Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
22 septembre 2011 4 22 /09 /septembre /2011 21:07

Démographie: plus de travail, plus d’enfants

22 septembre 2011 | Par La rédaction de Mediapart - Mediapart.fr
Repost 0
5 juillet 2011 2 05 /07 /juillet /2011 22:50

Visions-cartographiques.jpgmardi 5 juillet 2011, par Jim Cohen et Philip S. Golub

 

Alors qu’en 1970, la population « blanche non-hispanique » (BNH) [1] représentait 83,4 % de la population des Etats-Unis, désormais, plus d’un tiers de la population (36,3%) provient de minorités visibles issues d’Amérique latine, d’Asie et d’Afrique, un taux qui devrait atteindre 50 % d’ici 2050. Selon les prévisions du bureau statistique américain (Census Bureau), deux cents millions d’Américains proviendront alors de zone autres que l’Europe. Au milieu du siècle, les Hispaniques-Américains devraient représenter 25% de la population ; les Africains-Américains 16 %, et les habitants venus d’Asie et du Pacifique 10 % [2].

Ce « changement gigantesque » dans la composition de la population nationale, d’après l’expression du Census Bureau, est impulsé par l’immigration de masse et la croissance démographique naturelle de ces minorités. Les taux de croissance élevés des Hispaniques et des Asiatiques en particulier (respectivement 3,2 % et 2,7 %) contrastent avec les taux très faibles de reproduction de la blanche non-hispanique (0,2 %) dans la période récente.

us2

Projections des changements dans la composition de la population des Etats-Unis

Toutes les figures sont de Philippe Rekacewicz.

 

Ainsi, la population BNH est vieillissante, tandis que les minorités hispaniques, asiatiques et africaines comptent pour près de la moitié de la population jeune en dessous de 18 ans. 47 % des enfants de moins de 5 ans, et 44 % de jeunes de moins de 18 ans provenaient de ces minorités en 2008, la moitié étant d’origine latino américaine. Selon le Census Bureau, la population blanche non-hispanique va contribuer « de façon quasiment nulle à la croissance démographique dans les décennies à venir ».

Le basculement attendu pour 2050 est déjà préfiguré dans les Etats les plus peuplés du pays — en Californie, au Texas et à New York où la population issue des minorités a connu une croissance dynamique. En Californie, la part de la population blanche non-hispanique est tombée à 40,1% en 2010, alors que les populations d’origine hispanique et asiatique ont vu leur part atteindre 37,6% et 12,8% respectivement. Au Texas, les Hispaniques représentent également 37,6% de la population, tandis que les Blancs non-hispaniques comptent aujourd’hui pour moins de la moitié de la population (45,3%). Quoique ces derniers représentent toujours une majorité absolue dans l’Etat de New York (57%), ils se retrouvent minoritaires dans la zone métropolitaine de la ville de New York (49,6 % contre 54,3 pour cent en 2000) [3].

 

us1

Cent ans d’évolution de la population américaine

Figure publiée dans L’Atlas du Monde diplomatique 2003 et complétée manuellement en 2011 avec les estimations du Bureau du recensement des Etats-Unis.


Cette évolution a des implications sociologiques importantes (lire Jean-François Boyer, « Etats-Unis, version “Latinos” », Le Monde diplomatique, décembre 2005). Pendant des siècles, les Etats-Unis ont été une société néo-européenne, avec une culture dominante – certes jamais entièrement homogène – issue de la matrice culturelle européenne. Les flux migratoires provenant d’Europe au XIXe siècle et au début du XXe ont engendré une plus grande diversité religieuse, mais pas ethnique. Désormais, les Etats-Unis sont en train de devenir une société post-européenne, une mosaïque multiethnique et multiculturelle, reproduisant en son sein la diversité du monde. Les pluralistes culturels y voient une mutation positive : à leurs yeux, les Etats-Unis devraient devenir un espace social plus cosmopolite dans lequel l’identité collective est définie par la citoyenneté et des valeurs politiques partagées plutôt que par l’imposition d’une culture dominante. Comme l’écrit K. Anthony Appiah, l’érosion de la « tradition chrétienne anglo-saxonne » implique que les Etats-Unis devront reconnaître leur « diversité de cultures et de sous-cultures » et apprendre à « faire avec la diversité autrement qu’en imposant les valeurs et les idées de la tradition culturelle anglo-saxonne auparavant dominante [4] ».

 

blancs

Distribution géographique de la population blanche

Figure publiée dans L’Atlas du Monde diplomatique 2003 sur la base du recensement de 2000.

 

noirs

Distribution géographique de la population noire

Figure publiée dans L’Atlas du Monde diplomatique 2003 sur la base du recensement de 2000.

 

hispaniques

Distribution géographique de la population d’origine hispanique

Figure publiée dans L’Atlas du Monde diplomatique 2003 sur la base du recensement de 2000.


Pour les nationalistes culturels, en revanche, l’évolution démographique en cours représente une menace. L’immigration de masse provenant de sociétés extra-européennes a donné lieu à une réaction xénophobe toxique. Tout comme les mouvements « nativistes » du milieu du XIXe siècle et du début du XXe, une opposition organisée à l’immigration hispanique a vu le jour dans les années 1970 et est devenue une force significative dans la vie politique américaine, avec un pouvoir de veto au Congrès. Des lois successives destinées à régulariser onze à douze millions d’immigrés sans papiers, essentiellement latino-américains, n’ont pas réussi à obtenir une majorité, alors même qu’elles comportaient des dispositions chaque fois plus punitives. Le contrôle des immigrés est devenu de plus en plus militarisé, notamment à la frontière avec le Mexique. Près de 400 000 personnes ont été expulsées en 2010. Bref, on a vu se développer une forte résistance à l’attribution des droits de citoyenneté pleine et entière.

