Les croisades sont des expéditions militaires organisées par l’Église pour la délivrance de la Terre sainte (Lieux Saints,
Jérusalem). Les croisades sont une forme de pèlerinage armé :
La croisade est à la fois un pèlerinage à Jérusalem qui permet rémission des péchés et une "guerre juste" contre les ennemis de l'Église. Pour le pape, c’est aussi le moyen de rassembler sous la bannière de l’Église la chevalerie d’Occident et d’imposer sa prééminence sur toute la chrétienté.
Huit croisades se sont succédées entre 1095 et 1270.
[Un pèlerinage est un voyage effectué par un croyant vers un lieu de dévotion, vers un endroit tenu pour sacré selon sa religion. ]
Carte des États latins d'Orient
Quatre États latins en Orient
En 1095, l’empereur byzantin sollicite l’aide militaire de mercenaires occidentaux contre les Turcs. Au même moment, des récits de mauvais traitements qu’auraient subis les pèlerins en route vers Jérusalem se répandent. Au concile de Clermont, le pape Urbain II (1042-1099) décide alors de prêcher la croisade, promettant la remise de pénitence à tous ceux qui prennent la "croix" du Christ.
Cet appel remporte un très grand succès auprès des chevaliers et des classes populaires.
Le prédicateur Pierre l’Ermite (1050-1115) prend la tête de la croisade populaire qui s’en prend aux communautés juives des villes qu’elle traverse. La croisade populaire n’atteindra pas Jérusalem. Il ya aura d’autres croisades populaire comme celle des pastoureaux au XIIIe siècle. (Image n° 1).
Image n° 1 : les
pastoureaux partent en croisade (VIIe croisade)
Vie et miracles de monseigneur Saint Louis. Manuscrit enluminé sur parchemin. Paris, Maître du Cardinal de Bourbon, vers 1482.
L’appel à la croisade connaît une grande faveur populaire. En 1251, pour la VIIe croisade, de jeunes bergers (les pastoureaux),
rejoints par les paysans, partent avec l’espoir d’une vie meilleure. Ils vont commettre de nombreux vols et massacres. Ils seront massacrés par les bourgeois de Bourge.
L’enluminure comporte 2 registres. Le registre supérieur montre des bergers rejoignant les croisés ; a droite, on peut distinguer un prédicateur. Le registre inférieur décrit des
scènes de massacres de paysans massacrés par les bourgeois.
1098 : fondation des comté d’Édesse et la principauté d’Antioche (Image n° 2).
1099 : prise de Jérusalem ; Godefroy de Bouillon (1061-1100) prend la tête du royaume de Jérusalem ; Raymond de Saint-Gilles (1042-1105) dirige le comté de
Tripoli.
Bien que menacés par les Turcs, les quatre États latins résistent victorieusement au cours des décennies suivantes

Image n° 2 : attaque d'Antioche par les croisés (Ire croisade)
Sébastien Mamerot, Les Passages d'outremer faits par les Français contre les Turcs depuis Charlemagne jusqu'en 1462. Manuscrit enluminé sur parchemin. Bourges, Jean Colombe,
1474-1475.
Cette enluminure illustre le siège (registre supérieur) et la pise (registre inférieur) d’Antioche.
Antioche est eprésentée comme une ville typique de l’Europe du XVe siècle (on distingue les clochers des égalises et la fortifications de la ville). Les croisés ont lancé des échelles pour l’assaut. Le registre inférieur montre la mise à sac de la ville et les massacres (de nombreux cadavres jonchent le sol).
Les massacres commis par les croisés entraînent la mobilisation des musulmans, stimulé par la menace chrétienne. L’appel au djihad se répand. En 1145, les musulmans s’emparent d'Édesse.
Ce revers important conduit à une deuxième croisade. C’est un échec : le comté d'Édesse est définitivement perdu. L’émir Saladin (1138-1193) prend la tête de la guerre sainte. Il écrase l’armée chrétienne en 1187 à Hattin. Jérusalem est reprise par les musulmans.
La chute de Jérusalem
Le pape décide d’appeler à une nouvelle croisade. Saladin est battu. Une trêve, (1192) laisse la côte aux
chrétiens et garantit la liberté de pèlerinage à Jérusalem. La troisième croisade empêche donc l’effondrement total de la Syrie "franque" mais les territoires perdus ne sont pas
reconquis.
Le pape Innocent III (1160-1216) ordonne la prédication d’une quatrième croisade. Elle est détournée de son objectif au profit des Vénitiens : en 1204, Constantinople est
prise et mise à sac par les croisés.
Les croisades suivantes sont des échecs. La huitième
croisade, dirigée par Saint Louis (1214-1270), assiège Tunis. Le roi de France meurt en Afrique (Image n° 3). 
Image n° 3 : mort de Saint Louis (VIIIe croisade)
Les Grandes Chroniques de France. Manuscrit sur parchemin. Tours, Jean
Fouquet, vers 1460.
La VIIIe croisade est, comme la VIIe, est menée par Saint Louis. Les croisés assiègent Tunis (en arrière-plan). Comme souvent lors des sièges, l’armée est ravagée par une épidémie de dysenterie, à laquelle le roi lui-même succombe (25 août 1270).
Les derniers territoires latins d’Orient tombent les uns après les autres. Seule Chypre demeure chrétienne.
Conclusion
Les croisades ont été l’occasion d’échanges multiples entre des mondes étrangers. Les zones de contact – l’Espagne, la Sicile et la Palestine – ont permis ces échanges.
Cependant, les conséquences sont inégales selon les civilisations.
La division profonde entre chrétiens d’Orient et chrétiens d’Occident
L’idée de croisade est restée totalement étrangère à la mentalité byzantine. Occidentaux et orientaux ne se comprennent pas. Le sac de Constantinople (1204) les divise
définitivement.
La croisade, une agression contre le monde musulman
Les croisés sont apparus comme des ennemis et des envahisseurs. Les musulma,ns les ont perçus comme des barbares, ignorants et vulgaires. Le souvenir des croisades survit, jusqu’à nos jours. Cet
affrontement n’a toutefois pas arrêté l’expansion de l’islam : les musulmans s’emparent de Constantinople en 1453.
Le renouveau de l'antijudaïsme
La communauté juive a également vécu les croisades comme une agression. Á partir de la fin du XIIesiècle, l’hostilité envers les juifs se développe en Europe. Des massacres sont
perpétrés dans l’Empire germanique au départ des deux premières expéditions et tout au long des chemins. fans les États latins, les quartiers juifs subsistent mais de fortes redevances
leur sont imposées.
L’essor de l’Occident
L’Occident a tiré des croisades des bénéfices matériels et culturels importants. L’Europe a déjà réalisé au début du XIIe siècle de remarquables progrès dans les domaines
techniques, économique et militaire. Son expansion est le résultat de progrès technique, économique et militaire. Les croisades ont renforcé ces progrès. Désormais, elle domine la
Méditerranée.
Pour voir les enluminures en plus grande taille et d'autres, consulter le lien suivant:
http://classes.bnf.fr/idrisi/monde/ind_crois.htm