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2 novembre 2010 2 02 /11 /novembre /2010 18:36

la-croix.jpg02/11/2010 12:13

Tourcoing bâtit un éco-quartier sur les ruines industrielles


Le nouveau quartier de l’Union mixera activités de pointe, habitations et espaces verts

Le quartier de « l’Union » était un de ces quartiers industriels de la zone Roubaix-Tourcoing dont les activités ont longtemps fait la richesse du Nord. Resté longtemps à l’état de friche urbaine après le déclin industriel des années 1970, il fait aujourd’hui l’objet d’une opération d’aménagement sans précédent, et va devenir le premier éco-quartier de la métropole lilloise. Un site-pilote en matière de déplacements urbains, d’économie durable et de gestion de l’espace.

Desservie à la fois par un canal et par la voie ferrée, la zone de l’Union attire au début du siècle dernier de nombreuses industries : d’immenses usines textiles s’implantent, comme le Peignage de la Tossée qui emploie plusieurs milliers d’ouvriers, ou l’usine Vanoutryve, spécialisée dans la toile de coton. Puis s’installent des brasseries et des fonderies, attirées par la proximité de la voie d’eau. Au pied de ces usines, les maisons ouvrières poussent comme des champignons.

Les deux chocs pétroliers donnent un coup d’arrêt à ces activités. Fermetures d’usines, arrêt de la navigation sur le canal : l’Union devient une gigantesque friche urbaine. Dans les années 1970, un projet de reconversion en zone d’activité tertiaire est envisagé, avec comblement du canal pour en faire une autoroute.

Il faudra cependant attendre vingt ans, avant que les premières études de reconversion soient menées. Et cette fois, le projet est beaucoup plus ambitieux : il s’agit de construire sur 80 hectares un morceau de ville alliant habitations, activités économiques et espaces verts, le tout dans une optique de développement durable.

carte_region_lille_roubaix_tourcoing.jpg"C’est un morceau de ville sur lequel nous allons travailler pendant une dizaine d’années"

Le cabinet d’urbanisme Reichen & Robert est retenu pour dessiner ce nouveau quartier, l’aménagement du site est confié à deux syndicats d’économie mixte : la SEM Ville renouvelée et la SAEM Euralille. Le chantier est colossal : il faut démolir des usines, dépolluer les sols contaminés par les industries, créer des axes de circulation, et surtout, gérer le chantier dans la durée.

« C’est un morceau de ville sur lequel nous allons travailler pendant une dizaine d’années. Cette échéance demande une réflexion approfondie, confie Agnès Crucé, directrice du projet. La durée est un mal nécessaire mais pour les habitants qui restent, c’est dur à supporter. Il fallait donc intégrer une dimension sociale au projet. »

Dès le départ, les habitants se sont d’ailleurs invités tout seuls à la table des aménageurs. Choqués par les projets de démolition de leurs maisons, ils sont montés au créneau en montant l’association « Rase pas mon quartier » pour obtenir la sauvegarde de leur îlot. « Nous avons tenu tête au maire de Tourcoing. Et nous avons sauvé le quartier ! » se félicite Marguerite Parent, 77 ans dont cinquante passés dans le quartier Stephenson.

L’un des plus grands éco-quartiers français

À coups de pétitions, de campagnes de presse et de réunions publiques, cette « mamie » que la mairie voulait reloger en maison de retraite a obtenu gain de cause. Avec une vingtaine d’autres familles habitant l’îlot, elle est désormais associée au projet de rénovation et ne manque aucune réunion de concertation à l’Atelier électrique, le lieu emblématique du quartier : une ancienne usine reconvertie en « lieu de conversation » où les habitants peuvent rencontrer l’équipe de Patrick Bouchain, l’architecte chargé de l’opération, et faire part de leurs remarques et de leurs envies.

Autour de cet îlot d’irréductibles, le nouveau quartier de l’Union prend forme. Deux pôles d’activités économiques se développent. L’un voué aux textiles du futur, organisé autour du Centre européen des textiles innovants qui soutiendra les activités de recherche et développement des industries textiles locales ; l’autre dédié à l’image, avec des entreprises de production audiovisuelle, de jeux vidéo et de communication.

Les premiers immeubles d’habitations sortent également de terre, tous aux normes basse consommation ou passifs. La voiture est remisée dans des parkings silos pour privilégier les modes de déplacements doux. D’ici à quinze ans, l’ancien site industriel aura fait place à l’un des plus grands éco-quartiers français.


Florence QUILLE, à Lille
 

 

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