En 2004, Samuel Huntington a proposé une lecture pseudo-scientifique étayant ce refus de partager la richesse et le pouvoir politique. Dans une attaque virulente contre le multiculturalisme en général, et contre l’immigration hispanique en particulier, il soutenait que la culture « fondatrice » du pays était assiégée « par la popularité de la doctrine du multiculturalisme et de la diversité dans les cercles politiques et intellectuels ; par la montée des identités de groupe fondées sur la race, l’ethnicité et le genre plutôt que sur l’identité nationale ; par l’impact des diasporas culturelles transnationales ; par le nombre croissant d’immigrés à double nationalité et double loyauté ; et par l’influence croissante d’identités cosmopolites et transnationales parmi les élites intellectuelles, économiques et politiques [5] ». L’activisme local des « nativistes » est en croissance depuis le début des années 1990. La nostalgie réactionnaire d’un « âge d’or » fait d’homogénéité culturelle et de domination anglo-protestante (comprendre « blanche ») est mise en évidence par le succès des Tea Parties, qui mobilisent une population blanche non hispanique vieillissante.

 

P7021618

D’Ouest en Est, une Amérique différente

Composition de la population de l’Etat de New York et de Californie.
Source : Census Bureau, 2010.


Cela dit, l’histoire des mobilisations xénophobes nativistes précédentes suggère que l’influence du mouvement actuel de rejet pourrait décliner graduellement. Si les projections à long terme sont toujours incertaines, la mutation démographique américaine semble irréversible. Elle aura des conséquences importantes en politique étrangère. Puisque les Etats-Unis ressembleront de plus en plus à la diversité du monde, ils tendront nécessairement de plus en plus à porter leur regard vers l’Amérique latine, l’Asie et l’Afrique, et à se détourner de l’Europe. Le mouvement systémique synchrone du système mondial vers le polycentrisme — la réémergence des régions post-coloniales — va bien évidemment renforcer ce déplacement de la politique étrangère américaine. Nous nous trouvons donc sans doute à l’orée de deux changements fondamentaux imbriqués : la création d’une société américaine post-européenne dans un système mondial post-atlantique.

 

Jim Cohen est professeur à l’université Paris VIII et à l’Institut des hautes études de l’Amérique latine (IHEAL) ; Philip S. Golub est professeur à l’université Paris VIII et à l’American University de Paris.

 

Source: Visions catographiques. Blogs du Diplo.

Repost 0
27 juin 2011 1 27 /06 /juin /2011 18:26
Repost 0
10 avril 2011 7 10 /04 /avril /2011 00:02

Economiste au Centre d'études prospectives et d'informations internationales (Cepii) et enseignante d'économie japonaise à l'université Paris-Dauphine (Inalco), Evelyne Dourille-Feer détaille les enjeux de la reconstruction dans la région de Sendai et l'impact qu'aura la catastrophe du 11 mars sur le modèle économique japonais.

Quels sont les secteurs directement touchés par la catastrophe ?

1501426_3_b1c9_vue-generale-de-la-ville-de-kesen-numa-dans-.jpg

Vue générale de la ville de Kesen-Numa, dans la préfecture de Miyagi, le 20 mars.AFP/NICOLAS ASFOURI

Bien que la région de Sendai ne représente que 7 à 8 % du PIB japonais, énormément de biens intermédiaires y sont produits. On y compte de nombreuses usines aciéristes et sidérurgiques, dont la production est très spécialisée sur le haut de gamme : tôles pour carrosseries, fil d'acier pour les pneumatiques, etc. Au niveau des raffineries, il y a des pénuries d'essence mais aussi de kérosène. Or, une partie de la production japonaise de kérosène est exportée vers l'Asie, donc il y aura des répercussions sur les compagnies aériennes asiatiques.

Il y aura aussi un impact sur la production de ferro-nickel-zinc, que la région produisait en quantité, avec des conséquences sur l'industrie chimique. Enfin, on trouve à Sendai de nombreuses usines de pièces détachées automobiles, de semi-conducteurs et de matériaux de composants électroniques, galettes de silicium ou substrats pour des disques durs d'ordinateurs.

Au niveau japonais, l'impact est immédiat car le modèle industriel de l'archipel repose sur le flux tendu. Au niveau mondial, l'impact se fera sentir d'ici un mois, car il y a encore des stocks. Mais ces composants japonais sont tellement spécifiques que les transferts technologiques ne se feront pas de sitôt.

Ces événements montrent les limites du mode de production à "flux tendu" hérité du toyotisme. Assiste-t-on, au niveau politique et industriel, à une remise en cause de ce modèle ?

Pour l'instant, les entreprises parent au plus pressé : comment avoir le moins de pertes possible ? Comment continuer à s'approvisionner ? Les Japonais font face à tous les problèmes en même temps : problèmes électriques, avec des coupures de courant quotidiennes, problèmes logistiques, après la destruction d'une partie des infrastructures routières, inconnue nucléaire... Beaucoup d'industriels ont souligné que l'urgence est d'aider les sinistrés ; la réflexion industrielle viendra plus tard, lors de la reconstruction.

Mais certainement, le modèle à flux tendu – qui avait déjà été assoupli ces dernières décennies car peu adapté au partage des tâches mondiales –, va être revu. Il va y avoir aussi un rapprochement entre les unités de production de composants et les usines d'assemblage. Donc l'appareil industriel va sûrement être redessiné et il va falloir penser à relocaliser certaines industries.

Peut-on s'attendre donc à une recomposition géographique de l'économie japonaise ?

En partie, oui. Pour la phase de reconstruction dans le nord-est de Honshu, il y a de vraies interrogations. Que va-t-on reconstruire ? Comment ? On ne va pas refaire les usines détruites à l'identique, alors il faudra déterminer les secteurs économiques les plus judicieux à développer dans cette région. Après, il reste l'inconnue de la contamination nucléaire, et on ne sait pas encore s'il faudra évacuer toute une région.

1501427_3_8b27_un-bateau-de-peche-retrouve-sur-terre-ferme-.jpg

Un bateau de pêche retrouvé sur terre ferme, au milieu des ruines de la ville d'Ofunato, dans la préfecture d'Iwate, dimanche 26 mars.AP/Vincent Yu

Une réflexion va aussi s'engager sur les industries de substitution, notamment pour l'agriculture et la pêche. La région de Sendai représente à peu près 2 % de l'élevage de bétail japonais. Sur le plan national, c'est peu, mais sur le plan local, c'est une source d'emplois et de revenus importantes. Même si l'on écarte la menace nucléaire, de nombreux terrains et rizières ont été stérilisés par le tsunami : comment les réhabiliter ? Faut-il conserver une activité agricole ? Il faudra peut-être se tourner vers une agriculture à haute valeur ajoutée, comme par exemple la production de conserveries.

La catastrophe japonaise a aussi des répercussions mondiales. Des usines Renault ou Nokia en Europe ont dû interrompre en partie leur production, dans l'attente de composants japonais. L'ultra spécialisation du partage des tâches mondial est-elle tenable ?

Le problème est d'avoir le niveau technologique : la Corée du Sud ou Taïwan ont des compétences technologiques et pourront récupérer une partie des parts de marché japonaises. Mais ils n'ont pas les mêmes spécificités que le Japon, qui s'est spécialisé, au niveau de l'industrie automobile par exemple, sur les modèles hybrides. Et puis il y a un problème de sauvegarde de la propriété intellectuelle pour la relocalisation de composants très sensibles.

Pour les composants produits dans la région de Sendai, qui peuvent être classés dans le moyen-haut de gamme, on peut imaginer que les entreprises japonaises relocaliseront plus près des chaînes d'assemblage et des circuits finaux, aux Etats-Unis, en Europe ou dans d'autres pays asiatiques. Mais tant que le niveau technologique ne sera pas atteint, il y aura encore une grande dépendance mondiale au Japon et à cette hypersegmentation de la production.

On a vu ces dernières semaines un élan national de solidarité envers les sinistrés, les grandes métropoles réduisant par exemple leur consommation électrique pour laisser la priorité aux régions dévastées. Peut-on imaginer à terme des changements de comportement vers moins de consumérisme ?

C'est une hypothèse plausible. Cette catastrophe va faire réfléchir la population japonaise sur le gaspillage énergétique et sur le consumérisme. On a vu des reportages à la télévision parlant de pénurie dans les magasins, les caméras zoomant sur des rayons vides. Mais j'ai des amis à Tokyo qui m'ont expliqué : "On a un peu moins de choix dans les magasins, mais on s'aperçoit qu'on vit très bien avec moins de choix."

On voit des valeurs qui se redéveloppent comme la générosité : il y a un afflux de jeunes bénévoles qui veulent aller dans les régions sinistrées, alors qu'il y a peu, on parlait d'un fossé de générations et de l'égoïsme des jeunes.

Par ailleurs, la population japonaise diminue, depuis 1998 pour la population active et depuis 2005 pour la population totale. Le Japon ne peut plus être dans une optique de croissance effrénée. Comment faire quand on a des excédents de capacité productive avec un nombre de consommateurs décroissant ? Une possibilité c'est d'exporter beaucoup, mais c'est une stratégie risquée : après la crise de 2008-2009, le PIB japonais a reculé de 6 % ; c'est le pays qui a le plus reculé au niveau du choc sur les exportations. Donc il faut repenser l'économie autrement, avec un rythme de croisière plus faible. Mais même avec un taux de croissance très bas, la richesse par tête augmente quand on a une population qui diminue.

Le Japon va aussi devoir repenser son urbanisme car il va gérer des villes où la population diminue, ce qui est déjà une approche qu'on peut qualifier de décroissante. Les régions sinistrées vont être à l'avant-garde de cette réflexion sur un nouveau tissu urbain, qui prenne davantage en compte les besoins des personnes âgées. Au Japon, la réflexion sur un nouveau modèle, fondé sur moins de croissance et moins de consommation, est déjà entamée. Et la catastrophe du 11 mars va accélérer ce mouvement.

Propos recueillis par Mathilde Gérard

 

 

LEMONDE.FR | 31.03.11 | 15h58  •  Mis à jour le 31.03.11 | 16h39

Repost 0
17 juillet 2008 4 17 /07 /juillet /2008 09:19

Gilles Pison, "Forces et faiblesses de la démographie américaine face à l'Europe", Population et sociétés, N°446, juin 2008

Avec 27 pays, la population de l'Union européenne atteint désormais un demi-milliard d'habitants et s'accroît de plus de deux millions d'habitants chaque année. Pourquoi alors cette crainte récurrente d'un déclin démographique ? On oppose souvent la démographie européenne à celle des États-Unis, plus dynamique. La fécondité y est effectivement plus élevée, l'immigration plus soutenue. En revanche, l'espérance de vie y est plus faible. Gilles Pison nous explique les ressemblances et les différences entre les démographies européenne et américaine.

Repost 0
6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 09:58

La mégalopole japonaise est un espace littoral tourné vers la mer. Elle contre les activités économiques et notamment industrielles. Cette spécificité japonaise s’explique par deux facteurs. D’une part, un mode de développement systématiquement appliqué à partir des années 1960 : la puissance économique du japon s’est en effet construite sur les industries d’exportation. D’autre part, les contraintes de l’espace, l’archipel du Japon étant montagneux, les plaines se situent surtout en position littorale.

 

Baie de Tokyo: terre-pleins

La forme la plus achevée de ce rapport étroit entre le Japon et la mer trouve son expression dans l’utilisation massive des terre-pleins. On peut parler d’un littoral artificialisé : les  terre-pleins sont aménagés pour les combinats industrialo-portuaires (lire le document n° ),  mais diversifiés pour recevoir des bureaux, des logements, des espaces ludiques (ex. Daiba à T.) ou des aéroports (Kobé). Ils offrent en effet plusieurs avantages : ils permette de gagner de l’espace sur la mer ; ils évacuent vers le littoral les nuisances industrielles et facilitent  les échanges.

 

 

DOCUMENT  : La mégapole japonaise

 

DOCUMENT  : Les terre-pleins littoraux

 

 

 

Les combinats(1) exigent une localisation littorale, puisqu’ils dépendent des importations pour leur ravitaillement en matières premières ou en énergie. [...]
 L’utilisation des terre-pleins littoraux par les combinats offre de multiples avantages pour les entreprises et l’industrie. Le terrain y est vaste, extensible, rapidement construit, peu coûteux. [...]
 Le plus souvent, les terre-pleins représentent la meilleure solution pour les industriels et les technocrates, d’où le rythme effréné de leur construction pendant la Haute Croissance. [...] Face aux abus et aux risques de pollution, une loi édictée en 1973 pose de nouvelles conditions quant à la création de terre-pleins [...]. La construction des terre-pleins littoraux n’est pas abandonnée pour autant. On note une réorientation de leur usage vers des fonctions urbaines, ainsi les logements et espaces récréatifs dans les baies de Tokyo ou d’Osaka. [...] Après avoir créé l’île artificielle de Port Island (436 hectares), la ville de Kobé lance un projet de dimension équivalente (Rokko Island). Le nouvel aéroport international du Kansai est en construction dans la baie d’Osaka, celui de Haneda en extension dans la baie de Tokyo*.

P. Pelletier, Géographie universelle, Chine, Japon, Corée, Belin Reclus, 1994

(1) Combinat : zone industrielle littorale
* les aéroports sont désormais construits

 

Repost 0
6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 09:18

L'intégration de l'Asie orientale aux échanges mondiaux s'exprime dans l'espace par les infrastructures portuaire.

Une façade maritime en réseau

Façade maritime le long d’un axe du Japon à Singapour. Organisation d’un réseau d’échanges à plusieurs échelles :
- échelle continentale : ports chinois qui ouvrent sur un arrière pays qui est à la fois un marché futur et un réservoir de main-d'oeuvre.
- échelle macro-régionale avec spécialisation des activités.
- échelle internationale : façade sur une grande route maritime mondiale en pleine essor grâce à la
conteneurisation.







































D’où rôle considérable des grandes compagnies maritimes, des activités de constructions navales (n°1) et aboutit à faire des ports des pôles aux activités multiples.

Les multiples fonctions des ports
Les ports sont à la fois :
zones industrielles : cas du port de Pusan (Corée).
cités commerciales, souvent animées par la diaspora chinoise (Singapour).
pôles financiers (HK).
- pôles de recherche (Singapour).

Repost 0
6 juin 2008 5 06 /06 /juin /2008 08:53

Sur le littoral pacifique du Japon, s'étale la Mégalopole japonaise du Nord de Tokyo à Fukuoka à l'Ouest. Cette Mégalopole se différencie des deux autres mégalopoles par son étirement sur une mince bande littorale, ses densités de population très élevées, la place de l'industrie, des ports et le poids de l'agglomération de Tokyo.

Comment peut-on expliquer une telle concentration sur le « Japon de l'Endroit » ? Quels problèmes se posent à la Mégalopole ?

1) La puissance japonaise concentrée sur le littoral Pacifique

Le plus long ensemble urbain linéaire du monde : 80 % de la population du Japon, soit près de 100 millions d'habitants sur environ 1000 km de long.
Cette Mégalopole s’et formé en trois temps :
1. D’abord par la réunion d’agglomérations anciennes : Tokyo, Nagoya et le triangle Osaka, Kobé, Kyoto ;
2. Puis par le développement de l’urbanisation dans les années 60 jusqu’au nord de Kyushu.
3.
Et enfin dans les années 80 du nord de Tokyo jusqu’à Sendaï.

Les trois mégapoles sont donc des centres d'impulsion économique très importants qui regroupent des activités de commandement, de recherche, de production. On y trouve tous les types d’industries : de l’industrie lourde comme la pétrochimie, la sidérurgie jusqu’à la high-tech nécessitant peu de matières premières, mais beaucoup de savoir-faire. C’est en effet une des plus grandes façades maritimes du monde (la deuxième en terme d’activités) avec un ensemble de ports qui reçoivent les 3/4 du trafic du pays. De très vastes zones industrielles (ZIP) sont installées au bord de l'eau ou sur des terre-pleins artificiels.

Quatre pôles se distinguent : Tokyo, Osaka-Kobé, Nagoya et Kita-Kyushu.
 




















1. Tokyo : un japonais sur quatre y vit (plus de 32 millions d’habitants). C’est le centre de commandement national et mondial avec plus de 30% de la production., la première région industrielle du pays.

Baie de Tokyo:

2. La plaine du Kinki est le deuxième foyer avec plus de 22 millions d’habitants et 20% de la production industrielle.
3. Entre les deux Nagoya s’est spécialisé dans l’industrie automobile et la mécanique de précision.
4. A l’ouest, la Mégalopole se fragmente en de multiples centres très actifs.

Des villes se sont étendues dans l’espace souvent de manière désordonnée autour de leurs quartiers historiques avec de nouveaux centres d'affaires (Shinjuku à Tokyo), hautes tours de logement, technopôles, quartiers pavillonnaires, etc…

Cette Mégalopole est structurée par  des infrastructures de transport puissantes et diversifiées : voies ferrées (Shinkansen : train à grande vitesse circulant depuis 1964 et véritable colonne vertébrale de la Mégalopole) ; autoroutes ; aéroports ; ports. De ouvrages spectaculaires, ponts et tunnels ont permis de vaincre l’insularité.

2) De multiples facteurs expliquent la présence de la Mégalopole

Une puissance déjà ancienne:
- les pouvoirs politiques et économiques étaient tôt installés au Sud d'Honshu
- un essor économique qui date du XIXème siècle (Ere Meiji) : accumulation des capitaux, essor d'une bourgeoisie d'affaires et des sites industriels (textile). Rôle de l’Etat très important pour la création et le développement d’infrastructures.

Un littoral privilégié : plaines littorales assez étendues, climat favorable (peu de neige ; contraste avec le « Japon de l'Envers »), littoral «ouvert » (baies...).

Le littoral possède des atouts décisifs:
- durant la période de Haute Croissance du Japon : la stratégie des firmes, qui importent les matières premières et exportent les produits manufacturés, favorise l'implantation littorale de l'industrie ;
- en raison du rôle joué par le Japon en Asie orientale ( investissements vers les NPI, la Chine, délocalisation des industries...).
- en raison du rôle joué par les Etats-Unis dans la reconstruction d’après-guerre et dans l’ouverture aux produits japonais.

3) La Mégalopole espace saturé ?

La Mégalopole est d’abord un espace à hauts risques naturels (typhons, séismes, tsunamis) où les fortes densités de population et les transformations de l’espace aggravent les risques. Les japonais ont pourtant mis au point des mesures de prévention : construction anti-sismiques, éducation de la population, etc…Les destructions importantes suite au séisme de Kobé en 1995 ont montré les limites de ces mesures.
La Mégalopole se caractérise par des aménagements gigantesques : terre-pleins, tunnels, ports, réseaux de transport entre les différentes aires urbaines et les îles.

 Les terres-pleins  
 
 Yokohama  Aéroport de Kobé

De plus la Mégalopole est en extension : étalement des aires urbaines, desserrement des industries vers la périphérie. Cela  a entraîné une négligence vis-à-vis de la nature et la pollution y est très importante : pollution de l’air (utilisation de masques à oxygène par la population) mais aussi des eaux (notamment la Mer Intérieure).
La population a fortement réagi face à ces menaces. Les mouvements pour la défense de l’environnement sont nés précocement et sont très actifs.
La réglementation devient de plus en plus stricte vis- à vis des pollutions industrielles.
Des villes en restructuration : nouveaux centres d'affaires, hautes tours de logement, technopôles

Conclusion:
La Mégalopole est l'espace central du Japon. La concentration des hommes et des activités pose la question de la gestion de son environnement.


Pour le croquis, consulter le Powerpoint suivant: http://www.histoire.ac-versailles.fr/IMG/ppt/megalopolejap.ppt
Repost 0
2 juin 2008 1 02 /06 /juin /2008 17:24

PREMIÈRE PARTIE - GÉOGRAPHIE


Sujet 1: La puissance économique de l'Union européenne (composition)  




Population : 370 millions d’habitants.

PIB : 1er PIB mondial, devant les États-Unis si l’on additionne les PIB de chaque pays membre.

1er rang mondial pour l’automobile, de nombreux produits agricoles (lait, viande), l’acier.

Taux de chômage : 11 %.


L’Union européenne (UE) constitue l’un des trois pôles de  la Triade. Elle joue donc un rôle puissant dans l’organisation économique mondiale.

I- L'UE : un des trois pôles mondiaux

1) Une puissance aux bases multiples

La puissance de l’UE tient à plusieurs causes.

C’est un ensemble de pays développés depuis longtemps, tout d’abord grâce à l’agriculture (sols variés, climat tempéré), puis à l’industrie.  Son système économique repose sur le capitalisme.

L’UE dispose par ailleurs d’une population nombreuse (370 millions d’habitants), bien éduquée et qualifiée et jouissant d’un niveau de vie élevé.

Enfin, l’Europe a su mettre en valeur ses atouts naturels pour se développer : rôle des matières premières dans le développement industriel au XIXè siècle (charbon, minerai de fer…), importance des moyens de communication (nombreux fleuves traversant plusieurs pays, comme le Rhin), ouverture sur plusieurs mers (Méditerranée, océan Atlantique…).

– Grâce à ces multiples atouts, l’UE est un ensemble riche. Son PIB est le 1er mondial, si l’on additionne les performances de chaque pays. À ce titre, elle joue un rôle de premier plan dans la Triade.

2) De puissantes bases

Elle se manifeste dans de nombreux domaines.

– C’est tout d’abord une grande puissance agricole, qui produit et exporte des céréales, de la viande, du lait… Cette réussite agricole a été acquise grâce à la PAC (politique agricole commune).

– Sur le plan industriel, l’UE s’affirme également à l’échelle mondiale : l’Europe produit des automobiles (firmes allemandes comme BMW, Volkswagen…), de l’acier, des produits chimiques (BASF, Rhône-Poulenc), des biens d’équipement (TGV, Airbus) et de consommation. Certains produits phares de l’industrie européenne, comme l’Airbus ou la fusée Ariane, sont le résultat d’une collaboration entre plusieurs pays.

3) Une grande puissance commerciale

– L’Union européenne représente plus de 20% du commerce mondial total. C’est le 1er pôle commercial du monde pour les échanges de marchandises et de services. Elle pèse donc d’un poids très lourd dans l’économie mondiale.

– Les flux à l’intérieur même de l’UE sont également très intenses et très importants : les pays de l’UE sont ceux du monde qui ont le plus de liens commerciaux entre eux. On parle alors de forte intégration économique.

 – Les Européens sont très nombreux (370 millions) et grâce à leur niveau de vie élevé, ils consomment beaucoup. Ce marché de consommation, le premier du monde aujourd’hui, stimule l’industrie européenne en lui assurant des débouchés.

 

II- Une puissance qui comporte des limites

1) Les limites de la puissance économique

– La principale faiblesse de l’Europe réside dans son manque d’unité.

L’UE constitue un ensemble de pays aux intérêts parfois contradictoires : ainsi, il arrive fréquemment que des entreprises françaises, allemandes et anglaises soient en concurrence entre elles à l’étranger (en Chine par exemple).

L’Europe doit faire face à la concurrence économique très vive des États-Unis, du Japon, et de certains pays du tiers monde, les pays émergents comme la Corée du Sud ou le Brésil. Pour y résister, il lui faut renforcer son unité.

L’UE est confrontée à un chômage important, avec un taux de 11 % en moyenne (jusqu'à 20 % en Espagne). Le chômage est à l’origine de nombreux autres problèmes : l’exclusion, la montée de la pauvreté…

2) Des différences importantes à l’intérieur de l’UE

– L’Europe fonctionne à plusieurs vitesses. Quatre pays (France, Grande-Bretagne, Allemagne, Italie) représentent plus de 70 % de la population et plus des 3/4 du PIB de l’UE. En particulier, l’Allemagne réunifiée joue un rôle moteur dans l’UE en raison de son poids économique prépondérant (plus de 80 millions d’habitants, 1re puissance économique et 3e mondiale).

– L’Europe est constituée de pays aux niveaux de vie très différents : les inégalités sont fortes entre les pays riches d’Europe du Nord (Allemagne, Pays-Bas, Grande-Bretagne…) et ceux d’Europe du Sud (Portugal, Grèce), à l’économie plus traditionnelle (forte place de l’agriculture), moins développée. Ces inégalités vont s’accentuer avec l’entrée des anciens pays de l’Est dans l’UE, car ils sont beaucoup plus pauvres.

– Enfin, il existe de fortes inégalités de développement entre les régions d’Europe. Les régions les plus défavorisées (montagnes, régions rurales méditerranéennes, régions du grand Nord en Scandinavie…) bénéficient d’aides de l’UE pour combler leur retard et se développer (construction de routes…).

L’Europe représente donc une puissance certaine, mais qui doit encore surmonter de nombreux problèmes. L’Union est-elle un moyen d’y parvenir ?

Sujet 2: La façade atlantique de l'Amérique du nord (Composition)


La façade atlantique de l'Amérique du nord est un espace de plus de 8000 km de long qui s'étend du Saint-Laurent au Golfe du Mexique et associe 3 pays de l'ALENA. Cette position semble faire naturellement de la façade Atlantique une interface privilégiée. Une interface est une zone de contact et d'échanges entre deux espaces. Si tel était le cas, la façade atlantique de l'AN relierait un arrière-pays continental à un avant pays océanique, l'Amérique du Nord au reste du monde et éventuellement les trois États de l'ALENA entre eux.

Participe-t-elle à la puissance de l'Amérique du Nord ? Est-elle concurrencée ? S'agit-il d'un espace homogène, d'une interface continue ?

 

I-Une interface ouverte sur le monde et contribuant à la puissance américaine.

1) Une interface historique

C'est par la façade atlantique que s'est faite la conquête et la pénétration européenne. Cette façade est d'ailleurs restée l'interface privilégiée des relations avec l'Europe. Pour le 19ème et le début du 20ème siècle, on peut se remémorer l'arrivée des migrants Européens à Ellis Island.

2) Une interface ouverte sur le monde

Il y a plusieurs "Portes océaniques" constituées par les zones portuaires du Saint-Laurent, de la mégalopolis, et du Golfe du Mexique. Elles constituent 3 façades maritimes majeures. Au total, elles représentent 1 300 millions de tonnes de trafic international par an. On trouve dans cet espace des aéroports de dimension mondiale , des hubs qui connectent les lignes intérieures et les grandes lignes internationales. Chicago, New York, Toronto, Houston, etc... Hub : plate-forme aéroportuaire vers laquelle convergent les lignes long courrier et les lignes intérieures. On peut dire que Chicago est un hub de dimension mondiale.

Cette interface est particulièrement reliée à l'Europe. C'est un partenaire de choix de l'ALENA. l'Europe représente 20 % des échanges réalisés par l'ALENA.

Mais ces échanges sont limités lorsque les E-U décident de surtaxer les importations d'acier par exemple ( Elles sont passées en 2002 de 8 à 30 %.)

3) Des centres de commandement de dimension mondiale

La façade compte plusieurs mégapoles de dimension mondiale comme par exemple, New York. NY possède tous les attributs d'une grande métropole à vocation mondiale ( 20 millions d'habitants, des lieux de pouvoir de rang mondial( ONU- depuis 46, Wall Street, et 150 sièges sociaux de FTN). Elle symbolise la puissance américaine comme l'ont prouvé les attentats du 11-09-01.

A cette liste, on peut ajouter Chicago, Toronto, Washington, Houston et enfin Mexico deuxième agglomération mondiale.

 

II-Un espace jalonné par des interfaces de dimension continentales

1) Une zone de libre-échange

En 1994, est constituée l’ALENA. C’est une association de libre échange, d'intégration régionale et de coopération économique créée entre le Canada, les États-Unis et le Mexique. Cette association ne permet pas la libre circulation des personnes. Avec l'ALENA, Canada et Mexique se sont arrimés â l'économie des États-Unis et se sont assuré un meilleur accès à un des plus vastes marchés du monde : les exportations du Mexique vers les États-Unis ont été multipliées par trois depuis dix ans et celles du Canada par deux. Si les échanges entre Canadiens et Mexicains représentent seulement 2 % de leur commerce extérieur, les Américains absorbent 85 % des exportations de leurs partenaires, Ils fournissent en échange au Canada les deux tiers de leurs importations et au Mexique les trois quarts.

Il est à noter cependant que cette intégration peut poser des problèmes de concurrence inégale. Ainsi , les producteurs de maïs Mexicains se trouvent concurrencés par le maïs subventionné américain vendu 20 % moins cher ( Farm Bill). Enfin, il convient de noter qu'est en train de ce mettre en place une ZLEA (zone de libre échange de l'Amérique) qui concerne la façade Atlantique de l'Amérique du Nord.

 2) L'axe laurentien et les Grands Lacs, une zone d'échange majeure

C'est une interface active qui participe aux échanges dans le cadre de l'ALENA entre les E-U et le Canada : en 2002, le volume des échanges entre les deux pays s'est élevé à 440 milliards de $.

Le Saint-Laurent et les Grands Lacs constituent une voie d'eau où circule un quantité importante de marchandises.

Il faut noter que les échanges de marchandises, de capitaux et les flux de personnes sont bilatéraux.

3) La Mexamérique

Entre les E-U et le Mexique, les relations transfrontalières sont nombreuses : Le développement des maquiladoras.

Maquiladoras : Au Mexique, entreprise de production industrielle de franchise américaine ou asiatique bénéficiant de détaxations qui lui permettent de produire souvent à partir de pièces détachées importées et d'exporter, vers les États-Unis principalement. Il convient de noter que les maquiladoras se développent également à l’intérieur du Mexique.

Le développement des twins-plants.

Twin plants : Établissements industriels et commerciaux qui se partagent les activités de part et d'autre de la frontière américano-mexicaine : commandement, gestion, recherche côté États-Unis; ateliers de production employant une main-d’œuvre peu payée coté Mexique.

La constitution de villes doublons. Twin cities. Corpus Christi-Matamoros.

Twin cities: villes jumelles dont l’urbanisation se prolonge de part et d’autre de la frontière. On observe donc le long de cette frontière une concentration de certaines activités et des processus d’urbanisation.

4) Une interface avec l'espace intérieur

Le Saint-Laurent ,les grands Lacs et le Mississipi ont très tôt constitué des axes de pénétration majeurs dans les régions continentales.

Les "ponts transcontinentaux" ferroviaires. Nouvelle-Orleans-Dallas-Los Angeles ; New York-Chicago- Seattle.

 

III- La façade, ses sous-ensembles et ses dynamiques.

1) Les disparités de la façade

Sur la façade atlantique de l'Amérique du Nord se succèdent des espaces denses en population et fortement urbanisés, surtout la côte nord-est des États-Unis et Mexico, deuxième mégapole mondiale, et des espaces plus faiblement peuplés comme le Nord désertique du Mexique ou la Nouvelle-Ecosse au Canada.

Le phénomène de métropolisation est plus marqué aux Etats-Unis et au Canada. Les grandes villes mexicaines sont certes très peuplées mais elles n'ont pas le pouvoir financier et économique des précédentes.

Les disparités socio-économiques.

Les niveaux de développement et de richesse sont inégaux.

Le PNB PPA par hab. et par an est de 26 530 $ au Canada, 34 280 aux E-U et 8240 au Mexique. Les disparités sont celles également des statuts fiscaux.

La constitution de la l'ALENA n'est pas synonyme d'harmonisation fiscale. Il y a de part et d'autre des frontières des statuts fiscaux différents. Ainsi, au Sud de la Frontière Américano-mexicaine, le statut fiscal est avantageux.

On observe aussi des différences fiscales à l'intérieur des Etats. Ainsi, la fiscalité est également plus légère au Texas et en Floride que dans les autres États des États-Unis.

2) Des flux inégaux et de toutes natures

On a déjà évoqué les flux de marchandises de part et d'autre des frontières. On peut aussi évoquer les flux migratoires:

Par exemple, les E-U attirent des migrants venus en particulier du Mexique. Une part importante de cette immigration est clandestine. Il y a aux États-Unis, 5 millions de Mexicains en situation illégale. Mais le sud-est du Canada attire aussi une main-d'œuvre souvent qualifiée. On observe un phénomène de Brain Drain.

On observe aussi des flux de capitaux.

L’espace mexaméricain attire des capitaux industriels.

Les métropoles du Sud-Est du Québec et du Nord-est des E-U attire des activités de haute-technologie. Des flux touristiques. Les grands centres touristiques du Yucatan attirent des touristes du monde entier et en particulier d’Amérique du Nord.

3) Métropolisation et littoralisation

On assiste, en effet, à un renforcement de la littoralisation. Les activités se concentrent dans les zones industrielles de la FAAN et se développent dans les pôles qui jalonnent le Mississipi, les ponts transcontinentaux et l'axe du Saint-Laurent et des Grands Lacs.

On observe égelement une concentration des hommes et des activités dans les grandes agglomérations.

 

Conclusion

La façade atlantique de l'Amérique du Nord est donc, effectivement, une interface active reliant les États-Unis au reste du monde et à l'Europe en particulier. Les activités, les centres de commandement font de cette zone un espace majeur de l'économie mondiale contribuant à la puissance américaine. Cette interface permet d'ailleurs grâce à plusieurs axes de pénétration d'intégrer les espaces de l'intérieur à la mondialisation. Dans le cadre de l'ALENA, des flux plus ou moins désirés animent les frontières entre les trois états d'Amérique du Nord.

Cependant, cette façade est un espace discontinu. On observe en effet une alternance de centres majeurs et de périphéries plus ou moins intégrées. La contribution à la puissance nord américaine est donc inégale.


 Sujet 3 : L'espace rhénan: quelles caractéristiques et quelle place en Europe ? (Étude d'un ensemble documentaire)

Première partie : Analysez l'ensemble documentaire en répondant aux questions suivantes

 

1) Définissez et délimitez géographiquement l'espace rhénan.

L'espace rhénan s'étend sur plus de 1000 km de la mer du Nord aux Alpes suisses et correspond au bassin du Rhin et aux régions proches. Il s'agit d'un espace transfrontalier (Pays-Bas, Belgique, Allemagne, France, Suisse, Luxembourg) et multipolaire. Il constitue la partie la plus dense (population, semis urbain, centres de commandement) de la mégalopole européenne (dorsale Londres-Milan) et un axe majeur pour les échanges de l'Europe, héritier des routes commerciales médiévales.

2) En quoi cet espace apparaît-il comme un espace de carrefour et d'échanges (documents 1 et 3)?
Le bassin rhénan constitue un couloir naturel de circulation. La mégalopole européenne offre un hinterland très dynamique au Northern Range (la façade maritime la plus active du monde, du Havre à Hambourg) qui comprend l'un des premiers ports mondiaux, Rotterdam. Des axes autoroutiers et ferroviaires, les plus denses et les plus fréquentés d'Europe, doublent l'axe fluvial le plus important au monde (Duisbourg, premier port fluvial). L'espace rhénan comprend aussi deux aéroports majeurs à l'échelle européenne et mondiale (Francfort et Amsterdam). Il comprend donc une série de villes-carrefours à l'échelle européenne, voire mondiale pour Rotterdam. Enfin, des places financières européennes et mondiales, telles que Francfort (siège de la Banque Centrale Européenne) et Zurich sont également présentes dans cet espace. L'axe rhénan est de plus bien connecté aux deux villes-monde européennes, Londres et Paris. L'axe rhénan constitue donc l'épine dorsale des échanges européens et une des interfaces majeures de l'espace européen avec l'espace mondialisé.

