1) Le mythe unitaire
Il existerait une unité profonde de cette région reposant sur une nature
originale, des paysages et une
histoire partagée. Le
principal facteur naturel et permanent d’unité la Mer à l’origine d’un climat particulier qualifié de « méditerranéen ». Il se définit par un
hiver doux et pluvieux et un été chaud et sec.
Les realtions entre rive Nord et rive Sud sont fortement marqiées apr le passé colonial.
2) Un espace de tensions
q Des lignes de fractures héritées
Double fracture héritée de l’histoire :
Ø monde latin / monde orthodoxe
Ø monde chrétien / monde musulman
q Des tensions fortes
Ø Principaux foyers de tension actifs ou latents: les Balkans, le Proche-Orient dans son ensemble, le Caucase.
Ø Tension à l’intérieur de certains États : en Algérie, en Égypte, en France (question Corse). Ponctuellement, des tensions entre Maroc, Espagne et Grande-Bretagne (contrôle de l'espace maritime), entre Grèce et Turquie (question chypriote, problèmes de frontière maritime).
q Flux de clandestins et effets de barrières
1) Une opposition démographique
Elle est le résultat d’un renversement entre les deux rives de la Méditerranée qui s’est produit au cours des 50 dernières années :
Ø 1950, les pays riverains de la Méditerranée : 212 millions d'habitants, dont plus de 60 % sur la rive Nord.
Ø 1985, on dénombrait 360 millions d'habitants, également répartis entre la rive Nord et la rive Sud.
En 2000, 427 millions ont été recensés, dont 55 % sur la rive Sud (respectivement 192 millions dans les pays de la rive Nord et 235 millions dans les pays de la rives sud).
D’après les projections démographiques, la population des pays riverains de la Méditerranée devrait atteindre 523 millions d'habitants, dont 60 % sur la rive sud.
Les pyramides des âges contribuent largement à amplifier le différentiel démographique entre les deux rives. Les moins de 30 ans représentent de 65 à 75% des populations des pays du Sud, alors qu'au Nord on assiste à un vieillissement important des populations.
2) Une zone de fracture N/S
a) Un Nord dominant
Les revenus par habitants des pays du Nord sont nettement supérieurs à ceux du Sud.
Stock d'IDE en Méditerranée en millions d'euros (2000)
|
OriginesDestinations |
Euromed* |
Israël |
Turquie |
Maghreb |
dont Maroc |
Machrek |
dont Égypte |
|
Total UE |
229 363 |
1 541 |
6 228 |
6 420 |
3 285 |
5 353 |
3 697 |
Les IDE à destination du Maroc et de la Tunisie, les deux pays du Maghreb qui ont attiré les flux les plus importants plafonnent à partir des années 90. Les investissements étrangers nord-sud, qu’ils soient industriels ou financiers, contribuent à moderniser les entreprises locales, à les insérer dans les échanges mondiaux, à favoriser une intégration "de fait" sud-sud.
b) Des échanges inégaux
q Les échanges commerciaux Nord-Sud sont fortement déséquilibrés au profit de l’Europe.
Tous les pays du Sud ont une balance commerciale déficitaire, sauf Algérie et la Libye grâce aux hydrocarbures. Ainsi, l’Égypte
importe en valeur trois fois plus qu'elle n’exporte. De même, les importations de la Turquie, de la Tunisie mais aussi d’Israël sont en valeur 50% supérieures aux
exportations.
On observe également :
Ø la faible part des échanges commerciaux régionaux intra-zone méditerranéenne comparés aux échanges avec l'UE.
Ø la très faible part des pays euro-méditerranéens (au sens
des pays du "partenariat euro-méditerranéen")
avec 1,7 % en 2000.
Structure des importations et exportations
de la zone "Algérie, Maroc et Tunisie"
avec l'UE (en %)
|
|
1990 |
2002 |
||
|
|
Exports |
Imports |
Exports |
Imports |
|
France |
21,1 |
22,7 |
19,9 |
25,7 |
|
Allemagne |
5,4 |
9,3 |
5,7 |
6,8 |
|
Italie |
16,8 |
10,5 |
16,3 |
11,1 |
|
Espagne |
5,8 |
5,6 |
11,7 |
8,1 |
|
Autres UE |
18,3 |
11,6 |
14,2 |
11,6 |
|
Total UE |
67,4 |
59,7 |
67,8 |
57,3 |
q Un espace de production et d'échange de ressources énergétiques
Espace, tout à la fois, de production et d'échanges de ressources énergétiques, la Méditerranée représente environ 30 % du commerce mondial des hydrocarbures. Une large partie de ce commerce résulte de flux de transit, exogènes à la région.
Les échanges endogènes s’expliquent par deux différences essentielles :
Ø trois pays concentrent la production d’hydrocarbures : l’Algérie, la Libye et l’Égypte, qui détiennent environ 5 % des réserves mondiales de gaz naturel et 3 % des réserves de pétrole,
Ø les pays du Nord sont plus riches et consomment beaucoup plus d’énergie par habitant que ceux du Sud.
q Vers un espace économique régional ?
Le partenariat euro-méditerranéen (processus de Barcelone) prévoit une ouverture Nord-Sud plus importante.
Une intégration Sud-Sud est également en projet. Le volume des échanges "Sud-Sud" se limite à 6 %. Certes, les accords commerciaux "Sud-Sud" se
sont multipliés mais leur impact sur les échanges régionaux n’est pas encore perceptible.
c) Un espace de mobilités
Double fracture politique et économique en Méditerranée générant le système migratoire actuel.
q Une région d’immigration vers l’Europe méditerranéenne
Seule exception, mais secondaire d’un point de vue démographique compte tenu de sa faible population, la Libye. La situation est semblable dans les pays de l’Asie occidentale continentale qui se caractérisent par une émigration, à l’exception d’Israël.
Ces migrations relèvent de deux types :
Ø migrations économiques qui additionnent des migrations légales de travail ou familiales et des migrations clandestines
Ø migrations proprement politiques liées à des systèmes politiques jugés insupportables (cas des Kurdes turques refusant l’oppression politique des Turcs ou des Libanais).
L’Europe méditerranéenne se présente comme une région d’immigration pour le sud et l’est du bassin méditerranéen, à l’exception des trois pays dont le régime politique n’est pas stabilisé, la Bosnie-Herzégovine, la Serbie Monténégro et l’Albanie.
q La première zone touristique mondiale
Première destination touristique du monde, la Méditerranée offre à certains pays de la rive un gisement touristique important. Le
Maroc, la Tunisie, L’Egypte misent beaucoup sur cette activité pour générer croissance et développement.
Au total, si le mythe unitaire de la Méditerranée paraît en effet décalé par rapport aux réalités socio-économiques ou géopolitiques
actuelles, il est difficile d’adhérer totalement à la thèse de la fracture. La Méditerranée n’est pas un espace figé. Sa géographie et son histoire, deux composantes intimement mêlées, sont le
résultat d’une confrontation permanente entre des dynamiques tantôt convergentes, tantôt centrifuges. Le jeu complexe des ressemblances et des particularismes, des échanges et des affrontements,
des logiques d’interface ou de barrière, rendent très illusoire toute tentative d’enfermer la Méditerranée dans une vision trop schématique et qui se voudrait définitive.
Consulter le site Géoconfluences qui présente un dossier thémAtique sur la Méditerranée: http://geoconfluences.ens-lsh.fr/doc/etpays/Medit/MeditScient.htm#1
Exemple de croquis de synthèse: