement remplacée par les femmes et les enfants. Mais en courte 14, on pense que cette situation sera de courte durée.

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8 septembre 2008 1 08 /09 /septembre /2008 22:39

La médiathèque de l'Etablissement de communication et de production audiovisuelle de la défense (ECPAD) propose sur son site une série de films et de photographies de la Première Guerre mondiale.

Douze films à visionner
Ces films sont tous extraits du fonds cinématographique " 14.18 " ; ce sont des films montés, non des rushes (épreuves de tournage), témoignant d'une volonté de " médiatiser " la guerre pour informer et proposer une représentation visuelle du conflit.

Ces oeuvres cinématographiques ont toutes été tournées, montées, conçues et diffusées sous le contrôle étroit des autorités militaires, dès la source : la Section Cinématographique des Armées (SCA), créée en 1915. Les maisons de production cinématographique Gaumont, Pathé, Eclair et Eclipse (ces deux dernières disparues depuis) assuraient ensuite les projections publiques des films.

Les opérateurs de la SCA, des professionnels mobilisés, furent envoyés sur le front français - comme leurs homologues britanniques - et sur le front d'Orient, souvent moins connu, et rapportèrent des images des opérations militaires, de la vie quotidienne des soldats et de l'organisation des unités. Les productions cinématographiques évoquèrent également la vie à l'arrière et dans les colonies et s'attachèrent à montrer l'effort de guerre et les conséquences du conflit (les prisonniers, les blessés, les destructions, les manifestations à la fin de la guerre). A partir de 1917 fut créée la série " les Annales de la guerre ", composée de films d'actualités traitant plusieurs courts sujets ; la production cinématographique témoigne à cette date d'un plus grand réalisme.

Trois films méritent d'être vus car ils illustrent des aspects importants du programme:
- Le retour à la terre des mutilés;
- La femme française pendant la guerre;
- L'aide des colonies à la France.


De nombreuses photographies
La collection sur la première guerre mondiale regroupe l'ensemble des clichés pris par les photographes de la Section Photographique des Armées (SPA), de 1915, date de sa création, à 1919, date de sa suppression. Le Grand Quartier Général en avait fixé les objectifs dès mai 1915 : " prendre tous clichés intéressants : au point de vue historique (destructions, ruines...), au point de vue de la propagande par l'image à l'étranger, au point de vue des opérations militaires, par la constitution d'archives documentaires. "
Au total, 120 000 clichés environ ont été réalisés, sur plaques de verre de tous formats, notamment en relief et panoramique.

On trouve d'abord dans ce fonds les images directement liées à la guerre : le front (front ouest et front d'Orient), les poilus, l'entraînement, le service de santé, les prisonniers etc. Mais on y trouve également nombre de vues d'oeuvres d'art, de monuments, de musées etc., photographiés avant ou après destruction ; on y trouve encore l'effort économique de l'arrière, en métropole comme dans les colonies : les usines, le rationnement, les femmes au travail, la production agricole... ; on y trouve enfin des clichés sur la vie politique et diplomatique : les visites officielles de chefs d'État ou de délégations étrangères, le traité de Versailles, etc.
Ces différentes facettes trouvent leur explication dans l'organisation de la SPA, qui était une création conjointe des ministères de la Guerre, de l'Instruction publique et des Beaux-Arts et des Affaires Étrangères.

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