3) Quelles sont les particularités des villes de l'espace rhénan (document 2)?
L'espace rhénan offre un semis urbain très dense mais pas de très grande métropole. Les villes-monde européennes (Londres et Paris) se situent en-dehors de l'Europe rhénane. A côté d'Amsterdam, seule métropole de rang 2, on trouve un grand nombre de métropoles de rangs inférieurs (4, 5 et 6  notamment). Cependant, certaines de ces agglomérations forment des conurbations très puissantes. Les deux principales sont la Randstad Holland (Amsterdam, Rotterdam, La Haye, Utrecht) et la conurbation Rhin-Ruhr (Dusseldorf, Essen, Cologne, Duisbourg) Les agglomérations rhénanes, particulièrement au sein de ces conurbations, présentent des fonctions à la fois complémentaires et concurrentes. L'espace rhénan est ainsi marqué par une multipolarité héritée du morcellement politique historique.

4) Identifiez les aspects de la puissance économique de l'espace rhénan (documents 1, 3, 4).
L'espace rhénan apparaît comme le coeur économique de l'Europe, aux côtés des deux villes-monde, Londres et Paris. Sa puissance repose d'abord sur sa capacité de production industrielle. Il concentre des espaces industriels majeurs en Europe et dans le monde. Les espaces industrialo-portuaires (maritimes ou fluviaux) le définissent particulièrement, autour d'activités comme les industries chimiques (chimie lourde comme la pétrochimie et chimie fine comme la pharmacie), l'agro-alimentaire et les industries mécaniques.
Cette puissance se marque également par une insertion très forte dans les échanges mondiaux et la mondialisation. L'espace rhénan constitue l'hinterland de deux ports très actifs (Rotterdam et Anvers), au coeur de la première façade maritime du monde, le Northern Range. Les places financières rhénanes participent aux flux internationaux de capitaux. L'Europe rhénane regroupe enfin de nombreux sièges sociaux de Firmes TransNationales situées aux premiers rangs mondiaux dans leur secteur d'activités. Les métropoles rhénanes sont ainsi des centres de commandement à l'échelle mondiale (la Randstad Holland compte 3 sièges et la conurbation Rhin-Ruhr 4).

5) Quelles transformations a connues la Ruhr (document 5)?
La Ruhr reste la première région industrielle d'Allemagne et d'Europe. Ancien "pays noir" (extraction minière, sidérurgie), elle a connu une crise de désindustrialisation liée au déclin des industries lourdes traditionnelles. Elle a fondé sa reconversion sur la haute technologie (parcs scientifiques) et la tertiarisation (activités culturelles et touristiques) en mettant en valeur le patrimoine industriel et en re-créant un environnement plus attractif (lutte contre la pollution, reboisement).

Deuxième partie : A l'aide des réponses aux questions, des informations contenues dans les documents et de vos connaissances personnelles, rédigez une réponde organisée au sujet "L'espace rhénan : quelles caractéristiques et quelle place en Europe?"

I- Les caractéristiques de l'espace rhénan
A) Définition et délimitation géographique
B) Un espace fortement urbanisé et multipolaire
B) Une solide base industrielle et un espace d'échanges

II- Un axe majeur et un centre européen
A) Un segment de la mégalopole européenne bien connecté aux autres centres
B) Une interface majeure de l'espace européen 
C) Un centre incomplet (sans ville-monde)
Repost 0
19 avril 2008 6 19 /04 /avril /2008 16:13

Rotterdam est une ville portuaire néerlandaise de 588 576 habitants (environ 1 100 000 dans l'agglomération). Son agglomération fait partie de la conurbation de la Randstad Holland (7 100 000 habitants entre Amsterdam - Harlem - La Haye - Dordrecht - Utrecht).
Rotterdam est la seconde ville des Pays-Bas après Amsterdam. Elle représente le cœur industriel de la Hollande, car elle jouit d'une position géographique enviable, à l'embouchure du Rhin, elle est ainsi le débouché économique de l'Europe rhénane.
Le port de Rotterdam s'est imposé comme une interface majeure, véritable porte d'entrée et de sortie de l'Europe. Il le premier ensemble portuaire de la façade maritime de la mer du Nord.
Le site d'origine du port se situe à 40 km à l'intérieur des terres. Il a donc fallu environ un siècle de travaux successifs pour qu'il devienne port facilement accessible de la haute mer, une des mers les plus fréquentées du globe.
Le port s'est développé par glissement linéaire vers l'aval. Les parties les plus en amont sont destinées aux cargos et aux plus petits porte-conteneurs Sur la rive nord, on trouve le port fruitier (usines de jus de fruits ou de conserverie).  C'est la rive sud qui concentre les activités les plus importantes. L'extension du port dans les années 70 s'est concrétisé par la création du terminal de Maasvlakte, sorte de polder portuaire.

Les terminaux de Botlek et Europport sont à la fois des zones portuaires et des zones industrielles spécialisées dans la chimie, le raffinage et la pétrochimie. Europort est constitué de bassins de plus de 20 mètres de profondeur permettant d'accueillir tankers géants. Le pétrole et dérivés représente  38 % du tonnage transbordé, Rotterdam s'imposant comme la « station-service » de l'Europe.

Rotterdam est un exemple d'« industrie sur l'eau » : les produits bruts ou semi-bruts importés sont directement transformés pour êtres exportés.









Porte-conteneurs en cours de chargement. On identifie les portiques et l'aire de strockage des conteneurs.










Les plate-formes multimodales accordent une place importante au transbordement de
conteneurs qui représentent 23 % du tonnage, 2ème activité après pétrole.

Les terminaux du port de Rotterdam ont nécessité des aménagements importants terres situées dans les estuaires de l'Escaut, de la Meuse et du Rhin. La construction de digues, de plates-formes portuaires, l'urbanisation, les polders mis en culture conduisent à l'artificialisation croissante du littoral.

 
Photo satellite de localisation

Légende :
Meuse, Escaut : fleuves, canaux ;
Breda : ville
Rotterdam :
1 : port avant 1914; Rotterdam, Maashaven ;
2 : port avant 1939; Merwhaven, Waalhaven, Eemhaven, Pernis ; 3 : port avant 1959; Botlek ;
4 : port avant 1970; Europoort
5 : port en 1970; Maasvlakte 1 ;
6 : port en projet; Maasvlakte 2
Overflakee : polder

Repost 0

Présentation

Rubriques